Les ports algériens obsolètes ! » terres d'islam | Bloguez.com

 Les ports algériens obsolètes !

14/4/2010

 

port MostaganemLES SPÉCIALISTES PROPOSENT D’EN FAIRE DES MUSÉES
Les ports algériens obsolètes !

Le système portuaire algérien est dépassé. Pire : certains ports dits stratégiques n’auraient plus aucune raison d’être à l’image de celui d’Alger. En plus d’être non compétitifs au niveau régional, ils engendrent des surcoûts aux opérateurs. Les « dégâts collatéraux » se chiffrent par milliards annuellement.

Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Le constat est sans appel. Il est fait non seulement par les opérateurs économiques mais également par des professionnels connaissant le secteur de l’intérieur. L’ancien P-dg de l’Entreprise portuaire de Béjaïa en fait partie. Il porte un regard très critique sur le système portuaire. Invité par l’association Care à animer un débat autour du la problématique des perspectives du système portuaire algérien, Abdelkader Boumessila a fait partager son expérience avec un auditoire qui a appris que l’ensemble des ports algériens ne répondent pas aux normes. Les infrastructures, imaginées pour une économie aujourd’hui révolue, ne sont plus en mesure d’assurer une bonne fluidité et un bon trafic à moindre coût. Rien que pour les céréales, le système choisi pour leur déchargement engendre une perte de 5 % du volume importé. Des pertes qui, annuellement, se chiffrent par milliards sans qu’une solution de rechange soit imaginée. Tels que construits, les ports algériens ne peuvent même pas profiter d’une extension puisqu’ils sont implantés en plein tissu urbain. Et pourtant, plusieurs politiques se sont succédé sans succès puisqu’en dépit d’un contexte organisationnel souvent remanié, le paysage portuaire algérien ne s’est jamais débarrassé de la présence continue des armadas de navires. C’est pratiquement devenu une caractéristique des ports algériens. Même avec la création de dix entreprises portuaires, la situation a peu évolué puisque «les files d’attente sur rade demeurent, les séjours à quai des navires toujours aussi lents et les espaces d’entreposage aussi obstrués qu’avant». Selon l’ancien P-dg du port d’Alger, «si le système portuaire a évolué de manière très marginale par rapport aux changements dans le monde des transports maritimes, il a cumulé fatalement d’importants retards à tous les niveaux. Le port algérien est demeuré recroquevillé sur lui-même, alors que l’ensemble des systèmes méditerranéens se sont depuis longtemps adaptés aux nouvelles exigences technologiques, managériales et organisationnelles». En évoluant, dépourvus de perspectives et avec des outils archaïques, les ports algériens se sont condamnés à être non compétitifs. Les exemples sont légion. Le port d’Alger, que beaucoup présentent comme stratégique n’aurait même plus lieu d’être. Les spécialistes appellent à l’unisson à sa restitution à la cité. Ils préconisent de l’ouvrir aux Algérois et d’en faire un lieu touristique puisqu’il ne répond plus à la mission qui lui avait été dévolue. Que faire ? Construire de nouveaux ports répondant aux normes les plus modernes pour capter le fret. Les spécialistes sont formels : la côte algérienne est assez grande pour permettre la mise en place de projets ambitieux. Les pays voisins l’ont compris. C’est le cas du Maroc qui, avec Tanger-Med, a réussi à attirer Renault. Un choix qui avait provoqué l’ire des officiels algériens. L’épisode risque de se reproduire puisque le Maroc a un autre projet d’envergure, Nador West Méditerranée. Pendant ce temps, les Algériens annonçaient la «spécialisation » du port d’Alger. Une solution conjoncturelle qui ne règle en rien les problèmes de fond.
N. I.

Djendjen : un port sans vocation initiale
Présenté comme un mégaprojet, le port de Djendjen a connu pourtant une naissance difficile. L’ancien P-dg du port de Béjaïa est formel : en lançant le projet, les pouvoirs publics n’avaient pas de vision claire pour ce port. Il a fallu attendre plusieurs années avant que ne germe l’idée de la zone industrielle de Bellara. Cette dernière, confiée au wali, n’a pas connu l’essor attendu. Les opérateurs économiques estiment qu’en la confiant à un opérateur, comme c’est le cas dans beaucoup de pays, ladite zone aurait pu jouer le rôle qui lui avait été assigné.
N. I.

Les concessions, solution ou replâtrage ?
Les joint-ventures et les concessions pour lesquelles ont fini par opter les pouvoirs publics constituent-elles une solution pour remettre à niveau les ports algériens ? L’ancien P-dg du port de Béjaïa parle de brèches qui s’ouvrent. Le changement est qualifié de «positif» mais «insuffisant». Une entreprise comme Dubai World Port (DWP) pourrait, aux dires de spécialistes, considérer les ports algériens comme de simples «niches», ce qui accentuerait davantage le déphasage du système portuaire algérien.
N. I.

Source : http://lesoirdalgerie.com

Category : ALGERIE - ETAT DES LIEUX - 1 | Write a comment | Print

Comments

| Contact author |