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 Les banques suisses à l'assaut du marché financier israélien

15/4/2010

 

Les banques suisses à l'assaut du marché financier israélien

15-03-2010

UBS et Credit Suisse caracolent en tête des banques suisses qui brassent dans le Grand Tel-Aviv des pactoles se chiffrant en dizaines, voire en centaines de millions de dollars. A quoi est dû ce soudain engouement? Quels sont les facteurs qui poussent les banquiers zurichois ou genevois à lorgner du côté de Tel-Aviv?

Jacques Bendelac, économiste, chercheur en sciences sociales, auteur de plusieurs ouvrages de référence, dont «La Nouvelle Société Israélienne», a son explication.

«L'économie israélienne a traversé la crise mondiale presque sans égratignure. Elle présente un potentiel de croissance très fort qui attire les investisseurs étrangers, notamment dans les domaines de la haute technologie (high tech), des énergies renouvelables, de la chimie, des produits pharmaceutiques», explique-t-il.

Avant de continuer: «Le high tech, c'est le cœur de l'économie israélienne. Mais il ne faut pas oublier de citer également l'industrie du diamant, l'une des premières au monde.»

Quant au succès des banques suisses en Israël, l'explication de Jacques Bendelac tient en quelques mots: «Une gestion de fortune très personnalisée, la discrétion. Et, en plus, le financement du commerce extérieur, des grands travaux d'infrastructure, de sous-traitance.»

Selon lui, les établissements bancaire helvétiques facilitent, de par leurs liens avec les principales places financières mondiales, la levée de capitaux, les frais de délocalisation, ainsi que le mouvement ascendant des exportations israéliennes.

Une monnaie forte

«Le shekel est le reflet de la bonne santé de l'économie du pays», assure Jacques Bendelac. La monnaie israélienne s'est en effet encore renforcée depuis le début de l'année vis-à-vis de l'euro, du dollar et du franc suisse. Les réserves monétaires d'Israël avoisineraient les 60 milliards de dollars. Un chiffre record depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Jacques Bendelac n'hésite cependant pas à mettre en lumière les poches de pauvreté, en particulier dans des petites villes appelées par euphémisme de «développement». Les disparités sociales s'y accentuent. Certaines couches de la populations, parmi les laissés-pour-compte de la société de consommation (mères célibataires, familles nombreuses, chômeurs, ultra-orthodoxes juifs, minorités arabes...), n'ont pas accès au panier de la prospérité.

«Il n'empêche, s'empresse-t-il d'ajouter, l'économie israélienne est une des plus fiables au monde». Sur sa lancée il fait remarquer que «l'impact du politique et du militaire sur l'économie du pays est de plus en plus marginal. La Guerre à Gaza n'a en rien diminué le volume des exportations. A l'étranger, on pense souvent que la situation politico-militaire influe ou influera à long-terme sur le développement économique du pays. Mais c'est très exagéré. Les diagrammes de la croissance économique sont là pour s'inscrire en faux contre de tels pronostics.»

Directeur du bureau de représentation du Crédit Agricole Suisse, le dernier établissement bancaire helvétique à avoir ouvert ses portes il y a deux ans à Tel-Aviv, Nicolas Lang tire un constat quasi identique. «Malgré la crise, dit-il, Israël a fini l'année 2009 avec une croissance de son PIB légèrement positive. Les prévisions du Trésor et de la Banque centrale pour 2010 ont été revues à la hausse. Elles tablent sur une augmentation du PIB comprise entre 3,5% et 4%.»

Le directeur de ce bureau de représentation dans la métropole israélienne en vient aussi à souligner que le taux de chômage, bien que d'après lui toujours trop haut, se montait fin 2009 à 7,7%, soit plus bas que le taux moyen des pays de l'OCDE (8,2%).

«Les investissements étrangers en Israël ont atteint des sommets durant le dernier trimestre 2009», précise-t-il. En effet, pendant le seul mois de novembre, la Bourse de Tel-Aviv a vu un flux de plus de 580 millions de dollars américains d'investissement de non-résidents (dont 330 millions d'investisseurs institutionnels).

Complémentarité

Et puis, il y a eu un événement qui est susceptible de déboucher sur de nouvelles perspectives économiques: «L'année passée, affirme Nicolas Lang, alors que les Israéliens n'y croyaient plus, d'importantes réserves de gaz ont été découvertes au large des côtes, au nord du pays». Une découverte qui aura pour effet d'alléger dans les années à venir la facture énergétique du pays. Une découverte qui rendra en tout cas Israël moins tributaire des importations étrangères.

Mais le high-tech demeure la locomotive de l'économie israélienne, sa principale source de devises, insiste Nicolas Lang. Les leaders mondiaux des nouvelles technologies ont quasiment tous une présence en Israël, en raison notamment d'une main-d’œuvre hautement qualifiée. Nicolas Lang regrette néanmoins «les ventes de start-up à de grands groupes internationaux qui ont empêché ces sociétés locales de devenir les Microsoft ou les Apple de demain.»

Les investisseurs israéliens ont réalisé ces dernières années qu'ils étaient surexposés à leur propre marché. «Il n'est pas rare en effet pour un Israélien, constate Nicolas Lang, d'avoir à la fois ses avoirs immobiliers, industriels et financiers uniquement en Israël.»

Répondant au besoin de diversification des hommes d'affaires israéliens, le désir de rapprochement des établissements bancaires helvétiques les pousse à s'entendre et les rend sans doute complémentaires.

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