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 POURQUOI JE SUIS ANONYME

16/4/2010

 

POURQUOI JE SUIS ANONYME

Lomé, juillet 2007

Sur Terre, l’Homme est attaqué de toutes parts, de tout temps et en tout lieu. Je veux parler de l’homme qui est conscience en chair ; et non l’homme qui se croit seulement matériel, né pour vivre et mourir comme l’animal, en satisfaisant ses désirs physiques, mentaux et psychiques, sans réaliser le vrai sens de son existence. L’Homme est attaqué, mais Il ne sera jamais atteint par aucune puissance de la Terre, car sa nature même le met hors de portée de tout ce qui est terrestre. Parce qu’il est porteur d’une Intelligence infiniment supérieure. Parce que tout ce qui est physique et matériel ne peut rien contre la conscience spirituelle dont il est dépositaire.

Il y a eu et il y aura toujours des Résistants

Nous nous souvenons tous de la deuxième guerre mondiale et de cette force qu’on a appelée la Résistance : un ensemble de femmes et d’hommes profondément épris de liberté, luttant du côté des Alliés, notamment dans la France occupée. Agissant en solitaires ou par groupes, ils ne se connaissaient pas tous. L’on peut se souvenir des hauts-faits de ces hommes et femmes qui ont largement contribué à la victoire des Alliés…

Ces combattants se distinguaient de ceux des armées engagées par le fait qu’ils utilisaient tous les camouflages possibles pour se protéger et réussir leurs actions. Ils compensaient ainsi leurs faiblesses en armement et en nombre, leur désavantage de position, par une autre force, celle d’être le moins visible possible. C’était « l’armée de l’ombre », c’était la stratégie de l’intelligence et de la conscience humaine contre celle des forces sauvages, aveugles et brutales déchaînées en ces temps-là.

Ce rappel me semble nécessaire à plus d’un titre.

D’abord, le NON A LA GUERRE est l’état d’esprit que portent ceux qui ne renonceront jamais à la liberté, des irréductibles qui ne baisseront jamais la tête quelles qu’en soient les menaces. C’est un cri du coeur, un appel à la résistance face à la guerre mondiale contre la démocratie. Devant cette guerre qui n’ose pas dire son nom, notre premier moyen est LA PAROLE, et la conscience qui nous la dicte à chaque instant. Puisque, par principe même, nous avons renoncé à toute forme de guerre. Puisque l’unique force qui peut défendre la liberté est la liberté elle-même, pour ceux qui savent ce qu’elle est réellement.

La liberté est combattue partout, avec tous les moyens possibles et inimaginables par ceux-là même qui demandent à être portés au pouvoir, au nom de la démocratie. Ces gens sont prêts à tout pour confisquer la liberté à l’homme. Tueries et violences de toutes sortes, ruses, mensonges et tromperies (érigés en diplomatie), désinformation systématique pour désorienter le citoyen, conditionnements mentaux (par les idéologies et même les religions), menaces et intimidations pour semer la peur dans les âmes, chantages, flatteries et séduction pour acheter les consciences… Tous les moyens sont bons, y compris ce que l’homme simple(1) ne peut imaginer.

Pour détruire physiquement l’être humain, leurs capacités d’inventer des armes dites conventionnelles, tout comme celles qu’on nous cache, sont quasi-illimitées.

Devant cette situation, l’homme simple éprouve la peur et c’est compréhensible. Mais le problème, c’est que LA CONSCIENCE EN NOUS N’A PAS PEUR !!! Elle exige que soit exprimé par chacun de nous ce qui doit être dit, ce qui doit prévaloir sur Terre, ce qui doit régner sur l’humanité, ce qui doit gouverner les actes de chaque homme. De ce fait, elle exige de nous de dénoncer tout ce qui n’est pas conforme à elle-même.

Le dilemme, le danger…

Obéir ou ne pas obéir. Peut-on désobéir à la voix de sa propre conscience ? Peut-on se renier ?

Peut-on trahir la vérité vivante et manifeste en nous ? Peut-on dire oui à ceux qui nous entraînent vers la mort, et dire non à soi-même et à la vie qui est en nous ?

ON EST OBLIGE D’AGIR ! Obligé de servir la Mort ou la Vie. Obligé d’affirmer ce qu’on porte en soi, ou plutôt se taire et éteindre sa conscience à jamais ! Ceci représente un choix parfois très douloureux, un dilemme. Et le pire, ou plutôt le meilleur, c’est que nul ne peut prendre position à la place de l’autre. A chacun de choisir en son âme et conscience.

J’ai fait ce choix. J’ai choisi de servir la vie que je sens en moi et non celle que d’autres me proposent alors que ma conscience la repousse. J’ai simplement choisi d’être en paix avec moi-même, en exprimant tout ce que ma conscience me dicte, face à ce que le monde me présente. Etre le plus intègre possible avec moi-même en reconnaissant ce qui ne peut être autrement, y compris mes propres erreurs. Dans ce cheminement, je considère mon semblable comme moi-même, et de ce fait, je l’écoute comme si je m’écoutais. Cela me semble juste et correspondant à la liberté. Je suis convaincu que ceci constitue la base d’un vrai dialogue, source de paix et d’entente entre les hommes.

La conscience en l’homme étant un reflet de l’Intelligence universelle, elle secrète par elle même ses propres modalités d’expression. Les voies et moyens qu’elle emprunte sont invincibles et inattaquables par ceux qui la combattent sans la connaître. Sous son commandement, je n’agis jamais avec la peur, mais plutôt avec la sérénité et la certitude. Je ne fuis pas et je ne me cache pas PUISQUE CE QUE JE DOIS DIRE EST, A PRIORI, UN BIEN POUR TOUS LES HUMAINS. Cependant, la lucidité m’oblige à tenir compte de ceux qui préfèrent tuer au lieu de dialoguer. Etant par mon corps physique un instrument accessible et destructible par ces forces aveugles, j’ai compris pourquoi, intuitivement, j’ai choisi l’anonymat comme mode d’expression publique. Surtout dans le contexte africain où je vis.

Ici, les moyens employés par ceux qui répriment la démocratie sont bruts, brutaux et sauvages ! C’est la violence la plus primaire. Si quelques naïfs ont créé des presses, des radios et autres médias, croyant à une réelle liberté d’expression chantée au cours des années 90 dans le concert d’un faux processus de démocratisation, on en a vite déchanté. Des massacres ont succédé aux massacres, des répressions de manifestants, des radios et journaux saccagés, des tortures d’opposants, des arrestations arbitraires et des enlèvements suivis de disparitions, des emprisonnements sans jugement, bref, des violations massives des droits de l’homme (2).

Actuellement, mis à part ceux qui se complaisent et trouvent leurs comptes dans le système de dirigisme tyrannique, les autres doivent mettre mille gants, prendre mille précautions avant de dire un mot. Dans ces conditions, ceux que vous entendez ne disent jamais ce qu’ils pensent réellement. L’opposition politique en Afrique est devenue lâche, collaboratrice et complice.

Abandonnés à eux-mêmes, les jeunes combattants de la liberté doivent quitter leurs pays ou se laisser tuer. Pire, les structures, créées à l’époque pour garantir et protéger la liberté d’expression et de la presse, sont celles qui, maintenant, élaborent des règles, des codes, pour empêcher cette liberté, évidemment avec la bénédiction des gouvernants. Demandez à l’Association « Reporters sans Frontières » ce qu’elle pense de la situation de la presse en Afrique.

Voilà pourquoi, pour l’instant, je ne peux qu’être anonyme si je tiens à remplir, comme il faut, mon devoir de conscience citoyenne, en refusant de me taire, en disant clairement ce que j’ai à dire, en appelant les choses par leurs noms, … mais aussi, en évitant de m’exposer inutilement aux forces brutales et aveugles. Après tout pour la vérité, peu importe mon nom, c’est ce que je dis qui est l’essentiel. Trop souvent le nom, le titre ou le visage masquent la réalité de ce qu’on est au fonds ; nous sommes dans un monde où l’on se trompe souvent en jugeant sur l’apparence plutôt que sur le fonds.

Ceux qui ne veulent pas voir le visage, entendront la voix… Le visage appartient au monde, la voix appartient à la conscience spirituelle et elle n’est de nulle part et de nulle forme ; c’est pourquoi elle est inaccessible aux forces du monde.

Le dialogue viendra…

Les Africains envient les peuples d’Occident pour leur relative liberté d’expression. Ils croient, à tort, que ce serait le paradis s’ils pouvaient eux aussi s’exprimer librement, avoir des élections dites libres et transparentes. C’est pourquoi certains attendent, les yeux tournés vers l’Occident. Mais ils ne savent pas à quel point ils se trompent. Si simplement ils pouvaient écouter ou dialoguer avec leurs semblables Européens ou Américains pour connaître leur réalité au lieu de rester dans l’imaginaire !...

Ils ne savent pas que le maigre espace de liberté, ou semblant de liberté, qui a été concédé aux peuples occidentaux a été obtenu de haute lutte et par des sacrifices. Ils ne savent pas qu’à l’heure actuelle, cet espace de liberté est vite devenu une illusion, car récupéré par la manipulation des idéologues, ceux qui pensent à la place des autres.

Mais, il est cependant vrai qu’en Occident, on peut tout de même s’exprimer sans trop d’inquiétude, du moment où les manipulateurs ont toutes les astuces pour imposer leurs vues, sans être obligés de massacrer. Un espace de liberté, une marge est laissée à ceux qu’on appelle fort justement « les marginaux ».

J’ai évoqué la situation occidentale pour lever aussi le voile d’une autre incompréhension. Celle de ceux qui, bénéficiant de cette relative liberté et pouvant donc s’exprimer à visage découvert, trouvent lâches ou suspects ceux qui oeuvrent dans l’anonymat. C’est ne pas savoir que l’ardent souhait profond de ces anonymes « contraints », c’est de participer, un jour enfin, au Dialogue libre entre tous les hommes au-delà des frontières de race, de traditions, de croyances, d’idéologies, de savoir, de pouvoir…, un Dialogue où l’homme rencontrera son semblable pour se parler, se connaître et trouver la paix.

Au lieu de critiquer les anonymes, contraints de faire entendre la voix de la conscience en cachant leurs visages, ne vaudrait-il pas mieux aider, par sa position « favorisée », à l’avènement du dialogue à visage découvert ? Qu’on ne se leurre pas : certains sont peut être bâillonnés par les fusils et les chars, d’autres (qui se croient libres) ont leurs pensées déjà colonisées. Nous sommes tous dans le même bain et devons être solidaires pour la même Cause, par-delà les frontières.

Mes derniers mots pour aujourd’hui : afin que ce dialogue advienne, encore faut-il que tous les peuples comprennent qu’ils ont le même problème face au même Diviseur commun. Et si longtemps que l’on ne dépassera pas les frontières (physiques, mentales, psychiques et autres) qui nous séparent, le Diviseur sera toujours le Maître de nos destinées malheureuses. Un exemple : combien savent à quel point le faux problème de l’immigration cache en réalité l’incompétence, la corruption et la complicité des gouvernants africains et occidentaux qui, tous ensemble, s’entendent pour empêcher la moindre ombre de liberté en Afrique afin d’éviter l’inéluctable changement démocratique qui en adviendrait. Ce qui signifierait pour les jeunes africains l’espoir d’une meilleure gouvernance et d’une meilleure vie chez eux, et la dissuasion de partir en aventure vers des horizons inconnus. Ce n’est pas de gaîté de coeur que ces jeunes risquent la mort pour débarquer en Europe. Mais les sinistres personnages qui nous gouvernent, depuis l’Afrique jusqu’en Europe, nous présentent ces victimes comme des criminels. Peu, très peu de voix s’élèvent pour le dénoncer et c’est dommage. Pourtant ce serait une source de dialogue entre les peuples où les témoignages des uns et des autres ouvriraient nos yeux à tous sur ce qui se trame dans les coulisses du pouvoir et de la politique mondiale. Car le vrai dialogue, celui qui devra unir l’homme à l’homme, doit transcender toute frontière. Nous devons dépasser les réponses locales face aux problèmes humains, car s’il y a une solution vraie, elle ne peut que résoudre le même problème chez tous les hommes de la Terre. Autrement dit, il n’y a pas une solution pour les Français et une autre pour les Africains. Il doit y avoir une seule solution juste pour tout le monde, si l’on veut la paix sociale et la paix dans le monde. Cette solution-là, il faut la rechercher ensemble.

Un citoyen togolais.

(1) L’homme dépouillé, par opposition à l’homme imbu de pouvoir et de domination.

(2 ) On vous dira que la situation a changé et qu’au Togo par exemple, avec l’Accord de Ouagadougou, on progresse vers la réconciliation et des élections normales. Ne soyons pas dupes ! Il y a effectivement une accalmie, mais la réconciliation dans l’impunité est impossible et inadmissible par la conscience humaine. Car on ne se réconcilie qu’avec des criminels qui ont reconnu leurs crimes.

Tags : Afrique Togo
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