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 ALGER, UN LIEU, UNE HISTOIRE : LA MAISON DES LIVRES (1931-2010)

6/5/2010

ALGER, UN LIEU, UNE HISTOIRE : LA MAISON DES LIVRES (1931-2010)

La plus ancienne librairie-papeterie d’Alger
En y pénétrant on croirait découvrir une carte postale en noir et blanc des années 1930. Statufiée, figée tel que les frères Soubiron, les premiers propriétaires, l’avaient conçue, la Maison des livres n’est pas peu fière d’annoncer son âge : 82 ans !

Et si quelqu’un osait mettre en doute sa parole, la vieille dame qu’elle est devenue est prête à exhiber son livret d’état civil.

«Statuts déposées aux minutes de maître Godin, notaire à Alger, le 15 avril 1931», peut-on lire sur le document que nous montre M. Oustani Abdelhamid, le propriétaire. Dans son bureau où il nous reçoit pour revisiter la mémoire de la plus ancienne librairie de la capitale, rien n’a changé. Etrange sensation de faire un bond dans le passé : vieux mobilier, plafonds ornés de stucs et de moulures d’époque, ancien vitrail multicolore décorant les fenêtres (le label Jacquemin Alger l’atteste), méga-carte du monde légèrement jaunie par le temps... Même l’énorme coffre-fort gris refuse obstinément de prendre sa retraite. «Au lendemain de l’indépendance, mon père Mohamed Saghir Oustani a racheté ce bien auprès des propriétaires, les frères Soubiron. «Cette enseigne comprend la librairiepapeterie La Maison des livres (347 m2 de surface) ainsi que trois autres niveaux situés en sous-sol. A l’époque coloniale, ces derniers étaient destinés à la vente de manuels scolaires pour les maternelles et autres structures éducatives. Côté aménagement, on a tenu à sauvegarder l’âme de cette librairie telle qu’elle a été conçue en 1931 : tables, rayonnages, carrelage et même couleur emblématique, à savoir le jaune et noir. Seul bémol, ce faux-plafond qu’on a dû installer à cause de problèmes d’étanchéité», regrette M. Oustani. «Quant aux entre-sols dont le mobilier et l’agencement ont traversé les décennies, sans le moindre lifting, ils abritent «les belles impressions», édition née en 1974.»

De Touggourt à Alger
A l’heure où la plupart des librairies-papeteries mettent la clef sous le paillasson, laissant place à des commerces plus rémunérateurs comme les pizzerias et les fast-foods, la Maison des livres fait de la résistance et ne s’imagine pas une seconde renoncer à sa noble mission : nourrir l’esprit et l’intellect de tous ceux qui franchissent sa porte. «Mon grand-père était un homme érudit. A Touggourt où il résidait, il avait aménagé une riche bibliothèque qu’il mettait à la disposition de tous les amoureux de la lecture. Ce virus du livre, mon père et mes oncles l’ont également chopé, le transmettant, à leur tour, à leurs héritiers. J’ai moi-même travaillé dans cette librairie, dans les années 60 alors que je n’étais pas plus haut que trois pommes. Etre libraire, c’est tout un métier !»

Touristes nostalgiques
Un peu comme un musée, la Maison des livres reçoit régulièrement de la visite. «Des touristes font halte à cette adresse, sur les traces de leur jeunesse», nous confie notre libraire.
«Des anciens d’Alger qui étaient clients ou dont les parents étaient employés dans cette librairie. Ils sont toujours très émus et s’empressent de prendre des photos», nous révèle notre interlocuteur.
Un seul mot : bravo ! Bravo à cette famille de libraires qui a su préserver ce haut lieu de savoir et de culture.
Sabrinal
sabrinallesoir@yahoo.fr

Source : http://lesoirdalgerie.com

 

 

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