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 La démocratisation, la question de l’élite et l’islam politique chez M’hamed Boukhobza

24/6/2010

 

La démocratisation, la question de l’élite et l’islam politique chez M’hamed Boukhobza. ( Evocation de l’assassinat du sociologue M'hamed Boukhobza le 22 juin 1993 : Un homme et des idées)

En 1991, paraît chez les éditions Bouchène, un essai de M’hamed Boukhobza, intitulé Octobre 88, Evolution ou rupture ? Cet ouvrage d’une pertinence et d’une rigueur incontestables se présente comme une approche sereine de la relation Etat-citoyen, à la faveur d’un événement violent et capital dans l’histoire récente de l’Algérie, Octobre 1988, dont il interroge le sens profond (évolution ou rupture ?) et dont il utilise les éclairages privilégiés pour faire une analyse historique, économique, politique et sociale de l’Etat algérien dans ses relations avec la société, et en dégager ainsi les conséquences et les perspectives. Ce travail ambitieux, dépourvu du jargon universitaire et du clinquant des annotations et des citations dont le but souvent est «d’impressionner» le lecteur pour lui dissimuler la pauvreté du sens qui lui est proposé par l’auteur, est mené dans un esprit de synthèse, par une argumentation solide et érudite, loin de toute polémique. C’est véritablement un chercheur, au sens le plus noble, qui parle. Le résultat est un travail abouti qui le situe parmi les meilleurs dans son domaine.

Dans un chapitre intitulé «les mouvements islamistes et l’Occident» que l’auteur précise avoir rédigé avant la première guerre du Golfe – celle-ci ne faisant que conforter sa plaidoirie sur la nécessité pour le monde musulman de parvenir à établir des relations non conflictuelles avec l’Occident – Boukhobza livre sa vision sur l’articulation de l’islamisme, dans son expression de violence, au monde arabe.

«L’hypothèse que nous émettons (…) consiste à postuler que la dimension arabe de l’idéologie islamiste d’une part, les rapports conflictuels latents qui ont toujours caractérisé le monde arabe et l’Europe d’autre part, ne sont pas étrangers à la vigueur des mouvements islamistes et à la nature conflictuelle de leurs rapports à l’Occident». Basée sur la localisation des foyers de tension et de violence dans le monde – à cette époque là, mais cela n’a pas beaucoup changé – ainsi que sur les questions des rapports au savoir, au statut de l’individu, de la femme, à la reproduction du pouvoir et à la citoyenneté, une telle hypothèse fait du contenu (ou du «volet» dira l’auteur) arabe de l’islam, le vecteur privilégié de l’agitation violente.

Un rappel historique des relations entre l’Occident et l’Orient – incarné par le monde arabe – atteste de la validité de cette thèse sans préjuger des raisons légitimes, en tout cas objectives, qui ont structuré le phénomène : les entreprises de croisades, la montée en puissance de l’Occident qui a contesté l’ordre islamique et mis progressivement hors-la-loi l’hégémonie des idéologies religieuses – que l’auteur distingue des religions – le dépeçage impitoyable de l’empire ottoman qui a affecté le Moyen-Orient par la création d’entités artificielles, la colonisation, etc. «C’est cette histoire vécue encore aujourd’hui comme une profonde blessure par ces sociétés et portée à la connaissance des jeunes générations, qui constitue semble-t-il l’élément constant de référence d’un conflit de valeurs sans cesse alimenté par les idéologies des mouvements populistes, nationalistes ou religieux, dans les pays arabes, fascisant dans les pays occidentaux».

Avec les indépendances nationales, on a pensé un moment avoir résolu ce conflit ; mais l’échec des politiques menées par des élites occidentalisées a renouvelé les aspirations anti-occidentales organisées dans des formes politico-religieuses à travers la culture d’origine et la mobilisation de celle-ci. Un mouvement de quête d’une autre issue possible s’est développé, «le développement et le degré d’enracinement de ce mouvement sont à la fois liés à l’ampleur des aspirations contrariées (cas de l’Algérie notamment) au poids de l’élite moderniste et parfois pro-occidentale, au degré de sa légitimation sociale, aux capacités de l’Etat à gérer et à encadrer le développement».

Plus ouvertes culturellement aux valeurs de la civilisation occidentale, «les élites à la tête de l’Etat et du pouvoir économique se sont trouvées sans le vouloir, écrit Boukhobza, au centre d’un conflit vieux de plusieurs siècles» entre une Europe hégémonique et confiante en sa force et un monde arabo-musulman puisant dans le passé sa disponibilité à la mobilisation et à la contestation. Ainsi, les atouts du mouvement islamique se situent-ils dans une perception de l’expérience de développement en cours. «Plus le bilan est vécu en termes d’échec (…) plus sera grande la contestation islamiste» qui n’aura pas de peine de trouver de larges appuis pour mettre un terme à l’expérience en cours. Mais, note Boukhobza, une opposition ne signifie pas une alternative, surtout lorsque cette opposition manque d’une production intellectuelle importante dans le domaine scientifique, technologique, économique, philosophique ou autre ; et qu’elle est condamnée à puiser systématiquement dans les premiers siècles de l’islam les éléments référentiels à opposer aux systèmes générés par l’Occident. Tout au plus, pourrait-elle mobiliser les masses populaires qui, dans le vide culturel et le sous-développement ambiants, se laissent séduire par le langage politico-religieux  et les valeurs éthiques et sociales de toujours. Telle est la «dialectique qui va agiter de plus en plus intensément la vie politique des pays arabes».

Dès lors que la mutation de ces mouvements à base religieuse s’oriente vers une problématique de prise de pouvoir et que l’examen de quelques scénarios (Algérie, Iran, Jordanie, Soudan) rend «non seulement possible, mais probable», aux yeux de Boukhobza, l’avènement d’un pouvoir politico-religieux dans certains pays arabes, il s’agit de s’interroger sur la capacité d’un régime fondée sur l’idéologie religieuse à faire face au défi du développement. Après avoir passé au crible les rapports entretenus avec l’Occident, à travers ses trois dimensions (l’économique, la politique et la culturelle), l’auteur rappelle et met en valeur le fossé qui le sépare du monde arabo-musulman, tout en réfutant les objections qu’on pourrait opposer à ce terrible constat. «Toutes ces considérations montrent qu’objectivement, les régimes à fondement exclusivement religieux qui pourraient un jour s’installer à la place des pouvoirs semi-laïcs actuels, s’ils évoluent dans un cadre dogmatique où le respect souvent formel du religieux prime sur la quête de l’efficacité, risquent de rencontrer des difficultés insurmontables. Ils ne peuvent assurer une prospérité à leurs sociétés, faire recouvrer la dignité à leurs peuples, assurer une indépendance effective à leurs nations et en protéger les valeurs religieuses les plus fondamentales. Ce handicap est dû entre autres au non-développement des autres dimensions de la production intellectuelle. Ce qui, logiquement, interdit l’émergence d’une culture économique et scientifique nécessaire au renforcement des capacités d’action et de résistance des sociétés concernées, donc de leur indépendance.  «Mais d’autres dangers encore plus grands que les seules pertes de l’indépendance et aggravation du sous-développement, s’insinuent dans l’hypothèse d’une prise de pouvoir par une force basée sur une idéologie religieuse : ‘’les perspectives évidentes de bouleversements en chaîne quasi incontrôlables : risques d’éclatement des pays, conflits entre nations, destruction du pouvoir d’Etat, fuite massive des compétences, exacerbation des clivages ethniques ou religieux, guerres civiles, etc...»

Après le relatif échec des «élites modernisantes» ce sera le chaos des élites politico-religieuses ; telle est la prospective que l’auteur étudie sérieusement et à laquelle il trouve beaucoup d’arguments plausibles.

La question qui interpelle ce scénario catastrophe, aux allures tranquilles d’un véritable travail de recherche, a trait aux capacités d’adaptation d’un mouvement islamique, censées être inexistantes. Le mouvement d’opposition est transposé en tant que tel dans la sphère du pouvoir, sans que l’exercice de ce dernier, ni même le processus qui permet cette transposition, ne l’affecte structurellement. Sa force de mobilisation est reconnue mais elle n’est pas prise en compte dès lors que le transfert du pouvoir lui bénéficie ; tout ne serait plus que guerre civile, chaos et fuite massive des «compétences» etc. C’est là en réalité un procès idéologique que l’auteur instruit, a priori,  à ce mouvement et on comprend mieux pourquoi il a avancé la probabilité de sa victoire dans certains pays arabes : en fait, il ne s’est pas trompé de prédiction, mais a judicieusement avancé le cadre dans lequel ses arguments idéologiques peuvent se déployer sous les traits de l’objectivité. L’ampleur même des conséquences décrites rendent invraisemblable sa prédiction qu’il nuance lui-même sans cesse : en parlant de «risque» et non de certitude, en mettant des «si» – «s’ils évoluent dans un cadre purement dogmatique» – et en recourant au «conditionnel». En outre, comme on va le voir, Boukhobza n’est pas opposé au mouvement islamiste, qu’il associera volontiers comme une part stratégique à un meilleur destin du monde arabo-musulman, algérien en particulier, mais seulement au contenu de violence, latente et manifeste, que porte ce mouvement en lui (c’est-à-dire, rappelons-le, pas en tant que tel mais dans son articulation au monde arabe présent et passé).

Que faut-il faire alors ? Quelles «perspectives alternatives» à ce scénario catastrophe ? De ces questions surgissent des réponses qui révèlent un auteur critique, jusqu’à la sévérité, mais en phase avec la réalité de son pays et en avance sur les débats de son temps. Ces réponses peuvent naturellement être discutées mais la réflexion vigoureuse qui les a suscitées restera le produit d’une vision lucide et ample. Le «Que faut-il faire ?» posé renvoie aux causes du déclin de la civilisation arabo-musulmane dont il s’agira de saisir les éléments fondamentaux pour éviter de s’abîmer dans des considérations stériles et sans fin. Deux éléments, explique Boukhobza : le premier, de loin le plus important, a trait à «l’exclusion de la pensée profane du système d’organisation et de fonctionnement des sociétés de l’empire islamique», pour des besoins de pouvoir simples à comprendre ; le second élément est l’absence des règles légitimées sur la reproduction du pouvoir, absence qui est à l’origine de comportements et de pratiques contraires à la sagesse de l’islam originel. Voilà pourquoi «l’esprit de l’Etat en tant que système institutionnel ne s’est pas ancré suffisamment dans la plupart des sociétés arabes». 

Ceci étant rappelé, il s’agira de partir des commandements de l’islam eux-mêmes pour concevoir les actions à projeter. Un hadith est pris en référence et longuement interrogé sur ses significations, celui qui dit aux croyants sous forme d’injonction : Cherchez la science, dussiez-vous aller en Chine. Boukhobza en déduira la nécessité pour le Musulman de se tourner vers les autres, à commencer par l’Occident, afin de s’instruire ; la compréhension des autres participant grandement à la compréhension de soi. Il rappelle encore les faits historiques qui prouvent qu’une telle posture était à la base de l’expansion de la civilisation musulmane et revient sur les causes de sa disparition progressive.

«Si la religion et le hadith ne sont pour rien dans cette situation, ceux qui se sont emparés d’eux pour stériliser la pensée, ont par contre assumé une responsabilité historiquement qui a changé le destin de la civilisation arabo-musulmane». L’ordre impérieux du Prophète a été détourné, vidé de son sens, par les élites politiques et religieuses, dès le douzième siècle. Les portes de l’Ijtihad furent désormais closes. Toute production intellectuelle qui n’a pas pour objet de confirmer les écrits des grands maîtres fut considérée comme «hérésie» et combattu avec acharnement.

C’est donc à une posture radicalement différente de celle qui a cours dans le monde arabo-musulman que Boukhobza nous invite, dans l’esprit et la lettre mêmes du message prophétique. Il faut savoir diriger son regard ailleurs. «Aujourd’hui, ce savoir n’est plus localisé en Chine. Il est en Amérique du Nord et en Europe occidentale». Tel est l’argument-clé qui rend impérieuse, pour les Musulmans, l’idée de respecter davantage le savoir profane dont ils ont si cruellement besoin, et de «déconflictualiser» leurs relations avec l’Occident au profit de rapports basés sur la raison et les intérêts mutuels. Même si nous avons eu à souffrir de colonialisme, car ceux «qui nous ont colonisés, ce sont des régimes et des gouvernants» qui avaient leurs propres relais, le «monde occidental en tant que Nation et civilisation n’est pas notre ennemi», mais un partenaire, tout au plus un adversaire qu’il faut concurrencer sur ses propres terrains d’action. L’ennemi véritable étant l’inculture et le sous-développement qui est en nous et nulle part ailleurs. Enfin, les compétences détentrices du savoir profane, doivent être valorisées en terre musulmane, afin que les ponts entre notre civilisation et les autres soient établis solidement, car de tels ponts sont le seul moyen pour nous d’acquérir la science et les connaissances qui gouvernent le monde.

Cette argumentation soutenue de Boukhobza en faveur d’un rapport dépassionné avec l’Occident, dans l’optique d’une stratégie destinée à la renaissance du monde arabo-musulman, si elle n’est pas tout à fait inédite, va à l’encontre non seulement du courant islamique, dans sa globalité, mais de la pensée produite par les élites occidentalisées, politiques ou non, pensée qui n’est parvenue au bout de sa logique qu’à de rares exceptions. De fait, très peu d’intellectuels arabes ont prôné la nécessité d’un apaisement des rapports avec l’Occident, et incité à l’effort d’aller y rechercher le savoir profane, conformément même à l’esprit musulman, comme préalable à une renaissance effective. Ce handicap dans la pensée ambiante, Boukhobza voit la possibilité de la contourner par une plus grande liberté. «Tous les volets de la culture, écrit-il, doivent favoriser, impulser, libérer la production littéraire, philosophique, politique, scientifique, technologique, artistique, pour ne citer que les composantes les plus importantes de la culture profane». C’est là, en effet, «une obligation pour tout pouvoir voulant renforcer, sauvegarder et développer l’identité des sociétés arabo-islamiques. C’est aussi une obligation pour tout croyant conscient des grands enjeux de notre époque».  Le développement de la culture, dans le sens défini, constitue d’ailleurs la garantie à l’éveil et à l’affinement de la culture religieuse elle-même ; comment peut-il en être autrement ? Il faut bien comprendre, et Boukhobza insiste là-dessus, qu’il ne s’agit pas seulement de la renaissance et la reconnaissance de la culture profane mais de «la reconstruction de la pensée théologique et son actualisation à la lumière du développement prodigieux des connaissances et des métamorphoses des sociétés à travers le monde».

Voilà donc posé le défi à relever, reste encore à savoir quels sont les acteurs à même de le faire. La réponse fuse, avec netteté et sans équivoque possible : «l’une des conditions essentielles pour une maîtrise des destins des sociétés arabo-islamiques consiste à concilier les deux élites, la traditionnelle, essentiellement religieuse et relativement fermée à la culture, la moderne qui a tendance à négliger le patrimoine culturel de sa société». Cette conciliation ne peut se réaliser par la seule volonté des deux élites mais doit résulter d’une «prise en charge volontaire et organisée à un niveau institutionnel des relations entre la culture religieuse et la culture profane», prise en charge destinée à imprégner l’élite religieuse des enjeux de sciences profanes contemporaines et favoriser chez les élites modernes un ancrage dans leur patrimoine culturel.

Compte tenu des circonstances historiques, les mouvements islamistes ont tout à gagner, et la société avec eux, en militant en faveur d’une telle démarche. En se détournant de cette voie, un nouveau naufrage nous attend tous, et il risque d’être définitif, avertit Boukhobza. «Vouloir isoler la culture religieuse, ajoute-t-il, sous prétexte de la protéger  est sans doute le moyen le plus radical de détruire ses ressorts et sa vocation libératrice».

Telle est la pensée d’un homme, en ces temps troubles où la haine et la violence s’étaient emparées des esprits. Il avait élevé son regard vers des horizons où la grande civilisation arabo-musulmane profilait son ombre majestueuse. On l’assassina chez lui, on le mutila, en présence des siens ; quelque temps seulement après la parution de son ouvrage. Ses meurtriers se réclamaient de cette même civilisation dont il réclamait la promotion ; ils ont égorgé un intellectuel musulman, ils auraient assassiné le Prophète lui-même. Mais les idées de Boukhobza ne sont pas mortes avec lui. Aujourd’hui leur triomphe est par trop manifeste : la politique du pouvoir actuel s’en inspire largement, mais sans jamais lui rendre cette justice.

Premier et unique intellectuel algérien à avoir tenté une projection élaborée de la problématique algérienne par une vision d’ensemble qui situe les grands défis nationaux et la manière dont il convient de les aborder, au-delà du contexte dramatique qu’annonçait la révolte d’octobre 1988 et loin de toute théorisation excessive, il sera aussi celui qui aura défriché le terrain et balisé des voies pour de véritables débats sur le destin des sociétés arabes.

En inscrivant la réconciliation des élites modernistes et traditionalistes dans la nécessaire démocratisation institutionnelle et politique, il a invité au dépassement des catégories gauchisantes, si profuses en stérilité et si commodes pour l’exercice arbitraire du pouvoir, qui caractérisent tant la pensée nationaliste étroite ; tout en se défiant d’une approche libérale – ultra libérale ? – qui relèguerait l’Etat à un rôle de faire-valoir et de légitimation des inégalités. Le silence qui l’entoure vient peut-être de là.                   

Par Aïssa Khelladi

Intellectuel actif et architecte de la statistique:

Originaire d’El Bayadh (sud de l’Oranie) où il naquit en 1941 dans une grande famille d’éleveurs nomades (de la tribu des Ouled Aïssa de Brezina), Boukhobza fut un élève «studieux» et surtout «très curieux», ajoute un nombre de ceux qui l’ont côtoyé.

Il a fréquenté l’école française, puis d’autres lieux et établissements qui lui avaient permis de découvrir la diversité de l’Algérie, mais aussi la réalité sinistre de l’occupation française.

Durant cette période, il a assumé son devoir de militant de la cause nationale, d’autant plus que sa famille compte douze martyrs. Bien qu’il eut été emprisonné et torturé, cela n’a pas arrêté sa longue marche vers le savoir.

Après l’indépendance, il décrocha un diplôme d’ingénieur des statistiques et de l’économie appliquée au Maroc et revient en Algérie où il occupera, par la suite, plusieurs postes de responsabilité. Ainsi, il a été l’une des «chevilles ouvrières» de l’organisation et de la mise en œuvre du premier recensement national de la population en 1966, avant d’être nommé directeur de l’Association algérienne pour le recherche démographique économique et sociale (AARDES) en 1967.

C’est ainsi que débuta la «riche» et «brillante» carrière de Boukhobza, marquée par une intense activité de recherche et de nombreuses publications scientifiques.

Il a été l’architecte de base des sondages, des méthodes d’échantillonnage et des grilles de dépouillement de toutes les enquêtes réalisées par l’AARDES de 1967 à 1981.

Il a également entamé des travaux de recherche en Algérie et en France, sa thèse de doctorat, dirigée par Pierre Bourdieu, ayant été consacrée aux mutations de la société pastorale algérienne (nomadisme et colonisation : analyse et mécanisme de destruction et de disparition de la société pastorale traditionnelle en Algérie). Il avait également réalisé une vingtaine d’études sur diverses thématiques, comme l’emploi et les revenus, les phénomènes migratoires, la consommation des ménages, la démographie, les circuits commerciaux. Boukhobza qui a été nommé conseiller auprès du ministre de la Planification et de l’Aménagement du territoire en 1982, a été chargé de créer l’Office national pour le suivi et la coordination de l’investissement privé (OSCIP), qu’il dirigea entre 1983 et 1984.

Il a également été coordonnateur de la commission d’experts «Algérie-2005» qui confectionnera, pour la présidence de la République, le rapport du développement stratégique aux plans politique, économique et social.

 

Source : http://www.lesdebats.com

 

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