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 Une nouvelle ère va s’ouvrir pour l’Azerbaïdjan en 2010

27/6/2010

 

AzerbaïdjanUne nouvelle ère va s’ouvrir pour l’Azerbaïdjan en 2010

Les investissements consacrés au « contrat du siècle » ont été amortis et les recettes provenant du projet de Azeri-Chirag-Gunashli-ACG vont augmenter considérablement.

Selon l’expert azerbaidjanais, Ilham Shaban, qui cite des chiffres de la compagnie nationale pétrolière, « ces dernières années, l’Azerbaïdjan devait rembourser les investissements effectués par les compagnies pétrolières internationales partenaires dans le projet ACG et BTC (l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan), et c’est pour cela qu’à partir de 2010, les recettes seront plus élevées ». « De 2010 à 2020, on estime que l’Azerbaïdjan aura des recettes de l’ordre de 160 milliards de dollars si le prix du baril de pétrole sera en moyenne de 60 dollars », a-t-il indiqué. « Avant 2010, le pétrole a rapporté 30 milliards de dollars en 11 ans, de 1999 à 2010, soit une moyenne de 3 milliards de dollars », selon Shaban. A partir de 2010, les recettes seront en moyenne de 16 milliards de dollars avec un baril à 60 dollars. « Si les compagnies pétrolières ont investi 25 milliards de dollars, l’Azerbaïdjan n’a rien dépensé, pas même un dollar », explique l’expert en citant les dispositions du contrat de partage de production. C’est ce qui explique la montée en cadence des recettes et le fait qu’à partir de 2010, les revenus tirés des recettes d’exportation seront nets.

Dans les dispositions du contrat de partage de production, la part de l’Azerbaïdjan en pétrole variera entre 70 et 80% selon le contrat. Ce qu’on a appelé le contrat du siècle ou (ACG) rassemble une dizaine de partenaires, BP comme opérateur avec 34,1%, Chevron (10,2), Socar (10%), Inpex (10% ), Statoil (8,6%), ExxonMobil (8%), TPAO (6,8%), Devon (5,6%), Itochu (3,9%), Hess (2,7%). En 2009, et selon les chiffres de BP, sur les cinq gisements qui sont en production, une moyenne de 817 000 barils par jour a été extraite à partir du Terminal de Sangachal situé à quelques dizaines de kilomètres de Bakou. Un territoire de 542 hectares.

Le pétrole qui est produit est envoyé via l’oléoduc Bakou-Tbilissi- Ceyhan vers la Méditerranée sur la côte turque pour être ensuite acheminé sur le marché européen. L’oléoduc qui a accompagné le projet ACG a été réalisé par onze partenaires, BP (30,1%), AZBTC (25 %), Chevron (8,90%), Statoil (8,71%), TPAO (6,53% ), ENI (5%), Total(5% ), Itochu (3,40%), Inpex (2,50%), ConocoPhilips (2 ,50%) et Hess (2,36% ). Le BTC a permis au pétrole de l’Azerbaïdjan produit en mer Caspienne de gagner les marchés mondiaux et notamment le marché européen. L’oléduc transporte le pétrole de Bakou sur une distance de plus de 1700 km de Bakou jusqu’en Turquie en passant par la Géorgie. En entamant des négociations des 1991, l’année de son indépendance, avec les compagnies internationales, l’Azerbaïdjan avait misé sur l’avenir, surtout quand on voit les recettes que le pétrole va lui rapporter. En faisant un grand pari sur l’avenir, le pays recueille les fruits de ses choix, des choix qui lui avaient valu beaucoup de problèmes, y compris une guerre avec l’Arménie, un de ses voisins.

Avec des voisins qui sont considérés comme des puissances, à l’image de la Russie ou de l’Iran, et qui cherchent pour l’un à maintenir son influence dans l’espace de l’ex-URSS et pour l’autre à élargir sa sphère d’influence, l’Azerbaïdjan a eu fort à faire. En misant sur le marché occidental, l’Azerbaïdjan a réussi à attirer les investissements nécessaires pour la mise en exploitation de gisements de pétrole et de gaz qui lui permettront de trouver le chemin du progrès. Actuellement, l’Azerbaïdjan exporte 94% de son pétrole et 95% de son gaz. Mais en plus de l’accusation portée par certains de ses voisins d’un alignement sur les Etats-Unis, l’Azerbaïdjan subit d’autres pressions, celle de l’utilisation de l’argent du pétrole. Selon le vice-président de Socar, la compagnie nationale pétrolière, Elshad Nassirov, la stratégie de la société est basée sur des principes de fond. « Nous n’accumulons pas de profits. Nous maximisons nos revenus au bénéfice de l’Etat, au profit de la nation et des citoyens. Nous accumulons nos revenus pour aider le gouvernement à développer le pays, construire des hôpitaux, des écoles, réhabiliter l’habitat… Nous envoyons les étudiants dans les meilleures universités du monde… », nous a-t-il déclaré.

Où va l’argent du pétrole ? A cette question, le vice-président de Socar explique que l’Azerbaïdjan a créé un Fonds d’Etat du pétrole (State Oil Fund) et que l’argent du pétrole « va directement dans ce Fonds et que seul le Parlement décide où va cet argent qui est investi dans les infrastructures, l’économie, le social, la création d’emplois, les hôpitaux, les écoles, la participation au développement des campagnes ». « Une partie de l’argent est consacrée à l’aide en faveur des réfugiés au nombre de un million qui ont quitté les zones occupées par l’Arménie », selon le vice-président de Socar. Selon Elshad Nassirov, le Fonds est doté actuellement de 16 milliards de dollars, dont 14 ont déjà été dépensés sur des recettes accumulées de 30 milliards de dollars en 11 ans.

A partir de cette année, les recettes du pétrole vont connaître une augmentation extraordinaire pour ce pays de 9 millions d’habitants. Et comme la moyenne des recettes pétrolières va passer de 3 milliards de dollars par an à 16 milliards de dollars par an (avec un baril à 60 dollars), l’Azerbaïdjan pourrait connaître de sérieux problèmes si une politique de transparence sans faille n’est pas développée dans la gestion des recettes pétrolières. Mais ce défi risque d’être très difficile pour l’Azerbaïdjan. Trop d’argent sur la table entraîne généralement des appétits sans limites.

 

Par Liès Sahar

Source : http://www.elwatan.com

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