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 GLOBALISÉ LE CRIME ORGANISÉ MENACE LA SOUVERAINETÉ DES ÉTATS, SELON LES NATIONS UNIES

28/6/2010

 

GLOBALISÉ LE CRIME ORGANISÉ MENACE LA SOUVERAINETÉ DES ÉTATS, SELON LES NATIONS UNIES
Un rapport de l’ONUDC évalue l’impact sécuritaire de la criminalité internationale

Une armée de l’ombre, dispersée en petits groupes mais appuyée par des bataillons en col blanc qui l’aident à recycler ses profits : la criminalité organisée est une menace planétaire, à laquelle les Etats ne peuvent répondre que par une «approche globale», affirme un rapport des Nations unies. «La criminalité transnationale est devenue une menace pour la paix et le développement, voire pour la souveraineté des Etats», a souligné le directeur exécutif de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Antonio Maria Costa, en présentant ce rapport à l’Assemblée générale à New York, jeudi 17 juin 2010.
Car certains réseaux criminels ont les moyens «d’acheter les élections, les politiciens, le pouvoir et même les militaires». L’Afrique de l’Ouest — de la Guinée-Bissau jusqu’au Nigeria — offre des zones de fragilité institutionnelle propices au transit de la cocaïne sud-américaine, tout comme l’Amérique centrale, où les gangs mexicains accentuent leur emprise. Le rapport note également le rôle clé du Venezuela pour les grosses cargaisons maritimes de drogue destinées à l’Europe. Même des Etats réputés forts semblent démunis. Avec 70 tonnes, la Russie est le plus grand marché pour l’héroïne afghane, et les stupéfiants y tuent chaque année entre 30 000 et 40 000 jeunes, soit le double du nombre de soldats soviétiques tombés en Afghanistan durant les années 1980. Délinquants en col blanc, c’est la première fois que l’ONUDC, basé à Vienne, s’efforce d’évaluer en un tableau d’ensemble l’impact sécuritaire d’un phénomène complexe, qui brasse sur plusieurs continents aussi bien le trafic de stupéfiants que celui des migrants, des armes ou des ressources naturelles, et résiste aux outils de répression habituels. «De nos jours», relève le rapport, le crime organisé «semble moins concerner un groupe de personnes se livrant à un éventail d’activités illicites» – comme le sont, par exemple, les «mafias» traditionnelles – «qu’un groupe d’activités illicites», qui vont survivre à l’incarcération des personnes.

Influencer des élections, des politiciens et même des militaires
L’ONUDC rappelle toutefois qu’il n’y a pas d’autre choix que l’emprisonnement pour démanteler des réseaux toujours plus dangereux, par exemple au Mexique, où ils pratiquent l’enlèvement et l’extorsion. Les gigantesques gains générés par le trafic de stupéfiants (55 milliards de dollars annuels pour l’héroïne, plus de 72 milliards de dollars pour la cocaïne) éclipsent les «petits» profits réalisés ailleurs : 3 milliards de dollars (2,42 milliards d’euros) grâce aux 140 000 victimes, en Europe, de la traite d’êtres humains forcés à la prostitution ; 2,5 milliards de dollars, en 2009, sur les ventes illicites de bois asiatique en Chine et dans l’Union européenne ; 6,6 milliards pour les passeurs des 2,5 millions de migrants qui vont aux Etats-Unis ; ou encore la contrefaçon, notamment de médicaments vendus en Afrique et en Asie. En vedette dans les médias, les actes de piraterie près de la Corne de l’Afrique ne rapportent guère plus de 150 millions de dollars de rançons par an — loin du milliard de dollars engrangé grâce à des cartes d’identité ou de crédit volées. Selon Antonio Maria Costa, «l'action répressive contre les groupes mafieux ne permettra pas de mettre un terme aux activités illicites si les marchés sur lesquels ils s'appuient restent intacts, notamment les hordes de délinquants à col blanc — avocats, comptables, agents immobiliers et banquiers — qui les protègent et blanchissent leurs gains. L'expansion des marchés noirs est due autant à la cupidité des cols blancs qu'à celle des groupes criminels organisés». Pour l'ONU, la menace n'est pas seulement économique. «Les profits tirés du crime et la menace d'utiliser la force, permettent aux criminels d'influencer des élections, des politiciens et même des militaires», ajoute-t-il. Selon lui, les pays les plus faibles sont les plus exposés au risque mais la menace est globale. «Les flux illégaux pointent presque tous vers le Nord», car «les plus grandes économies sont les plus gros marchés pour les biens illégaux ».

Flux de biens et de services et Etat de droit
Le rapport insiste sur le fait que, la criminalité ayant pris une dimension mondiale, il ne suffit pas de prendre des mesures au niveau national, qui ne font que déplacer le problème d’un pays vers un autre, mais qu’il faut intervenir à l’échelle mondiale, en se fondant sur la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, adoptée à Palerme (Italie) en 2000. La criminalité s’est internationalisée plus rapidement que les politiques de détection et de répression. La Convention de Palerme vise précisément à adopter des mesures internationales pour lutter contre ces menaces transnationales, mais elle ne suscite souvent que peu d’intérêt. Les États qui sont fermement déterminés à lutter contre la mondialisation de la criminalité devraient encourager ceux qui ne l’ont pas encore fait à appliquer pleinement la Convention. Il faut faire une distinction entre les pays qui ne sont pas disposés à lutter contre la criminalité organisée et ceux qui ne sont pas en mesure de le faire. Si l’État ne parvient pas à offrir des services publics et à assurer la sécurité, ce sont les réseaux criminels qui s’en chargent. Il faut une application plus énergique de la Convention des Nations unies contre la corruption, l’adoption de mesures plus efficaces contre le blanchiment d’argent et la restriction du secret bancaire. La coopération internationale se développe et des progrès sont absolument nécessaires. La mondialisation a progressé plus vite que notre capacité collective à la réguler, et c’est dans ces secteurs non régulés, créées par cette dichotomie, que les possibilités de criminalité organisée se sont multipliées. Si l’on veut extirper à la racine les problèmes de criminalité organisée, il est essentiel que le flux international de biens et de services soit subordonné à l’Etat de droit.
Djilali Hadjadj

Source : http://lesoirdalgerie.com

 

Category : CORRUPTION CRIMINALITE ET DELINQUANCE DANS LE MONDE | Write a comment | Print

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