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 Les Algériens n'arrivent pas à nettoyer leurs villes

26/7/2010

Services d’hygiène défaillants et incivisme : La saleté défigure la capitale

Des détritus s’accumulent au bas des immeubles dans plusieurs communes d’Alger. La situation s’aggrave quotidiennement et prend des proportions alarmantes.

Des tonnes d’ordures ménagères s’entassent sur les trottoirs et, dans certains quartiers de la capitale, la chaussée est complètement obstruée. Les bacs à ordures, là où il en existe, sont remplis à ras bord. Tel est le triste décor qu’offre, ces derniers jours, la capitale à ses habitants et à ses visiteurs. La situation est devenue incontrôlable avec l’arrivée des grandes chaleurs. Les agents de l’établissement de ramassage des ordures et déchets ménagers, l’EPIC NetCom, dont une partie est, semble-t-il, en congé, contournent certains quartiers. « Les éboueurs ne font plus le ramassage des ordures dans notre quartier. Cette situation dure depuis deux mois. Seule une petite partie a été nettoyée ce matin. Et dire que nous sommes en plein centre-ville, à 150 mètres seulement du Palais du gouvernement. En plus des odeurs nauséabondes, les déchets provoquent des maladies. Mais qui se soucie de notre quartier qui est en retrait, bien caché des regards des officiels ? », peste Smaïl, habitant du quartier Berrezouane, dans la commune d’Alger-Centre.

Les agents de Netcom, seuls à intervenir dans cette partie du centre-ville, préfèrent, estime notre interlocuteur, se redéployer sur les grands axes : au Télemly (boulevard Krim Belkacem), rue Docteur Saâdane... « Des quartiers ont bénéficié dernièrement d’opérations de bitumage. Nous ne réclamons pas ce luxe. Nous souhaitons que les ordures ménagères soient enlevées à temps. Je ne comprends pas la campagne de Netcom qui exige des habitants de sortir à temps leurs sachets, alors que ses agents ne se présentent jamais. Même l’APC, qui a placardé partout des communiqués appelant les citoyens à plus de rigueur, est absente », protestent des habitants qui menacent d’occuper la rue s’il n’y a pas une prise en charge sérieuse de ce problème. Dans les commune voisines de La Casbah et Bab El Oued, le constat est encore plus déplaisant : des rues des vieux quartiers, transformés en souk durant la journée, sont encombrées de déchets en tout genre. A Bachdjarrah et El Harrach, on a constaté sur place que des agents ont brûlé des déchets ménagers au lieu de les ramasser.

Dans les communes où NetCom n’intervient pas (une trentaine), le décor est indescriptible. En effet, à la périphérie de la capitale, dans les communes de Draria, Douéra, Birtouta, Tessala El Merdja, Baraki, des agents communaux de ramassage des ordures font leur travail à moitié ou préfèrent carrément brûler les déchets, provoquant la colère des riverains qui craignent la propagation de maladies. « Les APC d’Alger-Est préfèrent créer des décharges sauvages dans les exploitations agricole (EAC ou EAI) sans se soucier de l’environnement », déplore un habitant de Aïn Taya. Le wali d’Alger, Mohamed Kebbir Addou, ne cessait d’affirmer, à chacune de ses sorties publiques, qu’il s’est fait fort, depuis son installation aux commandes de la wilaya en 2004, de prendre en charge l’hygiène de la ville d’Alger. Il n’en est rien, 5 ans après.

NetCom et sa difficulté d’acquérir du matériel

Des agents, acculés par des riverains excédés, expliquent cette situation par le manque de matériel. « A la wilaya, certaines sources relèvent que NetCom, qui a bénéficié jusque-là des largesses de l’Etat, connaît des difficultés. Le matériel roulant n’a pas été renouvelé et celui commandé n’a pas encore bénéficié à l’établissement en raison des problèmes liés aux procédures administratives contraignantes prévues dans le code des marchés publics. Une enveloppe de près de 150 milliards de centimes a même été allouée à ces opérations d’acquisition, mais l’EPIC roule toujours avec ses anciennes bennes-tasseuses », assure une source à la wilaya ayant requis l’anonymat. Notre source met en avant la difficulté pour NetCom de recruter des agents natifs d’Alger. « Les préjugés ont la peau dure. Le métier n’intéresse pas les jeunes d’Alger alors que les équipes doivent être renforcées », relève-t-il. NetCom emploie 5000 agents qui interviennent dans 27 des 57 communes que compte Alger. Il nous a été impossible de joindre les responsables de NetCom.

« Le directeur est en congé, l’intérimaire n’est pas à son bureau », se contente de répondre une voix au téléphone. Des APC d’Alger ont cédé le volet hygiène à des entreprises privées, mais ce choix ne semble pas concourir à régler ce problème. La commune de Kouba, pourtant prise en charge par NetCom comme les quartiers intra-muros, dans son plan de travail, a fait cette expérience qui n’est guère concluante, relèvent des habitants de Garidi. La commune de Chéraga vient de donner des concessions à un privé, au grand dam des agents communaux qui soutiennent que le matériel roulant acquis par la commune, l’un des plus importants à Alger, est « suffisant ». « Cette expérience, comme toutes les autres, connaîtra un échec. L’aspect hygiène doit être pensé, les EPIC doivent coopérer. Asrout et NetCom doivent s’entendre sur les prérogatives de chaque établissement. Même les APC doivent renforcer leur matériel », relève un président d’APC de la périphérie de la capitale.

Par Nadir Iddir


Un été « sale » à Blida : La « Rose » sans eau et sans hygiène

Si les ménages n’ont pas eu une goutte d’eau ces derniers jours pour préparer leur « popote » et laver leur linge, ceux ayant un besoin pressant sous un soleil de plomb et une humidité suffocante ont toutes les peines du monde à trouver une toilette publique ouverte.

Face à la pénurie d’eau qui frappe la ville de Blida et ses périphéries, la plupart des sanitaires publics ont clos momentanément leurs portes. A Bab Essebt, placette Enssara… ou ailleurs, on se rue vers les caféterias, mais les clients passent en priorité et à défaut, l’approche des horaires des prières salutaire, c’est surtout la mosquée d’El Badr (située à Bab Essebt) qui, bon gré mal gré, « accueille » bon nombre de ceux déambulant sur la place de la Liberté ou activant dans des commerces limitrophes. Si la gent masculine trouve parfois le « moyen de l’aisance », il n’en est rien pour les femmes en cas de besoin pressant. Face à la ruée vers les mosquées, des fidèles ont parfois du mal à trouver un peu d’eau pour leurs ablutions, à cause du manque de cette denrée qui se fait de plus en plus rare, et par voie de conséquence les toilettes des mosquées sont souvent sales.

Cette pénurie encourage, par ailleurs, d’autres comportements inciviques et de malséance, car certaines personnes n’hésitent pas, étant contraintes, de faire leurs besoins en plein public ; aussi, certains endroits se sont transformés en de véritables « coupe-souffle » dus aux odeurs nauséabondes qui s’y dégagent. Pour l’exemple seulement, Bab Dzaïr, en face, tenez-vous bien, d’Air Algerie, de la station de taxis de Bab Essebt et la gare routière de Blida offrent un décor de pourriture invraisemblable, l’odeur des ordures se mêlant aux odeurs pestilentielles d’excréments !

Par Mohamed Abdelli

Source : http://www.elwatan.com

 

 Casse-tête de l'enlèvement des ordures à Oran: Une «maladie chronique» ?

par Houari Barti

« La situation est grave. On est en face d'un problème de santé publique. La ville croule sous les ordures. Les maladies liées à l'hygiène en représentent la principale menace. Une menace qu'illustre parfaitement la prolifération inquiétante des rongeurs et autres animaux nuisibles. Pourtant, la sonnette d'alarme a été tirée depuis longtemps, mais à ce jour, la question n'a même pas été inscrite à l'ordre du jour des travaux de l'exécutif. Et les requêtes présentées au comité d'hygiène de la wilaya, n'ont suscité aucune réaction à ce jour.» L'auteur de cet état des lieux n'est autre que le premier responsable de la division d'Hygiène et d'Assainissement de la commune d'Oran. Le docteur Kamel Brekci est, en effet, le délégué communal et le fait qu'il soit médecin de profession donne à ses propos encore plus de crédit. Le constat est donc sans appel et concerne une des plus grandes villes d'Algérie : Oran. Mais la question que beaucoup d'Oranais se posent est comment une grande ville comme Oran, avec son expérience, ses compétences et ses moyens importants est-elle arrivée à cette situation ? Multiplication des points noirs et autres décharges sauvages, des camions de collecte qui ne passent pas pendant plusieurs jours, défaut de balayage dans certains quartiers et prolifération des animaux nuisibles, sont autant d'images qui traduisent actuellement cette situation critique de l'hygiène publique à Oran. Vu son statut de «plus grande commune d'Algérie», Oran est peut-être la ville qui nécessite le plus d'attention de la part des pouvoirs publics en matière d'hygiène. A elle seule, la ville d'Oran produit quotidiennement près de 1.000 tonnes de déchets ménagers en période basse. En été, ce volume double carrément pour atteindre facilement les 2.000 tonnes. Selon les responsables du secteur, pour espérer assurer une collecte convenable de ces déchets, il faut disposer de 60 à 70 bennes-tasseuses opérationnelles d'au moins 12 m3 chacune et bien évidemment le personnel qui va avec. Or, la DHA dispose aujourd'hui de 48 bennes-tasseuses, dont à peine une dizaine est, en ce moment, opérationnelle, le reste étant immobilisé pour réparation. Les travailleurs de la division de l'Hygiène et de l'Assainissement (DHA) de la commune d'Oran, en dépit de tous les efforts qu'ils ont fournis, n'arrivent plus à y faire face. Même le minimum requis n'est pas garanti en matière de salubrité. Dans les moments les plus durs, la DHA est dans l'obligation de programmer entre cinq et six rotations pour chaque camion afin de venir à bout des déchets». Une sur-utilisation des véhicules de collecte qui explique, souligne-t-on, la fréquence des pannes techniques à répétition, et qui diminue encore plus les performances de la flotte déjà vieillissante de la division. Survient dès lors la question relative à la maintenance et à la disponibilité de la pièce de rechange. En dépit de l'importance du budget consacré par l'APC d'Oran à la pièce destinée à la maintenance, la DHA est souvent en rupture de stock. Première raison, cet argent est souvent débloqué avec plusieurs mois de retard, en raison des procédures longues et compliquées pour l'attribution des marchés dont les coûts dépassent les 8 millions de dinars. En effet, avant d'être approuvé par l'Assemblée, un marché de cet ordre doit passer par un avis d'appel d'offres. Il est soumis à la commission d'ouverture des plis, la commission d'évaluation des offres, et au regard des services de wilaya pour approbation. Une procédure qui peut durer jusqu'à neuf mois. Autre raison qui explique la rupture de stock rapide de la DHA, pas moins de 420 véhicules au total (toutes catégories confondues) consomment cette enveloppe destinée à la pièce de rechange. Un nombre qui englobe les véhicules légers et lourds de la DHA, mais aussi ceux des 12 secteurs urbains de la ville. Pour sa part, la wilaya, intervient aussi par le biais de l'EPIC Oran Propreté, en mobilisant une vingtaine d'autres bennes-tasseuses. Cette entreprise publique à caractère commercial, créée en 2004, assure aussi la collecte des déchets ménagers au niveau de quelques quartiers d'Oran-ville, à l'instar de la cité USTO relevant de la commune de Bir El Djir, Hai Essabah, Es-Seddikia, El Othmania, entre autres. L'EPIC est également confrontée à ce problème des pannes à répétition de ses camions. Un constat d'échec qui fait craindre le pire pour les toutes prochaines semaines où le volume des déchets est appelé de passer du simple au double, particulièrement avec l'avènement du mois de Ramadan. Devant cette difficulté chronique des collectivités locales à gérer la collecte des déchets ménagers, à Oran, pour des raisons parfois objectives, il demeure de plus en plus inévitable, aujourd'hui, d'envisager la concession de cette tâche à des organismes privés qui en feront une profession à part entière. Une activité qui pourrait bénéficier des différents dispositifs d'aide aux jeunes pour la création d'emplois pourvu qu'on y mette l'effort nécessaire pour encourager les compétences qui peuvent proposer de véritables projets dans un domaine où tout reste désormais à faire. Des demandes sont émises de jeunes entrepreneurs qui ne trouvent pas de marchés et qui ne demandent pas mieux que de travailler et d'assumer une mission de service public. Aucune réponse, pour l'instant, de la part des pouvoirs publics, mais ça viendra. C'est peut-être le remède à cette «maladie chronique» qui ronge l'environnement à Oran.

 

Source : http://www.lequotidien-oran.com

 

 

 

 

Tags : villes Algerie
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