ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS EN ALGÉRIE » terres d'islam | Bloguez.com

 ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS EN ALGÉRIE

17/8/2010

ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS EN ALGÉRIE
50 ans après... la politique de l’oubli persiste
04 Juillet 2010

Du fait que le conflit ne peut être réglé en bilatéral, une plate-forme sera déposée au niveau de l’ONU pour organiser une conférence internationale sur les crimes nucléaires.

La France continue de tuer les Algériens dans l’impunité. A Reggane, dans le Sahara algérien, on continue de donner naissance à des victimes atteintes de malformations dues aux essais nucléaires français dans cette région. En effet, entre le 13 février 1960 et le 31 décembre 1967, au Centre saharien des expérimentations militaires en Algérie, des sites d’expérimentations de Reggane et d’In Ekker ont été définies comme zones retenues pour les essais au Sahara contournant les lieux d’habitation des populations sahariennes. 50 ans après, le combat des Algériens se poursuit afin d’obliger la France à reconnaître ses crimes et indemniser les victimes. C’est ce qui ressort d’une table ronde consacrée à l’état d’avancement du dossier concernant les essais nucléaires français dans le Sahara.
Organisé hier au forum d’El Moudjahid à Alger, le débat était animé par Me Benbraham, et M.Ammar Mansouri, chercheur en génie nucléaire. Prenant la parole, Mme Benbraham a tenu à dénoncer la loi n°2010-2 du 5 janvier 2010, relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français. Selon l’intervenante, cette loi exclut les Algériens de toutes indemnités, contrairement aux Polynésiens.
Ces derniers avaient vécu presque les mêmes effets, faut-il le rappeler. Selon cette loi, les Français ont exclu les Algériens de l’indemnisation sous prétexte que ces sites n’étaient pas habités à cette époque. Or, selon Me Benbraham, il y avaient quelque 40.000 habitants dans ces régions. L’Etat français continue de mentir! «Qu’il cesse de nous prendre pour des idiots!», s’écrie-t-elle. «Je rends hommage aux journalistes français qui nous ont fourni des rapports secrets afin de dénoncer ouvertement les crimes nucléaires français en Algérie, nous poursuivons le combat jusqu’à ce que justice soit rendue», a-t-elle lancé. Pour sa part, M.Mansouri a fait savoir qu’un appel émanant du Comité reconnaissance, indemnisation et mémoire des essais nucléaires français au Sahara algérien (Crimes) sera publié dans la presse nationale afin de pousser la France à reconnaître ses crimes. Pour ce faire, qu’ils soient Algériens ou étrangers, tout le monde est invité à signer cet appel pour la reconnaissance et la réparation des conséquences des essais nucléaires français au Sahara algérien sur la santé et sur l’environnement par l’indemnisation des victimes et la réhabilitation et la sécurisation des sites d’essais. Reprenant la parole, Mme Benbraham déplore les maladies incurables qui font fureur dans ces régions suite aux crimes nucléaires français. «Le cancer de l’utérus, du sein et d’autres maladies qui réduisent la fécondité continuent à faire des ravages dans ces régions. On a utilisé cette population comme des cobayes!» A ce titre, l’avocate estime qu’il est nécessaire de créer des tribunaux internationaux pour juger les crimes coloniaux, à commencer par les crimes de la France coloniale en Algérie. «Ce n’est qu’en 2001 que nous avons commencé à parler de ces événements douloureux grâce à l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) qui nous a fourni les documents nécessaires afin de lever le voile sur ces crimes», indique-t-elle. «Nous avons commencé à travailler sur ce dossier avec le ministère des Moudjahidine depuis 1996», renchérit, de son côté, M.Mansouri, ajoutant qu’une plate-forme sera déposée au niveau de l’Organisation des Nations unies (ONU).
L’objectif est d’organiser une conférence internationale sur les crimes nucléaires. «Déjà, on a eu l’accord de 18 associations à travers le monde car le conflit ne peut être réglé en bilatéral», souligne le chercheur.

Lynda BEDAR

Source : http://lexpressiondz.com

 

La quasi-totalité des victimes algériennes risquent d’être exclues de l’indemnisation

Par Abderrahmane Semmar

Décidément, la loi française sur l’indemnisation des victimes  des essais nucléaires français n’est qu’un énième mensonge politique français. C’est en tout cas ce que maître Benbraham, avocate au barreau d’Alger et porte-parole de l’instance pour la décolonisation de l’histoire algéro-française, ainsi que Amar Mansouri, chercheur en physique nucléaire, ont relevé hier lors d’une conférence de presse animée au forum d’El Moudjahid. Les deux interlocuteurs, bien au fait de ce dossier, n’ont pas manqué de souligner d’emblée que les Algériens «ne sont aucunement concernés par les dispositions de cette loi». Et pour cause, ce texte de loi, daté du 6 janvier 2010, ne parle nullement de l’Algérie en tant qu’Etat. Il évoque uniquement le centre d’expérimentation des Oasis et les territoires sahariens  mais à aucun moment on ne fait référence aux Algériens, alors que de très nombreux essais ont été effectués au moment où l’Algérie était un Etat indépendant. Nos deux interlocuteurs qui s’appuient également sur les observations de nombreux juristes français ont fait savoir dans ce sillage qu’à aucun moment «le mot Algérie n’est cité dans le texte de loi». Pis, dans l’article 3 de ce texte de loi, il n’est fait mention que des appelés des contingents, les militaires de carrière et les civils présents sur les sites d’expérimentation. Et c’est là
que le bât blesse car, dans un alinéa de cet article, le site d’expérimentation est délimité géographiquement sur un rayon qui ne dépasse même pas les 100 km. Ainsi, partant de ce fait, nos deux interlocuteurs en ont déduit que la ville de Reggane et sa population ne peuvent même pas aspirer à ces indemnisations promises en grande pompe par Hervé Morin. De plus, dans l’article 2 de ce texte de loi, les «gens du Sahara», selon la terminologie du législateur français, à savoir les populations nomades, doivent démontrer qu’ils avaient bel et bien séjourné sur les sites d’expérimentation pour pouvoir bénéficier de ces indemnisations. Mais dans ce contexte, la très grande  majorité des populations algériennes seraient exclues du système d’indemnisation, alors que, selon le principe même de la loi, elles devraient être concernées. Il faut dire que, si cette loi n’exclut pas explicitement les populations nomades de notre Sahara, dans la pratique, le fait qu’on cite le centre d’expérimentation et non  pas les territoires qui l’entourent, notamment les Oasis et la population de  Reggane, risquerait de conduire à exclure la quasi-totalité des Algériens de l’indemnisation.
Sur un autre registre, Maître Benbraham Fatma-Zohra a signalé que la liste des maladies reconnues par cette loi ne correspond en
rien aux souffrances que les populations algériennes ont eu à subir des années durant, et aujourd’hui encore, à cause des dégâts occasionnés par les essais nucléaires français. Dans ce sens, la loi ne parle nullement des cancers du sein et de l’utérus qui sont pourtant une conséquence directe des radiations nucléaires. Aujourd’hui à Adrar, ces cancers sont 7 fois plus répandus que dans les autres régions de notre pays. Par ailleurs, l’avocate a tenu à souligner que cette région était peuplée à l’époque par au moins 40 000 nomades. Elle n’était donc nullement déserte comme veulent le faire croire les quelques rapports militaires français. A ce propos, Maître Benbraham a dévoilé un rapport militaire français secret, un document de 260 pages, qui explique bel et bien que l’objectif de ces essais était d’abord de «vérifier la force de l’impact du pouvoir d’anéantissement des structures civiles et militaires d’un bombardement stratégique sur une cible précise». Ce qui amène à dire que les autorités militaires françaises ont cherché au préalable à tester leurs bombes sur des populations civiles. Ce qui constitue en soi un crime abominable contre l’humanité. D’ailleurs, des investigations récentes menées par des associations de victimes des essais nucléaires ont démontré que des militaires français ont identifié toutes les femmes et les enfants de la région de Reggane avant de procéder à leurs essais. Un tel crime ne peut, dès lors, rester éternellement impuni. Et à ce titre, nos deux interlocuteurs ont appelé à ester la France en justice. Il est question aussi de recenser sur les sites touchés toutes les traces des dégâts dont ont souffert les populations et l’environnement pour préparer un dossier d’expertise complet. Maître Benbraham suggère enfin de créer, en coopération avec d’autres pays africains qui ont souffert aussi du colonialisme, des tribunaux internationaux pour juger les crimes coloniaux. Mais pour cela, il faut que nos responsables politiques sortent de leur torpeur et donnent suite à ces revendications. Et à ce niveau, on ne sait toujours pas si ce combat interpelle réellement notre gouvernement.  

A. S.

Source : http://www.latribune-online.com

 

Category : GUERRE D'ALGERIE - 2 | Write a comment | Print

Comments

| Contact author |