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 Jérusalem à l’époque de Saladin et de Robin des Bois

21/8/2010

Jérusalem à l’époque de Saladin et de Robin des Bois

Dans le Robin des Bois de Ridley Scott, un épisode peu glorieux de la vie de Richard Cœur de Lion est évoqué : le massacre de 2.500 civils musulmans en Palestine occupée par les Francs.

Boutant les Occidentaux hors de Jérusalem, Saladin avait fait au contraire preuve d’une grande magnanimité. La littérature médiévale célébrera les deux hommes, qu’unissait d’ailleurs une estime réciproque. Le mois dernier sortait sur les écrans un nouveau Robin des Bois, celui de Ridley Scott.

La morale est la même (si l’ordre existant repose sur la volonté arbitraire d’un prince injuste, alors c’est au hors-la-loi qu’il incombe de faire appliquer la justice), mais le mythe est revisité. Le personnage a maintenant un passé, situé entre 1199 et 1215, et à Sherwood et Nottingham s’ajoutent maintenant la France et la Palestine. L’idée de Ridley Scott était de retracer le parcours de Robin des Bois pour expliquer le personnage. On le voit ainsi archer de Richard Cœur de Lion, dans une Palestine occupée par les Croisés. Serviteur fidèle, il ne craint pas pour autant de reprocher à son bon roi le massacre de "2.500 civils musulmans" à Saint-Jean d’Acre (’Akkâ) en 1191. Dans le regard d’une des musulmanes suppliciées, il se souvient avoir vu que tous ces Croisés étaient devenus godless, c’est-à-dire, littéralement, "sans Dieu".

Le contexte de la IIIe Croisade

Deux figures historiques émergentes, qui, de leur vivant même, ont été érigées en mythe : Saladin (Selahaddin Eyyubi) et Richard Ier d’ Angleterre, dit "Cœur de Lion". Ce dernier a été consacré par toute une littérature, héros de la chrétienté conquérante et passa l’essentiel de ses dix années de règne à guerroyer en Syrie-Palestine. Le premier demeure, aujourd’hui encore, le symbole de l’unité de l’islam face à un Occident prédateur. C’est en effet Saladin qui en 1187 libérera Jérusalem (Al Quds), troisième ville sainte de l’islam, après quatre-vingt-dix ans d’occupation franque. Kurde, il se considérait avant tout comme musulman.

Fondateur d’une dynastie appelée à régner sur deux pays majeurs, la Syrie et l’Egypte, c’est en tant que chef militaire, puis souverain musulman, qu’on louera sa magnanimité, même parmi ses ennemis. De manière paradoxale, celui qui a sonné le glas de la présence occidentale en Syrie-Palestine a acquis en Europe une immense réputation de souverain chevaleresque, à tel point qu’il existait au 14e siècle un poème épique sur ses exploits et que Dante l’inclut parmi les âmes païennes des limbes. Alors que les villes franques tombaient entre ses mains les unes après les autres, Saladin permit que les chrétiens puissent regagner la côte sains et saufs, et avec une partie de leurs biens.

À Jérusalem, il rend à l’islam la mosquée Al-Aqsa (devenue entre temps l’église du Temple), mais laisse aux chrétiens le Saint-Sépulcre et rend aux juifs le Mur des Lamentations, ainsi que leurs synagogues, confisquées par les Croisés. Volant de succès en succès, Saladin ne pouvait s’embarrasser de captifs. Confronté à la même situation lors de la prise de Saint-Jean d’Acre, Richard les exterminera. Néanmoins la relation entre les deux hommes était empreinte de respect ; unis par la rivalité, les deux hommes se vouaient mutuellement une grande estime. Ainsi, quand Richard fut blessé, Saladin offrit le service de son médecin personnel, le grand savant juif Moïse Maïmonide ; et quand, à Arsuf, Richard perdit son cheval, Saladin lui fit envoyer deux pur-sang arabes. Lors des négociations enfin, il fut même envisagé de marier la sœur de Richard, Jeanne d’Angleterre, avec Al-Adel, frère de Saladin.

24.06.2010

Seyfeddine Ben Mansour Lille

Source : http://fr.zaman.com.tr/fr

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