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 Corruptions : LES PRATIQUES CRIMINELLES QUI ONT CRÉÉ LA CRISE FINANCIÈRE MONDIALE

13/9/2010

spéculationCorruptions : LES PRATIQUES CRIMINELLES QUI ONT CRÉÉ LA CRISE FINANCIÈRE MONDIALE

Capitalisme sauvage, perversion de l'ultralibéralisme, spéculation effrénée et paradis fiscaux

«Pile je gagne, face tu perds»... Le spéculateur ignore la perte, parce que s'il gagne, il gagne tout, et s'il perd, il perd éventuellement sa carrière, mais ce ne sera jamais proportionné au volume des pertes qu'il a fait subir aux autres. Et pour tous ces financiers qui ont gagné 100 milliards pour 1 000 milliards de pertes, eh bien, ils ont toujours gagné leurs 100 milliards. Quant aux pertes, elles doivent être épongées par l'Etat et les contribuables. C'est le constat établi récemment par un économiste français, Daniel Cohen (Le Monde du 17 octobre 2008).

Des dirigeants des pays du Sud, comme Lula da Silva du Brésil, ont durement critiqué le laxisme du gouvernement américain, ils appellent à une régulation mondiale du capitalisme financier. La question posée : allons-nous vers la régulation ? Face à cette crise financière mondiale, tout le monde se met à parler «régulation». Pour Daniel Cohen, la première erreur à éviter serait de croire qu'après cette crise, le capitalisme va se moraliser tout seul. Que les comportements opportunistes d'hier, piqués au vif, partout critiqués, vont s'effacer. Mais les hommes persévèrent dans leur être. Comme dirait Spinoza, mieux vaut compter sur les lois que sur une improbable évolution de la nature humaine pour régler le destin des nations. Il faut donc impérativement de nouvelles lois financières. Or, nous rencontrons deux attitudes naïves aujourd'hui. Une de droite, qui refuse de balayer devant sa porte, dit : «On a compris, on va se moraliser tout seul.» Une de gauche, qui déjà claironne : «C'est le coup fatal porté au capitalisme.» Mais le capitalisme, la mondialisation du marché vont continuer. Personne ne va mettre les Indiens et les Chinois à la porte, en leur demandant de ne plus vendre leurs produits sur le marché international. Et les nouvelles technologies permettront à qui le voudra d'externaliser les services en Inde et en Chine. Cette course du capitalisme contemporain ne sera pas changée par la crise financière.

Les fondamentalistes du marché

En revanche, l'euphorie idéologique du «laisser-faire» et du mépris des pauvres va certainement prendre du plomb dans l'aile. Quant à la question de la réglementation, elle arrive. Alors, qui va devenir le producteur des lois de demain ? Les Etats-Unis pourraient être décidés à mettre de l'ordre dans les marchés financiers, y compris dans les excès en matière d'inégalités. En Europe, aussi, où on a nationalisé d'un coup les banques en difficulté, sans que la Commission européenne ne s'écrie, comme elle aurait dû : «Attendez ! Vous n'avez pas le droit de nationaliser.» Beaucoup de dogmes vont tomber. Les «néomonétaristes», ces fondamentalistes du marché ont réussi à imposer l'inactivité de l'Etat comme principe de régulation. Ils ont dénoncé l'Etat-providence comme coupable de toutes les erreurs et de la perte de compétitivité des entreprises. Le marché dérégulé a été posé comme infaillible, le chômage comme naturel, l'inflation un phénomène purement monétaire. Il est sûr que la vogue pour ces théories, ce «fondamentalisme du marché» très critiqué par la suite par le prix Nobel d'économie (2001) Joseph Stiglitz par exemple, a beaucoup joué dans le développement d'un capitalisme financier laissé à lui-même.

Qui sanctionner ?

Daniel Lebègue, ancien directeur général de la BNP puis de la Caisse française des dépôts et consignations, suggère l’élaboration d’un code de déontologie et une réglementation des rémunérations. Pendant longtemps, il a estimé que l’autorégulation était préférable à la régulation publique. Mais, aujourd’hui, nous sommes arrivés à un tel point de dégradation des comportements et de perte de confiance du public qu’il est devenu indispensable d’édicter un certain nombre de règles publiques et de sanctionner les manquements à ces règles. Pour lui, plus que de punir a posteriori, l’essentiel serait de réaffirmer l’importance de l’éthique, de traduire cette éthique en acte par un code de déontologie et une réglementation des rémunérations. Aujourd’hui, il est absolument scandaleux que des banquiers partent avec des «parachutes dorés» de plus de 100 millions de dollars après avoir ruiné leurs clients et leurs actionnaires.

Le système de contrôle de la finance connaît une crise grave

L’éthique du financier demande de la transparence dans son action, de l’intégrité, de se garder de tout conflit d’intérêt et de percevoir une rémunération équitable et raisonnable, qui soit en relation avec la performance. Le système de contrôle de la finance, lui aussi, connaît une crise grave. Il a laissé à l’écart une série d’acteurs qui ont joué un rôle important et néfaste dans cette crise : les courtiers qui ont distribué du crédit à des ménages américains insolvables, les banques d’investissement, les rehausseurs de crédit, les agences de notation et enfin les «hedge funds» : ces fonds spéculatifs sont pour la plupart installés dans des centres off shore ; ils ne sont régis par aucune autorité de surveillance ou de réglementation. Longtemps, on a estimé qu’il était préférable de s’en remettre à des règles de bonne conduite plutôt que d’empiler les réglementations et les sanctions. Aujourd’hui, cette autorégulation ne produit pas de résultats. Il est logique que le régulateur public édicte des règles assorties de sanctions. C’est la seule manière de rétablir la confiance.

Synthèse LSC

IL ÉTAIT UNE FOIS L'AMÉRIQUE DES BANQUIERS BRAQUEURS DE... BANQUES !

Fin septembre, le sénateur indépendant du Vermont, Bernard Sanders, a rendu publiques les rétributions extravagantes des banques d'affaires de Wall Street et institutions de crédit. Elles ont, constate-t-il, «dépassé le PIB du Sri Lanka, de la Bulgarie ou du Liban». Quant à Henry Paulson, secrétaire au Trésor américain, ancien directeur général de la banque Goldman Sachs — pertes : 22 milliards de dollars —, il percevait en 2005 un bonus de 38 millions de dollars (MD).

Lehman Brothers. En faillite. Lâchée par le gouvernement américain pour faire un exemple. Ancien PDG : Richard Fuld. La commission de la Chambre des représentants a reproché, le 6 octobre, à l'ancien patron d'avoir empoché 500 MD de salaires et de primes depuis le début de son mandat en 1993.

Banque Merrill Lynch. Pertes : 20 milliards de dollars en 2007. Rachetée par Bank of America pour éviter la banqueroute. PDG : Stanley O'Neal. Prime de départ : 161 MD. Banque de dépôts Washington Mutual. Faillite. Son dernier PDG, Alan Fishman, a travaillé dix-huit jours. Salaire total : 13,65 MD. Soit 758 333 dollars par jour.

Compagnie d'assurances AIG. Une semaine après avoir été sauvée de la faillite par la Fed, ses dirigeants s'offraient un séminaire dans un hôtel de luxe californien pour 440 000 dollars. L'ancien patron Martin Sullivan, évincé à la mi-juin, avait reçu 14 MD d'indemnités de départ.

Fannie Mae et Freddie Mac. Les PDG des poids lourds américains du refinancement hypothécaire Daniel Mudd et Richard Syron ont, certes, été privés de leurs parachutes dorés de 12,59 MD quand ils ont été débarqués. Mais ils ont tout de même touché 9,43 MD de primes de départ.

Banque Bear Stearns. En faillite, elle est rachetée en mars 2008 par la banque JP Morgan, à 7% de sa dernière valeur boursière. Débarqué deux mois avant, le PDG James Cayne touche 61 millions de dollars de prime de départ.

L'ALGÉRIE FRAPPÉE DE PLEIN FOUET

Annuler les projets et dépenses de prestige !

Les pouvoirs publics sont dans leur rôle lorsqu'ils affirment — sans trop d'assurance —, que l'Algérie est épargnée par les retombées de la crise financière mondiale. Ils font ce qu'ils ont toujours fait : ignorer et mépriser l'opinion publique, cacher la vérité aux Algériens, sous-estimer la catastrophe, déclarer une chose et son contraire, et refuser de prendre les bonnes mesures pour limiter les dégâts. Mais là où ils se trompent sur toute la ligne, c'est que nombre d'Algériens, via les canaux les plus divers — Internet notamment —, sont très au fait de l'actualité mondiale. Comment oser discourir sur l'absence de conséquences sur les sphères économiques, financières et commerciales en Algérie, alors qu'en l'espace de quelques jours seulement, les prix du pétrole ont chuté de moitié ? Déjà très élevée, la facture de l'importation va repartir à la hausse, l'inflation avec. Les ménages les plus modestes, majoritaires, subiront le plus les aléas de cette crise qui ne fait commencer. Le fonds de réserve des retraites — indexé sur la fiscalité pétrolière — y laissera des plumes. Les réserves issues du pétrole et placées dans les banques étrangères — Trésor américain notamment — seront revues à la baisse. Les placements algériens dans les banques des pays du Golfe sont sérieusement menacés : les fonds souverains de ces pays ont déjà perdus 400 milliards de dollars ! Il est temps que le gouvernement prenne les mesures qui sont à sa portée, les plus urgentes : engager un débat national, impliquer le Parlement, faire un bilan de la situation et le rendre public, revoir à la baisse le projet de programme des gros investissements publics pour la période 2010-2014, annuler les projets de prestige , limiter la facture de la gabegie et du gaspillage, etc. D. H.

Une crise annoncée dès 2007

2007

18 juillet. Début de la crise financière avec l'effondrement de deux fonds d'investissement de la banque d'affaires américaine Bear Stearns, victimes de la crise immobilière.

9 août.

BNP Paribas (France) annonce le gel de trois de ses fonds exposés au marché des subprimes.

1er octobre.

La banque américaine Citigroup se dit touchée par la crise.

 

2008

17 janvier. Merrill Lynch (USA) annonce 9,8 milliards de pertes au 4e trimestre.

18 janvier. Plan de relance de George Bush de 150 milliards de dollars.

17 février. La banque britannique Northern Rock est nationalisée.

16 mars. La banque Bear Stearns, au bord du dépôt de bilan, est rachetée par son homologue JP Morgan.

8 avril. Le FMI chiffre le coût de la crise financière à quelque 1 000 milliards de dollars.

30 juillet. George Bush annonce un plan de sauvegarde de l'immobilier de 300 milliards de dollars.

7 septembre. La crise s'accélère après l'annonce du Trésor américain de la mise sous tutelle des organismes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, détenteurs ou garants de 5 400 milliards de crédit hypothécaire.

15 septembre. La planète financière est sous le choc après l'annonce de la faillite de la banque d'affaires américaine, Lehman Brothers. La banque Merrill Lynch est contrainte de se vendre à Bank of America.

16 septembre. Le Trésor intervient pour sauver le géant de l'assurance AIG et éviter une débâcle.

18 septembre. Le Trésor et la Réserve fédérale américaine (Fed) annoncent un plan de sauvetage massif du système financier.

25 septembre. Le président français s'engage sur la garantie des dépôts français.

26 septembre. Faillite de la banque de détail américaine Washington Mutual.

29 septembre. Le Congrès américain rejette le plan Paulson (du nom du ministre du Trésor) de sauvetage du système financier, malgré le soutien des deux candidats à la Maison-Blanche. Les Etats du Benelux injectent 11,2 milliards d'euros dans la banque Fortis.

30 septembre. Dexia est sauvée par l'intervention des Etats français et belge. Un soutien qu'ils doivent renouveler le 9 octobre.

3 octobre. Le plan Paulson amendé est adopté au Congrès américain.

6 octobre. Chute historique du CAC 40 de 9,04 %. BNP Paribas achète des activités de Fortis et devient la première banque de dépôts de la zone euro.

8 octobre. La baisse concertée des taux directeurs des banques centrales américaine, britannique, canadienne, européenne, suédoise et suisse n'a pas l'effet escompté sur les marchés.

12 octobre. Les Quinze adoptent un plan de sauvetage massif de leur système financier.

13 octobre. Les marchés repartent à la hausse.

15 octobre. La récession menace.

source: http://www.lesoirdalgerie.com

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