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 BOUIRA - Le bijou kabyle, un art en devenir

14/9/2010

Collier kabyleBOUIRA - Le bijou kabyle, un art en devenir
14 Septembre 2010

La wilaya de Bouira se caractérise par un pluralisme culturel et linguistique.

Ce fait reste une aubaine pour l’essor et le développement des activités artisanales qui y coexistent. Le bijou kabyle qui était l’apanage de la région de Beni Yeni en Haute Kabylie, est depuis quelque temps une référence et un produit très prisé à Bouira. Cette notoriété n’est pas due au hasard mais est le résultat de plusieurs facteurs. La qualité reste la cause essentielle d’un engouement de plus en plus important.
La bijouterie spécialisée dans le bijou kabyle sise au lotissement «Herbi» au chef-lieu de wilaya, est une destination privilégiée tout au long de l’année pour beaucoup de familles. Certaines viennent d’outre-mer pour repartir avec des objets d’art.
Le lieu est tenu par un jeune technicien supérieur en froid et chaud mais qui, dès l’age de 14 ans, a choisi de suivre ses parents et plus précisément son grand frère. Désireux d’adapter des motifs ancestraux à l’ère contemporaine, le propriétaire excelle dans la confection des khalkhal, mcheloukh, thaziba, thaâsabth, afzim, thafzimth...autant d’objets ornementaux d’une autre époque mais qui désormais figurent à une place honorable dans la dot des mariées.
Le prix aidant, cela pousse de nombreuses personnes à se rabattre sur l’argent en lieu et place de l’or. «Nous sommes intransigeants sur la qualité de la matière première que nous acquerrons auprès d’Agénor, le fournisseur public et notre autre souci est celui d’acquérir une clientèle...», nous affirmera notre interlocuteur. Le métier, qui ne nécessite pas beaucoup de moyens matériels, a subi, de plein fouet, une crise qui a, hélas! amené bon nombre d’artisans à mettre la clé sous le paillasson.
La cherté de la matière première, qui a subi plusieurs révisions à la hausse, la concurrence déloyale, l’émergence de faussaires... sont autant de facteurs qui ont sensiblement affecté le secteur.
Le bijou kabyle qui souvent fait appel au corail a subi aussi les méfaits des «contrefacteurs». Ainsi, les pouvoirs publics, qui réagissent conjoncturellement, se doivent d’assister les jeunes qui veulent perpétuer un métier millénaire, un métier qui fait partie intégrante du patrimoine national.
En choisissant de s’investir dans l’artisanat malgré un diplôme prometteur, notre interlocuteur prouve surtout un attachement à ses origines, à sa culture, à son algérianité.
L’inviter à des expositions temporelles reste insuffisant. «Le bijou local est très recherché par les étrangers. L’Etat peut mettre en place des mécanismes d’aide pour nous permettre de développer cet art à une plus grande échelle et pourquoi pas l’exporter», conclura notre jeune artiste qui a confectionné un bateau qui a été offert à une personnalité étrangère.
En s’installant à Bouira, ce bijoutier fait sortir le bijou kabyle de la région de Beni Yeni où il était enclavé pour en faire un bijou algérien dans le sens le plus large du mot.

Abdenour MERZOUK

Source : http://lexpressiondz.com

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