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 Indemnisations des familles des disparus: Les regrets d'une mère qui a accepté de signer

1/10/2010

Indemnisations des familles des disparus: Les regrets d'une mère qui a accepté de signer

Par G. O.

Non, je n'ai pas vendu mon fils, je voulais que cette jeunesse vive mieux !» nous a dit Mme Aribi qui a accepté de se faire indemniser conformément aux dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Elle raconte comment en 1993, son fils de 18 ans a été pris de la maison pour ne plus revenir. «Quand j'ai dit oui à la Charte, je pensais aider quelque part à ce que cette jeunesse vive en paix,» ne cesse-t-elle de répéter. Elle nous fait savoir qu'elle a accepté de faire enregistrer son fils comme décédé. «On m'a demandé de signer un papier et m'ont donné 94 millions et on m'a dit que c'était une aide sociale. Lisez, vous voyez, c'est une trahison ! » nous dit-elle avec la gorge serrée. «Je ne peux pas comprendre les lois toute seule, on n'a pas à nos côtés des avocats qui nous expliquent et nous aident à arracher nos droits, on se retrouve seul !» se plaint-elle. «Le jour où j'ai signé, je traînais les pieds, j'ai perdu connaissance,» raconte-t-elle. «Je pensais que le fils qui me reste va bien vivre, il gagne aujourd'hui 10 000 DA, pour toute une famille dont les parents sont malades ! Est-ce que c'est ça les bienfaits de la Charte ?» Interroge-t-elle. «Oui, j'ai regretté, je n'aurais pas dû accepter de signer. Je suis une femme de la révolution, je ne paie pas mes sacrifices d'hier et d'aujourd'hui avec l'âme de mon fils.»

 «L'Etat algérien ne peut se prévaloir des textes de la charte et a le devoir de mener des enquêtes approfondies sur les violations supposées des droits de l'Homme, en particulier lorsqu'il s'agit de disparitions forcées(
…) mais aussi d'engager des poursuites pénales contre quiconque est présumé responsable de ces violations (…) .» C'est ce que le comité des droits de l'homme de l'ONU a notifié aux autorités algériennes et que les familles des disparus ont tenu à mettre dans la lettre qu'elles ont distribuée sur place et qu'elles ont intitulée «non à l'oubli, non à la fourberie !»

 

Source : http://www.lequotidien-oran.com

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