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 Procès de l’affaire de l’Institut Pasteur d’Algérie : La face cachée des lobbys du médicament

2/10/2010

médicamentsProcès de l’affaire de l’Institut Pasteur d’Algérie : La face cachée des lobbys du médicament

30-09-2010

Par Faouzia Ababsa

Le procès lié au scandale des vaccins périmés de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) s’est finalement ouvert hier au tribunal Abane
Ramdane après 4 reports consécutifs. La décision du dernier renvoi a été prise à la demande des avocats qui exigeaient la présence d’un témoin important, en l’occurrence Mohamed Mansouri, directeur du laboratoire de contrôle des médicaments, qui n’a pas daigné répondre à la convocation de la justice hier encore.   Toutefois, les robes noires n’ont pas réitéré la demande d’ajournement du procès, ce d’autant que parmi les prévenus inculpés dans cette affaire figure un accusé en détention depuis neuf mois. M. Omani, c’est de lui qu’il s’agit, a été le premier à ouvrir le bal des auditions. La magistrate lui demandera de lui expliquer son rôle dans l’affaire liée, selon les termes de l’arrêt de renvoi, à la passation et à la complicité dans la passation de marchés publics de gré à gré contraires à la règlementation, à la dilapidation des deniers publics, à l’octroi d’avantages indus. M. Omani réfutera toutes les accusations portées contre lui en précisant qu’il n’a aucun pouvoir ou aucune procuration pour négocier ou contracter des marchés : «Je suis employé des laboratoires. Mon rôle se limite à remettre les soumissions, à suivre les marchandises et les paiements.» L’insistance de la présidente de l’audience ne le fera pas revenir sur ses déclarations, dès lors qu’il n’a absolument rien signé. A propos des 7 micro-ordinateurs (dont l’enquête n’a pas permis de trouver trace) et des téléphones portables, il dira que ce sont là des mesures d’accompagnement contenues dans l’avenant du contrat. «Ce ne sont pas les seules. L’institut Pasteur a bénéficié de 60 micros de bureau, d’un minibus, de 7 véhicules de marque Chevrolet.» Le prévenu clamera son innocence. Il faut rappeler que M. Omani n’est pas l’accusé principal. Son accusation porte sur la complicité et non sur la signature des contrats. Sa mise en détention provisoire a été motivée par le fait qu’il ait une double résidence, en France et en Algérie. Le magistrat a donc estimé qu’il ne présentait pas de garanties suffisantes pour être remis en liberté.Le procès a été riche en révélations et «découvertes». Ainsi, on apprendra que le conseiller de l’ex-directeur général, qui est en fuite, est le gestionnaire réel de l’IPA. Lors de son audition, il révèlera qu’il lui arrivait de signer des factures et de contresigner avec le financier des chèques bancaires. Abdelmadjid Boudia dira également au tribunal qui l’interrogeait sur le sujet que la commission des marchés n’examinait pas les contrats ni cherchait à connaître la nature des fournisseurs, mais entérinait des contrats déjà conclus. «Nous n’avions pas le choix, dira-t-il. Les laboratoires nous donnaient l’exclusivité.» Ce fut ensuite le tour de l’ex-directrice commerciale, par qui l’affaire a éclaté, de se présenter à la barre. Il faut dire qu’elle n’a pas tari de révélations. Elle racontera que Belkaïd (directeur général) a nommé un directeur général adjoint pour la seconder (ce qu’il reconnaîtra devant le tribunal) alors «qu’il n’a aucune qualification ou diplôme pour ce faire.» Et ce, au moment où elle réorganisait le service. Une réorganisation qui lui valut, selon elle, les foudres de sa hiérarchie. Elle se voit donc interdite d’accès à la chambre froide par sa subordonnée qui invoquait une instruction de la direction générale. Et c’est là qu’elle flaire le roussi dans la gestion. Survient alors, et comme par hasard, l’arrêt des chambres froides 48 heures durant. Les conséquences sur les vaccins ne sont pas fait attendre. Ce sont 2 000 000 de doses de DTcoq importées de Cuba dans le cadre d’un accord intergouvernemental pour l’acquisition par l’Algérie de vaccins contre du pétrole qui seront transférées de Kouba vers un dépôt à la place du 1er mai, alors que la chaîne du froid était rompue. Le DG est saisi. En vain. C’est autour de Amar Tou, alors en charge du département de la santé, d’être alerté par Mme Touabti. Il enverra immédiatement une inspection générale qui confirmera les assertions de la directrice commerciale. C’était en 2005. Ce n’est pas tout. Elle découvrira également que les vaccins H1N1 importés par l’Algérie au moment où cette grippe faisait des dégâts dans le monde étaient non conformes. Elle refuse de signer leur conformité malgré les pressions, selon elle, qu’elle a subies et ce, après le départ de Amar Tou. C’est donc le directeur général du laboratoire de contrôle des médicaments qui le fera à sa place. «Il n’a pas qualité pour le faire», nous dira Me Chorfi, son défenseur. Elle fut congédiée par son DG «sur instruction du secrétaire général du ministère de la Santé du temps de Saïd Barkat parce que j’ai refusé de signer». Mme Touabti ne tarira pas d’éloges à l’égard de M. Omani dont elle confirmera l’irresponsabilité dans cette affaire. Le procès, toujours en cours au moment où nous mettons sous presse, a eu le mérité de dépasser la simple affaire de conclusion de marchés contraires à la législation. Il révèle que les lobbys dans ce secteur sont prêts y compris à tuer des personnes pour s’en mettre plein les poches. Nous y reviendrons. 

Source : http://www.latribune-online.com/evenement/40611.html

 

RÉVÉLATIONS DE CADRES DE L’INSTITUT PASTEUR JUGÉS À ALGER :
Vaccins, magouilles et gros sous

Le tribunal correctionnel de Sidi-M’hamed innocentera - il les cadres de l’Institut Pasteur ? De l’avis de tous les présents, les 10 ans de prison ferme requis par l’avocat général ne sont nullement justifiés. La responsabilité, dit-on, se trouve à un autre niveau. «La responsabilité incombe entièrement à ceux qui ont admis le vaccin H1N1, alors que ce dernier était en grande partie non conforme, voire périmé», soutient la défense.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Me Chorfi Chérif, avocat de Mme Touabi, a levé quelque peu le voile sur ce scandale. Il s’est demandé sur quelle base «on poursuit quelqu’un qui a eu le courage et le mérite de dénoncer une situation qui a failli coûter la vie à des millions d’Algériens». Il s’agit de sa cliente, Mme Touabi. Cette dernière ne comprend pas comment du statut de dénonciatrice, elle se retrouve parmi les prévenus, poursuivis pour, entre autres, «dilapidation de deniers publics, violation de la législation des marchés publics et perception illicite d'avantages ». «J’étais membre de la commission qui était en contact avec les laboratoires devant approvisionner l’Algérie en vaccin contre la grippe porcine. A notre grande surprise, nous avons découvert que ces vaccins n’étaient pas valables, d’où le rapport que nous avons transmis à notre tutelle. Suite à cela, on m’a informée que j’étais suspendue de mes fonctions. Pourquoi ? Tout simplement parce que j’ai refusé de porter mon visa sur le rapport stipulant que les vaccins sont conformes. Notre ministère de tutelle était au courant de cette situation. Mais aucune réaction de sa part n’a été enregistrée », témoigne Mme Touabi, à la grande stupéfaction de l’assistance. Le courage d’une femme Mme Touabi mesure ses propos et avance des arguments qui ont laissé perplexe la présidente du tribunal. «Heureusement que les vaccins importés n’ont pas été utilisés, sinon l’Algérie aurait vécu une tragédie.» Cependant, elle n’a pas hésité à pointer un doigt accusateur à l’encontre du directeur adjoint, considérant que ses agissements sont à l’origine de toutes les anomalies et carences enregistrées dans les transactions relatives notamment à l’importation de ces vaccins. Chimiste de formation, la mise en cause dans cette affaire est également docteur en chimie. Elle avait exercé comme directrice commerciale au sein de l’Institut Pasteur de 2002 à 2006. Son audition a permis aux présents de découvrir «la manière avec laquelle était géré un des plus importants centres de santé du pays à l’époque de l’ex-directeur général». Ce dernier, faut-il le noter, est en fuite. Mme Touabi a saisi son passage à la barre pour dire d’autres vérités : «M. Amani Amar n’est pas concerné par les vaccins périmés acquis au gré à gré». L’audition des autres mis en cause dans cette affaire n’a rien apporté de nouveau. Tous les prévenus ont rejeté les chefs d’inculpation retenus contre eux par la chambre d’accusation. Le représentant de la partie civile a indiqué pour sa part que l’institut a subi un préjudice de près de 28 milliards de centimes. La vérité est ailleurs Le réquisitoire du procureur de la République a soulevé l’étonnement de la défense. Cette dernière, composée de près d’une quinzaine d’avocats, s’est interrogée sur quelle base s’est appuyée l’accusation pour faire ses demandes. «C’est une véritable fiction à laquelle nous assistons aujourd’hui. La vérité est ailleurs. Les personnes ici présentes et poursuivies dans cette affaire ne sont que les boucs émissaires de ce scandale, dont les auteurs sont à chercher ailleurs», a lâché un avocat. Les avocats qui se sont succédé à la barre ont tous plaidé l’acquittement de leurs clients. Pour rappel, le représentant du ministère public avait requis tard avant-hier des peines de dix ans de prison ferme assortis d'un million de dinars d'amende à l'encontre des 9 cadres de l'Institut Pasteur d'Algérie (IPA). Le procureur a confirmé l'ordonnance du juge d'instruction relative au mandat d'arrêt lancé contre le P-dg de l'Institut Pasteur qui demeure en fuite. Il est à noter que le verdict de cette affaire a été mis sous huitaine. Les délibérations seront connues mercredi prochain.
A. B.

Source : http://lesoirdalgerie.com/articles/2010/10/02/article.php?sid=106775&cid=2

Category : CORRUPTION EN ALGERIE - 2 | Write a comment | Print

Comments

Verite IPA, le 31-10-2010 à 23:32:54 :

Verite sur le scandale des vaccins perimes

Voir les infos sur le site suivant http://verite-scandale-ipa.com/live/index.php

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