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 HAMMAMS : Entre hier et aujourd’hui !

18/10/2010

hammamHAMMAMS : Entre hier et aujourd’hui !

L’origine du hammam remonte à la nuit des temps. Avec l’expansion de l’Islam au cours du moyen-âge, et surtout sous les Omeyyades vers les XIIe et XIIIe siècles, les hammams ont vu le jour en Andalousie, en Afrique du Nord, en Égypte, en Iran… à Bagdad. Au Xe siècle, on comptait un hammam pour 50 habitants. Istanbul, quant à elle, s’enorgueillit de posséder des milliers de hammams.
Chez nous, La Casbah d’Alger recelait un grand nombre de bains : hammam Sidna, hammam Bab-al-Waâd, hammam Yatû, hammam Al-Saghîr, hammam Bouchlaghem, hammam Bab-Djazira, hammam Sidi-Ramdan… Seuls quelques-uns de ces édifices existent encore.

Rituels du hammam
Très vite, les hammams sont devenus des espaces de rencontre et de détente. Conçus comme les thermes romains : la salle froide pour se déshabiller, la salle tiède pour permettre au corps de s’habituer graduellement à la chaleur et la salle chaude pour la sudation, le rituel du bain passe par plusieurs étapes. Après la séance de sudation, on débute par un gommage au gant de crin (kessa). Puis, on enchaîne sur un bon savonnage. Arrive ensuite la séance de massage dont certaines «tayabate» ont le secret. Suprême instant de plaisir : le moment où l’on regagne la salle de repos. On peut alors se relaxer, siroter un thé à la menthe, se désaltérer avec une boisson fraîche et même piquer un petit somme. Ne pas hésiter à faire appel aux mains expertes de la «tayaba» pour un massage hydratant à base d’huiles parfumées. Fermez les yeux : décollage immédiat vers le paradis ! On raconte que jadis, c’est au hammam que l’émissaire du sultan allait débusquer les plus jolies femmes pour «orner» son harem. Aujourd’hui encore, le hammam demeure le lieu propice pour trouver la perle rare. C’est là que les mamans en quête d’une épouse pour leur fils viennent scruter «les zeïnet» à la dérobée. Là, au moins, aucune tromperie sur la «marchandise ». Formes plantureuses ou cadavériques, pas de place pour la contrefaçon ! Les soins du hammam durent de longues heures. Epilation, coloration au henné, gommage au «ghassoul» (argile), massage aux huiles…, le hammam prend des allures d’institut de beauté. Cependant, de tous les rituels pratiqués, c’est celui de la préparation de «laâroussa» qui est le plus populaire. La veille du jour «J», la mariée se rend au hammam accompagnée de ses amies et voisines, les bras chargés de corbeilles garnies de gâteaux traditionnels.

Lieu social
Au-delà de sa fonction purificatrice, le hammam demeure l’espace privilégié des femmes. C’est leur sortie ! Elles aiment se retrouver pour faire peau neuve, papoter, rigoler et oublier, l’intervalle de quelques heures, leurs soucis quotidiens. L’établissement de bains collectifs connu en Méditerranée depuis des siècles a toujours été au cœur de la vie citadine. Une séance de hammam débute dans «bit elberda» (la salle froide ou frigidarium), se prolonge par «bit-el-wastanîya» (la pièce du milieu ou tepidarium) et se termine par «bit-eskhôuna» (la salle chaude ou caldarium). Plonger dans une sorte d’ivresse et de volupté libère le corps de toutes ses tensions. Et l’on se sent légère, légère comme une feuille d’automne virevoltant dans les airs !

Hammams d’aujourd’hui
Les hammams ont perdu leur lustre d’antan. Principal facteur mis en cause : la dégradation du pouvoir d’achat, comme le souligne Djamila, la patronne de hammam El- Hanna (rue Valentin, à un jet de pierre de la rue Didouche-Mourad). Même les jeunes filles qui doivent convoler en justes noces viennent se laver en toute discrétion, sans trompette, ni tambour », nous révèle-t-elle. La tradition veut que la mariée paye pour toutes ses invités. A 150 DA la personne, la facture devient vite salée.» Même si les traditions commencent à partir à vau l’eau, certaines familles font de la résistance. «Il s’agit particulièrement d’anciennes familles algéroises qui tiennent à perpétuer les us et coutumes», explique notre interlocutrice. «Pour l’occasion, le hammam est réservé une semaine à l’avance. La mariée débarque le jour ‘’J’’ avec cousines, amies et voisines les bras chargés de ‘’maqrout’’ et de ‘’cherbet’’. C’est elle qui paye pour chacune d’elles. C’est un rituel qui fait partie de nos us et coutumes.» Signe des temps, les saunas, spa et autres instituts de beauté ont gagné du terrain et conquis le cœur des Algériennes. Même si aujourd’hui, ces nouveaux espaces font un peu d’ombre aux anciens bains maures, une chose est sûre, les femmes n’ont jamais autant pris soin de leur beauté et de leur apparence !
Sabrinal

Source : http://lesoirdalgerie.com

 

Tags : hammam
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