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 Les vrais financiers d'Israël

25/10/2010

pétro dollarsLes vrais financiers d'Israël

Par Ahmed Halli
halliahmed@hotmail.com

Les «djins» s'aviseraient-ils de faire de la politique et de s'emparer des appareils de l'Etat, à l'instar de ce que veulent faire les intégristes humains ? Un «djin» est-il passible de poursuites judiciaires pour corruption et détournement de fonds ?
Et dans l'affirmative, comment l'amener à comparaître devant un tribunal humain ? Ce qui serait une histoire de fou, partout ailleurs, suscite un grand débat ces jours-ci dans le très conservateur royaume d'Arabie saoudite. Un juge de Médine accusé de grivèlerie et de trafic d'influence a trouvé un système de défense inédit, la possession. Il affirme que ce n'est pas lui en personne qui a enfreint la loi (religieuse) qu'il est chargé d'appliquer, mais le «djin» qui s'est emparé de sa personne, pour commettre ses forfaits. Ce juge affirme à l'appui de ses dires qu'il suivrait actuellement une thérapie auprès d'un exorciste légal, un «raki», qui se chargerait d'expulser l'indu et indélicat occupant. A l'origine de cette affaire, il y a un gros scandale de la promotion immobilière dont seraient victimes des centaines de Saoudiens, sans compter des cabinets d'architectes. Le principal auteur de cette escroquerie aurait fui à l'étranger, et c'est lui qui aurait utilisé les services du «djin», pour s'assurer la complicité du juge. Dans tout autre système judiciaire, on pourrait invoquer à la rigueur un dédoublement de la personnalité, mais ce n'est pas le cas au royaume des mirages et des superstitions. La très présente, et très pesante, autorité saoudienne, chargée de pourfendre le vice et de prêcher la vertu, a pris l'affaire à son compte. Elle a mobilisé sur-le-champ les membres de son comité des sorcelleries et sortilèges et les a chargés de procéder à l'interrogatoire. Sous l'autorité d'un président de tribunal, tout à fait régulier, ledit comité a donc organisé une première audience, pour entendre non pas l'inculpé, mais son locataire délinquant et manipulateur. Comme ce n'est pas le premier venu qui peut faire parler un «djin» et lui faire avouer ses crimes, l'audition de l'accusé «par défaut» a eu lieu par l'intermédiaire de l'exorciste attitré du juge inculpé. C'est ce dernier, un «raki» dénommé Faïz Al-Kouthami, qui a confirmé la réalité des faits au quotidien saoudien Okaz. Il a, ce faisant, implicitement établi l'innocence de son «patient», qui serait toujours sous la possession du mauvais génie. C'est encore le plus sérieusement du monde que les «procureurs » ad absurdo auraient établi un procès-verbal de l'interrogatoire du «djin» destiné aux autorités judiciaires compétentes. Déjà régulièrement montrée du doigt pour ses dérapages et ses abus, l'institution de la vertu pourfendant le vice a encore raté une occasion de ne pas sombrer dans le ridicule. Au fond d'eux-mêmes, très peu de Saoudiens se sont lais sés prendre à cette histoire de «djin». Cependant, le dilemme est bien réel et présent : si des citoyens niaient en bloc l'existence des «djin», cela signifierait qu'ils ne croient pas aux mondes invisibles et aux créatures qui les peuplent. Ce qui serait très dangereux au royaume de la foi chevillée au corps, sachant que tout bon musulman doit croire à l'existence de mondes parallèles, même s'il n'est pas féru de science-fiction. Cette histoire ouvre enfin des horizons nouveaux aux délinquants et autres criminels, qui seront tentés désormais de plaider la possession pour se soustraire à la justice. Les plus naïfs des Saoudiens, et ils sont légion, se demandent comment il sera possible de présenter un «djin» devant une cour et d'établir contre lui un acte d'accusation. Comment distinguer un vrai «djin» d'un faux, au cas où le juge de Médine serait déclaré innocent et que son cas ferait jurisprudence ? Autre sujet d'inquiétude : si un «djin» a réussi à subjuguer un croyant aussi haut placé qu'un juge, quel serait le sort de simples citoyens, sachant que les «djin» s'attaquent surtout à ceux dont la foi est plus faible ? Quant aux chroniqueurs saoudiens, c'est une occasion inespérée pour dénoncer indirectement les travers et les dérives d'une société qui persiste à vivre en marge de l'évolution du monde. L'un d'eux, Salah Tariki, met en garde le ministère saoudien de la Justice contre la défiance des citoyens vis-à-vis de leurs tribunaux. Il se demande comment les justiciables s'adresseront désormais à une cour, sachant qu'elle pourrait être «possédée». Comment savoir si c'est un vrai juge qui rend la justice et non pas son «occupant » ? «Si le ministère de la Justice admet le bien-fondé des arguments de ce juge, nos tribunaux risquent de se transformer bientôt en champ de bataille entre les jeteurs de sort et les exorcistes», souligne encore le chroniqueur. Apprenant que le juge de Médine aurait finalement réussi à se libérer du «djin» qui l'habitait, un autre chroniqueur, Abou-Taleb, le félicite et lui souhaite un prompt retour. Il met lui aussi en garde contre d'autres cas de possession qui pourraient survenir dans les autres cours et tribunaux. Plus mordant encore, ce chroniqueur de Riyadh écrit : «J'aurais voulu me rendre à Médine pour déterrer le sortilège qui a atteint le juge, le disséquer et en percer tous les secrets. Mais j'ai dû renoncer, sachant tous les autres sortilèges que je devrais exhumer sur la route entre les deux villes.» Je ne sais pas si les Américains sont superstitieux et s'ils croient aux «djin» qui régentent leurs partenaires en Arabie saoudite et dans le monde arabe, mais ils ont de sacrées formules magiques. J'avais évoqué la semaine dernière la «déception» américaine devant la reprise de la colonisation israélienne en Cisjordanie. À peine ont-ils prononcé le mot que le sortilège a agi : les Saoudiens vont acheter pour plus de 60 milliards de dollars d'armements aux Américains. Combien vont débourser les Arabes lorsque les Américains déclareront qu'ils sont «troublés » par le comportement des Israéliens en Palestine ? Le sortilège est de taille : tous les experts s'accordent à dire que c'est le plus grand marché d'armements jamais conclu par la première puissance mondiale avec un pays étranger. Ne vous inquiétez pas du détail du marché, s'il est question d'armes sophistiquées et permanentes. Israël aura toujours mieux et plus. Pour l'année 2010, l'Etat sioniste devrait recevoir 3 milliards de dollars d'aide militaire US. Sans compter les autres aides qui vont à l'annexion d'autres portions de territoires palestiniens et à la construction de milliers de logements. Selon le journal israélien Haaretz, la construction de logements n'a baissé en réalité que de 16 % à l'ombre du soi-disant gel proclamé par Nathanyahu. Avant d'annoncer ce «gel», le gouvernement israélien a lancé des dizaines de nouveaux sites de construction à l'est du «mur de la honte». Et c'est dans ces sites, au-delà du mur, que les chantiers de construction sont les plus actifs. Devinez qui va payer pour les armes, pour l'entretien des effectifs militaires et pour les constructions ? Et quand vous saurez que les émirats du Golfe comptent dépenser autant que l'Arabie saoudite pour des armes US, vous saurez pourquoi les Israéliens ont encore de beaux jours devant eux !
A. H.

Source : http://lesoirdalgerie.com

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