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 Course pour le pouvoir et défense des privilèges FLN : la guerre des clans fait rage.

25/10/2010

FLNCourse pour le pouvoir et défense des privilèges FLN : la guerre des clans fait rage.

 L’attachement aux postes de responsabilité conduit parfois à la violence. Certains cadres dirigeants, au niveau national comme au niveau local, ne se gênent plus pour employer la force.

Kasmas saccagées, militants tabassés, responsables contestés. Le FLN est en pleine agitation. Depuis quelques semaines, il vit une situation convulsive qui nous rappelle l’«opération dobermans» qui avait enclenché le mouvement de redressement, en 2003, contre l’ancien secrétaire général destitué,  Ali Benflis. Des responsables au parti, des sénateurs, des maires et des élus locaux descendent dans l’arène pour défendre leurs «intérêts et privilèges». Pour ce faire, ils n’hésitent pas à user des procédés les plus violents. Les rivalités et les désaccords tournent parfois au vinaigre. Ce qui s’est passé, il y a quelques jours, à Annaba illustre on ne peut mieux cet état d’esprit qui règne désormais au sein de l’ex-parti unique. L’attachement aux postes de responsabilité conduit parfois à la violence. Certains cadres dirigeants, au niveau national comme au niveau local, ne se gênent plus à employer la force des baïonnettes pour y rester.

C’est ce qu’a tenté de faire le sénateur FLN, Mohamed Salah Zitouni, jeudi dernier à Annaba, après avoir perdu «sa» mouhafadha par décision de justice. Son statut de membre de la chambre haute du Parlement ne l’a pas empêché d’être dans le feu de l’action et de diriger une meute de jeunes contre le siège de la mouhafadha dans le but de déloger les «indus occupants».
Ainsi, au FLN, la violence semble érigée en un véritable acte de militantisme. C’est le moyen le plus en vue des «militants», voire de «prestigieux» cadres dirigeants pour exprimer leur désaccord ou leur mécontentement. Cette lutte «fratricide», qui semble à ses débuts, a déjà fait couler le sang de quelques militants.
Samedi dernier, la kasma de Hydra s’est transformée en champ de bataille entre deux «clans» rivaux. Le pire a été évité de justesse par l’intervention des services de l’ordre.

Les affrontements qui ont secoué la paisible ville de Hydra se sont soldés par plusieurs blessés. Comme à Annaba et Alger, le renouvellement des instances régionales et locales du parti, dans d’autres wilayas, se fait à coups de poing. De Bouira à El Oued en passant par Oran, les séances dédiées à l’installation des nouveaux responsables des kasmas et des mouhafadhas tournent à la violence. Une violence qui déborde souvent sur la voie publique.
Ces tiraillements, qui n’ont jamais quitté le parti depuis le mouvement de redressement de 2004, s’accentuent à l’approche des échéances électorales de 2012. La guerre des listes de candidatures semble déjà commencée, provoquant une situation explosive au sein du parti. Principal appareil du pouvoir, le FLN permet un accès rapide et facile au «pouvoir électif» qui ouvre la voie à toutes sortes de privilèges. Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du parti depuis le 8e congrès, dit rassembleur, de 2005, a toujours considéré ces troubles comme «un signe de bonne santé» du FLN.

Pour lui, les contestations et les affrontements entre militants n’expriment nullement un désaccord politique. Mais nombre de militants et de hauts cadres du parti estiment que le FLN traverse actuellement une «crise morale» qui nécessite un traitement «urgent». Il ne peut y avoir, selon eux, de renouvellement des instances du parti sans que les conditions soient réunies. Ils dénoncent par là même la cooptation, l’exclusion et une mainmise de Belkhadem sur le parti.
Certains parmi les cadres du parti mènent actuellement un mouvement de redressement pour remettre le FLN sur les rails. Se sont ralliés à ce mouvement des ministres, des députés et des sénateurs. Y figurent aussi d’anciens collaborateurs de Belkhadem comme Saïd Bouhedja, ex-porte-parole du FLN. Ce mouvement va-t-il durer ? Sera-t-il appuyé et soutenu par d’autres cadres militants en désaccord avec la direction actuelle ? S’agit-il d’une contestation interne ou d’un mouvement politique plus global, en précision de probables futurs changements politiques ? Autant de questions qui méritent d’être posées tant le FLN, principal appareil du pouvoir, est au centre des luttes claniques.  

Le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, risque de partir de la même manière qu’il est arrivé, au lendemain de l’élection présidentielle d’avril 2004.

C’est un peu l’arroseur arrosé. Mais on n’en est pas encore là ! La stabilité du parti, qu’il ne cesse de mettre en évidence à chacune de ses sorties médiatiques, n’est qu’un mirage. La réalité est poignante. Le spectacle qu’offre l’ex-parti unique à travers les affrontements dans plusieurs de ses mouhafadhas et kasmas (structures locales), dont la plupart n’ont pas été structurées depuis le dernier congrès du parti, est désolant. Les batailles rangées entre militants, que Belkhadem qualifie cyniquement de «signes de bonne santé du FLN», montrent plutôt l’étendue du désastre politique dans lequel sa formation a plongé le pays.

Après avoir régenté le quotidien des Algériens et géré l’Algérie avec le résultat que l’on sait, l’ex-parti unique est revenu aux commandes avec une majorité au Parlement, à l’issue des élections législatives de 2002. Certains même pensaient qu’il se serait amendé ! Mais en 2003, à la veille de l’élection présidentielle, Belkhadem et son groupe, dont quelques membres sont aujourd’hui ministres, orchestrent un mouvement de «redressement» à partir de la ville de Djelfa pour renverser la direction de l’époque, menée par Ali Benflis, candidat alors à la magistrature suprême. Ce n’est qu’à l’issue du kafkaïen scrutin présidentiel de 2004 que Abdelaziz Belkhadem s’empare du pouvoir et organise son propre congrès pour officialiser son «coup d’Etat».


Il a eu même à chambouler l’organigramme du parti pour créer un poste de président d’honneur dont le bénéficiaire est le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Pensait-il ainsi se prémunir d’un éventuel retournement de situation ? Mais l’affaire des dobermans a fini par le rattraper.  Après le «coup d’Etat scientifique» mené par Abdelkader Hadjar et Abderrahmane Belayat contre Abdelhamid Mehri, en 1996, et «le mouvement de redressement» de 2003, peut-on déduire, à la lumière de ce qui se passe ces jours-ci dans la maison FLN, qu’un autre putsch est en préparation ? Tout porte à le croire. Les mêmes ingrédients qui avaient mené, il y a sept ans, au renversement de Benflis sont réunis aujourd’hui pour pousser vers la porte l’actuel secrétaire général du parti. On sait à présent que l’enjeu de 2004 était l’élection présidentielle. Que cachent alors les remous que vit la formation de Belkhadem ces derniers jours ? Il est certain que la bataille qu’ont engagée les détracteurs du secrétaire général n’est que le prolongement de la crise que connaît le FLN depuis 2003, mais les contours et les objectifs de la violente contestation qui cible la direction du parti demeurent difficiles à cerner.

Cela pourrait être l’attrait des élections législatives et locales, qui auront lieu dans un peu plus d’une année, qui en serait la cause. Mais une chose est sûre, si le FLN est, encore une fois, dans l’œil du cyclone, c’est parce qu’il a cette particularité d’être à la fois au cœur du système et l’instrument de ce dernier. Des exemples : l’éviction en 1996 de Abdelhamid Mehri avait pour objectif de changer la ligne politique du parti qui avait été parmi les signataires du contrat de Rome ; le putsch contre Ali Benflis en 2004, c’était pour lui barrer la route d’El Mouradia.


Sa récupération par Belkhadem et le fait de créer le poste de président d’honneur confié au chef de l’Etat obéit aussi à des impératifs. Le FLN est tout simplement ce qu’il a toujours été, un outil de pouvoir. Dans un contexte caractérisé par une absence totale de démocratie, à peine si l’on tolère l’existence de partis politiques, il n’est pas exclu que l’ex- parti unique soit aussi programmé pour une autre tâche. Laquelle ? On ne le sait pas encore. Sauf que sa énième reconfiguration ne se fait pas sans heurts. Comme d’habitude, dans la violence qui n’a d’égale que les appétits qui la motivent.                                                
 
Said Rabia

Source : http://elwatan.com

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