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 Les élites face à la crise : Que peuvent faire les élites dans une telle situation ?

31/10/2010

Les élites face à la crise : Que peuvent faire les élites dans une telle situation ?

Par : Dr ahmed benbitour . Liberté 28 octobre 2010

Il y a toujours l’attitude qui consiste à dire : “Après tout, c’est le pouvoir en place qui a créé la crise, il n’y a qu’à se débrouiller avec” et attendre en y allant doucement par la recherche d’une légitimité hypothétique qui viendrait des élections. Le changement ne peut venir d’élections organisées au profit du régime en place !
Il faut s’inspirer de l’expérience de 1954 et innover en matière d’organisation du travail politique, innover en matière d’instruments du changement et parier sur de nouvelles forces.

Bien entendu, cela commence par la constitution d’une élite (voir la première chronique).

L’innovation en matière d’organisation du travail politique peut venir de l’utilisation des possibilités offertes par les Nouvelles Technologies de l’Informatique et des Télécommunications : réseaux sociaux, facebook, Internet, youtube, etc.

L’innovation en matière d’instruments du changement peut se résumer en cinq éléments :

1. Une force motrice : c’est un discours politique mobilisateur qui explique clairement l’inéluctabilité du changement et qui définit le choix devant lequel se trouve la Nation algérienne : se taire aujourd’hui et subir le changement dans le désordre avec tous les risques de dérapages, ou se mobiliser dans le calme et la sérénité, identifier les problèmes et se préparer à les résoudre, concevoir le changement dans le long terme au bénéfice de tous.

2. Une vision qui expose la situation de l’Algérie d’aujourd’hui, avec tous ses risques et ses dérives et qui donne les contours de sa mutation grâce au changement proposé. De même qu’une feuille de route qui explicite clairement les missions et les étapes de mise en œuvre du changement, ainsi que les engagements des différentes parties prenantes au changement et le système de contrôle et de validation.

3. Un leadership collectif, capable de donner un sens au changement, de réaliser le consensus et de mener rapidement l’Algérie vers la prospérité. Il ne pourra être constitué que de compétences nationales de très haut niveau, avec à leur tête un groupe de personnalités respectées, réfléchies, visionnaires et au-dessus des partis, des clans et des intérêts privés.

4. Un certain nombre de personnalités et/ou de groupes d’appui ayant une présence de caution au sein de la société et disposant d’une respectabilité pour soutenir le leadership et la stratégie d’implantation du changement.

5. Les réalisateurs du changement seront des personnes qui assureront la préparation, la coordination et la mise en œuvre du changement dans tous les secteurs.

Le pari est à faire sur les compétences nationales aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger pour les engager dans la voie de la résolution de la crise.

Il faut bien noter que la mutation ne nécessite pas le nombre. C’est le respect scrupuleux par tous d’un certain nombre de principes qui assurent le succès.

Il s’agit de :

1. L’absence totale de violence, ni dans le verbe ni dans l’acte, lors des revendications pour enlever au pouvoir le justificatif de la répression.

2. La clarté intellectuelle, même si elle présente un grand défi pour le pouvoir avec les risques de répression.

3. La culture démocratique dans le travail au changement : le pouvoir de bas en haut et le respect des règles d’alternance.

4. Les principes démocratiques fondamentaux sont un garant du succès, d’où, il est impossible de réussir en utilisant les méthodes autocratiques.

5. Les forces du changement commenceront en petit nombre qui grossit au fur et à mesure par les relations directes avec la base, le lancement des idées et en présentant une alternative crédible.

6. Plus les gens se mobiliseront autour du changement plus le pouvoir en place perd confiance et se prépare à la négociation d’une sortie honorable.

7. Il faut qu’une personnalité assume le leadership et prenne la tête du mouvement pour le changement.

Les missions pour les élites reconstituées dans la voie du changement sont ainsi clairement définies :

1. Intérioriser la nécessité du changement dans le calme et la sérénité pour sauver la Nation algérienne.
2. Travailler à l’élaboration de la force motrice et de la vision.
3. Travailler à l’établissement d’un consensus pour un leadership assumé.  4. Repérer les personnalités d’appui.
5. Repérer les réalisateurs du changement.

Après cela définir une stratégie de communication qui doit comprendre deux premières étapes probatoires : la première consacrée à l’éducation citoyenne ; la deuxième à l’appel à l’imputabilité (accountability ou moussaala).

C’est le sens du travail que j’ai lancé depuis novembre 2009 (voir www.cicc-dz.net ).

Les élites ont perdu l’opportunité d’assumer le leadership du lancement de la Révolution de Novembre, elles continuent à le payer jusqu’à aujourd’hui. Si elles ratent une opportunité de prendre le leadership du changement, aujourd’hui, ce sera la marginalisation définitive !

Source : http://www.lequotidienalgerie.org/

 

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