La traduction et l’achat des droits sont perçus comme des difficultés devant l’évolution de l’édition de livres en Algérie. » terres d'islam | Bloguez.com

 La traduction et l’achat des droits sont perçus comme des difficultés devant l’évolution de l’édition de livres en Algérie.

3/11/2010

salon livre AlgerLa traduction et l’achat des droits sont perçus comme des difficultés devant l’évolution de l’édition de livres en Algérie.


Le romancier Abdelkader Djemaï a confié, lundi soir, lors d’une conférence sur «Le fonds éditorial, préservation et pérennité», au 15e Salon international du livre d’Alger (Sila), qui se tient à l’esplanade du complexe sportif Mohamed Boudiaf, qu’il a, à chaque fois, honte lorsque est posée la question sur la traduction de son œuvre du français à l’arabe. «Je suis étonné qu’on ne soit traduit ou réédité en Algérie», a-t-il dit. Au début 2010, les éditions Barzakh ont publié un volume de trois romans de Abdelkader Djemaï : Camping , Gare du Nord  et  Le Nez sur la vitre . Le volume contient également une nouvelle. Après avoir salué cette initiative, le romancier a trouvé curieux que les œuvres des Algériens à l’étranger soient quelque peu ignorées dans le pays d’origine.  L’édition, selon lui, est une affaire de privés. «L’Etat doit s’occuper de diffuser le livre algérien. Il y a de gros efforts à faire au niveau de la traduction.

L’Etat doit créer un fonds de traduction. A partir de là, il y a aura sélection d’œuvres qui mériteraient d’être traduites», a-t-il poursuivi soulignant que la littérature algérienne écrite en français est un patrimoine à partager. Lors des débats, le journaliste Hocine M’zali a révélé qu’un de ses ouvrages a été «écarté» de la traduction lors de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe» en 2007. «C’est la censure par le refus de traduction», a-t-il ironisé. Chose quelque peu démentie par le critique, romancier  et traducteur Mohamed Sari. «A l’époque, nous n’avions pas assez de traducteurs pour traduire à l’arabe plus de 300 ouvrages», a-t-il dit. L’ex-responsable de l’Entreprise nationale du livre, Hassan Bendif, qui vient d’être nommé directeur du nouveau Centre national du livre (CNL), a estimé qu’il était difficile d’acheter les droits des éditeurs algériens qui publient à l’étranger. «Nous voulions rapatrier éditorialement parlant les auteurs qui étaient à l’étranger. Nous nous sommes heurtés à une incroyable muraille. Les éditeurs français notamment ne voulaient pas nous céder les droits », a-t-ilsouligné. Il a cité le cas des éditions le Seuil qui a refusé de vendre les droits des œuvres  de Kateb Yacine et de Mohamed Dib.

Seuls les éditions Dahlab ont pu acheter les droits de publier en Algérie certains titres de Kateb Yacine comme Nedjma. «Mais en quantité limitée», a-t-il ajouté. «Je n’ai jamais ressenti de gêne d’écrire en arabe ou en français. J’ai le complexe de Dib», a-t-il déclaré. Selon lui, Mohamed Dib méritait amplement le prix Nobel de littérature. Waciny Laâradj a, pour sa part, estimé que la publication d’œuvres complètes doit être prise en charge par des professionnels.
Il a appelé à ce qu’une ou deux maisons d’édition se spécialisent dans ce genre de publication. Au cours des débats la problématique de la distribution du livre a été sommairement évoquée. Un jeune originaire de la ville de Sedrata, dans la wilaya de Souk Ahras, a regretté que les deux librairies de la ville soient vides. «Nous ne recevons jamais de livres originaux nouveaux. Tout ce que nous trouvons ce sont des copies de livres », a-t-il constaté. Mais la diffusion doit-elle être que l’affaire des éditeurs ? Pas de réponse pour l’instant. Au chapitre des nouveautés,  les éditions Chihab viennent de publier le premier recueil de nouvelles de Tarek Taouche,  Schyzos, petites histoires de gens lambda.

«Nous publions aussi un recueil collectif,’’ Scandales’’  écrit par plusieurs auteurs comme Wahiba Khiari, Kamel Daoud, Aziz Chouaki, Yassir Benmiloud et d’autres. C’est une manière d’explorer le côté sulfureux du scandale. C’est un exercice que nous avons commencé l’an dernier avec un recueil autour du thème de l’anniversaire. C’est une manière de célébrer les vingt ans de notre maison d’édition», nous a déclaré Yasmine Belkacem Alik, responsables à Chihab éditions. Selon elle, cette expérience sera renouvelée chaque année avec des écrivains différents.
Cette maison d’édition a également publié Les 50 ans du cinéma Maghrébin,  un essai de Denise Brahimi et publiera, après le Sila, le nouveau roman de Djamel Ferhi, Le bunker.
«Un roman sur la réalité des jeunes Algériens, demandeurs d’asile en Europe », a précisé l’éditeur. Dalimen, de son côté, continue à s’intéresser à la bande dessinée. « Nous venons de publier une biographie en BD sur Redouane Assari et sur Haroun conçues par Omar Zelig ainsi qu’un récit de Fadéla M’Rabet ‘‘Alger, un théâtre de revenants’’», nous a dit Dalila Nadjem, directrice des éditions Dalimen.  Les amants de Padovani  de Youcef Driss est de nouveau publié chez le même éditeur ainsi qu’un ouvrage de l’Association nationale de l’insertion des enfants trisomique (ANIT).            

Fayçal Métaoui

Source : http://elwatan.com

 

 

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