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 IRAN, ISRAËL, ETATS-UNIS - La guerre des trois aura-t-elle lieu?

4/12/2010

IranIRAN, ISRAËL, ETATS-UNIS - La guerre des trois aura-t-elle lieu?

09 Octobre 2008

Les Iraniens tiennent à leur programme nucléaire civil et comptent aller jusqu’au bout

"Nous sommes à la veille d´une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel ordre mondial." David Rockefeller (dirigeant d´Esso et de la Chase Manhattan Bank)

La crise financière n´est pas encore terminée que le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ouvre un nouveau front, il a exhorté Israël à ne pas lancer d´attaque contre l´Iran: "Je sais qu´en Israël, et dans l´armée israélienne, il y a ceux qui se préparent à une solution militaire ou à une attaque afin de faire cesser le programme nucléaire iranien", dit-il dans une interview au journal israélien Haaretz de dimanche. "A mon avis, ce n´est pas la solution", ajoute-t-il, tout en jugeant "absolument inacceptable" l´idée de voir Téhéran se doter de l´arme atomique. Pour lui, l´idée d´une attaque israélienne représente un "danger" et il faut continuer à privilégier " le dialogue, le dialogue et encore le dialogue."(1)

"Il n´est pas fréquent, écrit Pierre Haski, que le ministère des Affaires étrangères publie un communiqué pour corriger une erreur phonétique. Dimanche, le Quai d´Orsay s´est fendu d´un tel message parce que Bernard Kouchner, s´exprimant en anglais, a avalé un "h" dans une interview au quotidien israélien Haaretz, qui a entendu " eat" (manger) à la place de "hit " (frapper). " Le ministre des Affaires étrangères et Européennes, Bernard Kouchner, tient à préciser que, durant son interview en anglais avec les journalistes du Haaretz, publiée le 5 octobre, il a utilisé le mot " hit " et non " eat " à propos d´une hypothétique réaction israélienne s´agissant de l´Iran. Il évoquait, en effet, l´éventualité d´une frappe israélienne destinée à empêcher l´Iran de se doter d´une arme nucléaire."(2)

"On se souvient du vacarme provoqué par son évocation de la " guerre " (il faut se préparer au pire, c´est-à-dire la guerre), il y a un an, qui avait nécessité une mise au point présidentielle. Frapper l´Iran, ou l´avaler "? Il y a certes une différence dans la graduation de l´éventuelle riposte israélienne...Dans cette interview à Haaretz, il demande simplement à Israël de laisser du temps à la diplomatie face à l´Iran avant de passer à l´acte, même s´il exprime une certaine lassitude face au fait de négocier -mais avec qui? "... Mais surtout, il semble en savoir long sur les plans israéliens pour une action qu´il qualifie de " vaste et importante ": Il souligne que si les renseignements israéliens estiment que l´Iran sera doté de la bombe en 2009 -ce qui rendrait une attaque préventive très proche-, les renseignements français font une estimation un peu plus longue: deux ans de plus, dit-il. Il est difficile de savoir ce qu´il pense vraiment, en particulier s´il cherche réellement à dissuader Israël d´attaquer l´Iran. Il dit dans le même souffle: une bombe iranienne est inacceptable; les négociations ne mènent nulle part mais il faut continuer; la guerre n´est pas une solution, mais...Conclusion? Au moins l´Iran sait-il avec précision, ce dimanche, que Bernard Kouchner ne lui prédit pas qu´il sera "mangé" par l´Etat hébreu, mais simplement frappé. On y voit plus clair".(2) On est tenté de dire que Kouchner- et ce n´est pas la première fois- joue au pompier pyromane. Il appellerait de ses voeux une frappe. "Tout le monde le sait", a déclaré M.Kouchner. Le ministre français a également estimé que la production d´une première bombe atomique par l´Iran ne dissuaderait pas Israël d´agir.(3)

La crise du nucléaire iranien impose de "se préparer au pire", selon Bernard Kouchner, le va-t-en guerre sans frontière. Mieux encore, le président français a évoqué à l´époque, la possibilité de bombarder l´Iran si on ne veut pas accepter la bombe iranienne. Attaquer l´Iran vise en réalité à contrôler l´ensemble du pétrole du Moyen-Orient, comme de la planète, d´ailleurs. Pour permettre aux USA d´exercer un chantage sur l´approvisionnement pétrolier des rivaux: Europe, Japon, Chine. Qui veut dominer le monde, doit contrôler toutes ses sources d´énergie. Tous les ingrédients idéologiques pour attaquer l´Iran sont en place. Silencieusement, écrivait Alain Gresh en juillet 2007, furtivement, à l´abri des caméras, la guerre contre l´Iran a commencé. De nombreuses sources confirment que les Etats-Unis ont intensifié leur aide à plusieurs mouvements armés à base ethnique -Azéris, Baloutches, Arabes, Kurdes, minorités qui, ensemble, représentent environ 40% de la population iranienne-, dans le but de déstabiliser la République islamique.(4)

Pourtant les relations entre l´Iran et Israël n´ont pas toujours été mauvaises. Elles sont passées de l´alliance politique étroite entre les deux pays durant l´ère de la dynastie Pahlavi, à l´hostilité après la montée au pouvoir de l´ayatollah Rouhollah Khomeini. L´histoire des Juifs persans est continue et s´étend sur 2500 ans. Une partie de la population juive iranienne réside en Israël. Les plus connus sont l´ancien président d´Israël Moshe Katsav, le ministre de la Défense et ancien chef d´état-major Shaul Mofaz, L´Iran fut l´une des premières nations à reconnaître l´État d´Israël et fut considéré comme son meilleur allié musulman. Cependant, l´Iran et Israël développèrent des liens étroits en matière militaire durant cette période. Un exemple en est le développement de projets militaires en entreprise commune tel le Projet Flower, la tentative irano-israélienne de créer un nouveau missile chiheb-Jericho. Le journal israélien Haaretz révélait en 2006 qu´une société bi-nationale, "Trans Asiatic Oil", livrait alors à l´État hébreu du pétrole iranien. Par ailleurs, l´Iran est suspecté d´avoir acheté aux Etats-Unis des armes pour plus de 2,5 milliards de dollars, par l´intermédiaire d´Israël, au cours de la guerre Iran-Irak dans les années 80 et années 90. Ces ventes d´armes ont été citées dans le scandale de l´Irangate. En 2006, les relations entre les deux pays se tendirent beaucoup, d´abord en raison de l´élection surprise de Mahmoud Ahmadinejad, à la tête du pays. Il paraîtrait selon les médias occidentaux qu´il exprima à plusieurs reprises son souhait que l´État d´Israël, "ce régime occupant Al-Qods qui doit être rayé de la carte", cesse d´exister. Toutefois la citation originale une fois traduite du persan signifierait plutôt: "l´imam [khomeyni] a dit que ce régime occupant Jérusalem doit disparaître de la page du temps. "Ne furent jamais prononcés le mot «carte», ni «rayé».(5)

Deux poids, deux mesures

Chacun sait que Israël fait fi de la communauté internationale et entretient un arsenal nucléaire évalué à 200 bombes en parfaite illégalité et avec la bénédiction des pays occidentaux et de l´Aiea qui ont sanctuarisé ce pays. Autre exemple de cette politique du "deux poids, deux mesures", on apprend que l´Inde - que les Etats-Unis ont choisi d´aider- qui ne veut pas signer le Traité de non-prolifération depuis 34 ans, qui a fait exploser deux bombes, vient d´être absoute à la demande des Etats-Unis Ainsi le directeur de l´Organisation de l´énergie atomique de l´Iran, Mohammad Saeedi, a exprimé dimanche 5 octobre ses inquiétudes, après le régime dérogatoire dont bénéficie l´Inde dans le cadre de l´accord nucléaire qu´elle doit signer avec les Etats-Unis, parlant de violation flagrante du TNP. Il a averti que les pays qui ne sont pas des membres du TNP ne peuvent se servir des privilèges dont bénéficient exclusivement les pays membres du traité rappelant que le NSG (Groupe des 45 pays fournisseurs de technologies nucléaires) interdit formellement de vendre du matériel nucléaire à des Etats non signataires du TNP. Pour que tous ces textes s´appliquent, il a fallu que l´Agence internationale de l´énergie atomique (Aiea) et le Groupe des 45 pays fournisseurs de technologies nucléaires (NSG) acceptent en juillet et en septembre la reprise du commerce nucléaire avec l´Inde. Le NSG et l´AIEA ont, de facto, levé un embargo international, imposé il y a 34 ans à cette puissance atomique militaire depuis ses essais en 1974, puis ceux de mai 1998, et qui refuse de signer le Traité de non-prolifération (TNP).(6)

"En contrepartie, l´Inde va séparer ses programmes nucléaires militaire et civil et placer sous surveillance internationale 14 de ses 22 réacteurs. La France a signé, elle aussi un accord de coopération nucléaire avec l´Inde. Greenpeace a tenu à décrier cette initiative aujourd´hui. Selon l´organisme, cette entente éloignerait encore plus l´Inde des énergies propres et sûres. "Le nucléaire ne va pas résoudre la crise climatique et la question de la sécurité énergétique de l´Inde. Cette technologie agit comme un mirage au milieu du désert: même si la totalité du programme dont rêve le gouvernement indien de construire 40 nouveaux réacteurs en vingt ans, devenait réalité, cela ne permettrait au pays que de réduire très faiblement ses émissions de gaz à effet de serre", explique, dans un communiqué, Vinuta Gopal, responsable de la campagne Climat et Énergie de Greenpeace en Inde. Enfin, il est prévu que "les emplacements nucléaires militaires resteront fermés aux inspections internationales de l´agence onusienne".(6). L´Inde aura donc la liberté de faire ce qu´elle veut. Quand on pense au Pakistan qui ne jouit d´aucun de ces privilèges et qui a une position faible par rapport à l´Inde, on comprend que la technologie nucléaire est interdite au monde musulman. Pendant ce temps, l´Aiea d´El Baradei plane. Elle appelle hypocritement à l´établissement d´une région sans nucléaire au Moyen-Orient. Lors de la 52e Conférence générale annuelle de l´Aiea, 82 pays membres de l´Aiea, ont voté en faveur de la résolution tandis que 13 pays étaient absents, dont Israël et les Etats-Unis. La Conférence générale de l´Agence internationale de l´énergie atomique a souhaité, également, dans sa résolution, le renforcement de son système de contrôle et de sécurité. Cette résolution présentée par des pays occidentaux s´est heurtée à l´opposition des pays arabes et non-alignés, qui accusent les auteurs de cette résolution d´exercer une politique du deux poids, deux mesures, notamment à l´égard du régime sioniste et de son programme nucléaire militaire qui n´a reçu aucune inspection. Le vote, a été boycotté par la plupart des pays arabes qui jugeaient plusieurs amendements trop favorables à Israël. "Comment pourrions-nous approuver un appel à respecter nos obligations internationales alors qu´Israël refuse d´adhérer à tout critère de non-prolifération nucléaire. Cela mine la crédibilité de l´Aiea", a dit un diplomate arabe à Reuters. Pour rappel, la menace contre l´Iran n´est pas nouvelle, mais avant on parlait de guerre à trois. On sait pourtant, que l´option de la guerre avait été évoquée à plusieurs reprises à la Maison-Blanche, même si de nombreux officiers généraux s´y opposent. Le 3 décembre 2007, seize agences du renseignement américain, publiaient un rapport commun. Confirmant ainsi, la perte de crédit de Bush au sein de l´appareil de défense de son pays; pour ce rapport, l´Iran ne cherche plus à se doter de l´arme nucléaire depuis 2003. Il faut savoir: dans l´entourage du Président des Etats-Unis, il existe une coterie liée à Israël et à ses réseaux d´influence, qui pousse à la guerre contre l´Iran. On voit se dresser une offensive de diabolisation contre une autre. Les Israéliens se défendent de bâtir des projets hégémoniques. Pourtant, ils travaillent à étendre leur puissance, sous couvert d´activités économiques, au Kurdistan irakien, dans les pays du Golfe ou en Egypte, avec la même énergie que les Iraniens, sous des prétextes religieux, à travers le monde musulman. Ils attribuent leur hargne contre l´Iran à la crainte de voir ce pays se doter de l´arme nucléaire. Etrange, car le 20 septembre dernier (2007), ils n´ont pas saisi l´occasion qu´ils avaient d´y parvenir à moindres frais. Ce jour-là, une résolution était proposée par l´Egypte à l´Aiea. Elle lançait un appel à "tous les pays de la région (moyen-orientale) pour établir une zone où des armes nucléaires ne seraient ni développées, ni fabriquées, ni essayées, ni acquises..." Plus grave à nos yeux, ni Le Figaro, ni Libération n´ont parlé de ce vote. On le devine, ces journaux auraient été plus diserts sur le sujet si l´Iran avait voté non à la résolution et l´Etat juif oui. Cela en dit long sur une certaine maîtrise du contenu des médias à grand tirage.(7)

Options ouvertes

Un journal écossais déclara en novembre 2003 qu´Israël avertissait qu´il était prêt à entreprendre une action militaire unilatérale contre l´Iran. En décembre 2005, un journal britannique déclara qu´Ariel Sharon, avait ordonné à l´armée d´Israël de préparer des plans d´attaque contre les sites d´enrichissement d´uranium en Iran: "Nous sommes en mesure de traiter cette affaire et nous nous préparons activement à être prêts pour une telle situation."

Le quotidien israélien Haaretz a révélé, le 13 août, qu´Israël aurait planifié une attaque contre les installations nucléaires iraniennes. Mais les Etats-Unis ont fait avorter l´opération en refusant d´apporter une aide militaire à leurs alliés. Israël était prêt à attaquer l´Iran. En mai, l´Etat hébreu était même à un stade "avancé" dans ses préparatifs pour une opération militaire contre Téhéran. Il ne manquait que l´aide des Etats-Unis. Le quotidien israélien Haaretz rapporte qu´Israël souhaitait que George Bush lance une attaque sur les installations nucléaires iraniennes avant la fin de son mandat. Les Etats-Unis partagent l´idée avec Israël qu´"aucun recours ne devrait être écarté", a conclu le ministre de la Défense. Pas même celui à une attaque directe.(8)

Aux dernières nouvelles. Ehud Olmert a eu l´assurance lors d´une visite en Russie que cette dernière n´avait pas vendu de batteries anti-missiles. Dans le même temps, les Etats-Unis dotent l´Etat israélien d´un système de détection de missiles de la dernière génération; ces installations seront placées dans le désert du Néguev et surveilleront, en fait, toute la région. A quoi servent, en définitive, les propos de Kouchner maintenant que Bush s´apprête à passer la main ? Veut-il par ses propos inciter Israël à forcer le destin? Assurément, nous sommes loin de la politique du général de Gaulle qui a le mérite de la crédibilité, en disant les choses comme il faut les dire, quitte à provoquer le courroux des bien-pensants et l´ire de l´Amérique.

(*) Ecole nationale polytechnique

1.Bernard Kouchner invite Israël à ne pas attaquer l´Iran. Reuters 5.10.2008

2.Pierre Haski. «Bernard Kouchner, Israël, l´Iran». Rue 89 05.10.2008

3.Chems Eddine Chitour «Une 3e guerre mondiale se prépare» L´Expression 6 décembre 2007

4.Alain Gresh.. Compte à rebours Le Monde Diplomatique, juillet 2007

5.Relations entre l´Iran et Israël Wikipédia, l´encyclopédie libre.

6.Mohammad Saeedi: la violation flagrante du TNP 05 Octobre 2008http://www2.irna.ir/

7.AlainChevalériahttp://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/

8.Vivien Vergnaud: Iran: Israël aurait voulu frapper JDD.fr Mercredi 13 Août 2008

Pr Chems Eddine CHITOUR (*)

source: http://www.lexpressiondz.com

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