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 PALESTINE, IRAK, AFGHANISTAN, SOUDAN ET CÔTE D’IVOIRE : Les solutions de Lakhdar Brahimi

8/12/2010

Lakhdar BrahimiPALESTINE, IRAK, AFGHANISTAN, SOUDAN ET CÔTE D’IVOIRE
Les solutions de Lakhdar Brahimi

Le comportement d’Israël est inacceptable et l’attitude du Monde arabe qui a abandonné les Palestiniens l’est encore plus.

Une solution pour la Palestine, des prédictions pour le Soudan, un peu de volonté politique pour sauver les Ivoiriens, une paix intérieure en Irak et enfin rattraper l’erreur faite en l’Afghanistan, voilà ce que nous a servi l’invité de la rédaction sur les ondes d’Alger Chaîne III, M.Lakhdar Brahimi.
Grand connaisseur des questions internationales et diplomate aguerri, il est en ce moment le conseiller de Ban Ki-moon.
En visite à Alger, pour participer au forum pour le soutien des détenus dans les prisons israéliennes, essentiellement les prisonniers palestiniens.

Le boycott d’Israël est le dernier recours
En abordant le problème des prisonniers palestiniens, M.Brahimi a souligné qu’Israël ne respectait aucune convention ni aucune loi internationale. Israël ne reconnaît ni prisonniers de guerre ni prisonniers politiques palestiniens.
Le comportement d’Israël est inacceptable et l’attitude du Monde arabe qui a abandonné les Palestiniens, l’est encore plus. «Le Monde arabe s’intéresse de moins en moins à la question palestinienne et au sort des Palestiniens», a déploré M.Brahimi.
Cependant, sur le plan international, c’est le fameux deux poids, deux mesures qui règne, la communauté internationale verse des larmes de crocodile un peu partout pour les droits de l’homme, mais quand il s’agit de la Palestine, on devient aveugles et sourds, et on n’entend pas les cris de ces 17.500 Palestiniens.
«Il faut lever le siège et permettre à Ghaza de redevenir une ville normale. Il faut aussi traiter le problème palestinien». Pour M.Brahimi, Ghaza, est une véritable prison à ciel ouvert. C’est un camp de concentration.
Il n’y a pas de raison pour que le problème palestinien soit le problème qui échappe à toutes les résolutions et à toutes les solutions. Selon M.Brahimi, «il n’y a pas de solution au conflit palestinien parce qu’il n’y a pas de volonté politique à l’échelle internationale, il n’y a pas de soutien conséquent et qui ne soit pas seulement occasionnel, de la part du Monde arabe en particulier».
Brahimi soutient qu’il faut vraiment agir pour qu’il y ait un mouvement de résistance important. Résistance ne veut pas dire militaire, il y a plusieurs formes de résistance, il suffit de définir les moyens les plus appropriés à un moment déterminé.
«A mon avis, maintenant, l’un des moyens et forme de résistance le plus appropriés serait un boycott d’Israël», a précisé Brahimi. Un boycott par les Palestiniens, par le Monde arabe, et par la Communauté internationale, serait donc la solution la plus envisageable, surtout que beaucoup de gens commencent déjà à en parler en Europe et même aux Etats-Unis.
Il faudrait donc que le Monde arabe et les Palestiniens s’organisent de manière intelligente, c’est un travail de longue haleine. Exactement comme ce qui s’est passé en Afrique du Sud, c’est le boycott qui a vaincu l’Afrique du Sud blanche.

La Côte d’Ivoire et le Soudan sont des Etats en ruine
Un autre point et non des plus négligeables, la politique israélienne du fait accompli. Les Israéliens qui sont passés maître dans cet art-là, créent ce qu’ils appellent eux-mêmes, des faits accomplis.
Le fait accompli c’est que cette terre, dont vous parlez est déjà à moi. Et un beau jour, on va se réveiller et il n’y aura plus rien à négocier.
«Je crois que c’est à cela que les Israéliens aspirent, et en réalité, beaucoup de gens se disent, même parmi les Palestiniens, que l’idée des deux Etats est morte, ou est en train de mourir. Même les plus optimistes disent qu’il n’y a pas beaucoup de temps, et si la solution des deux Etats n’est pas réalisée bientôt, il n’y aura qu’une solution d’un seul Etat», a conclu M. Brahimi à ce sujet.
La Côte d’Ivoire se retrouve avec deux présidents, l’un qui s’est autoproclamé et l’autre qui est reconnu par la Communauté internationale. Tout le monde s’attendait et espérait que ces élections allaient résoudre la crise qui sévit dans ce pays depuis dix ans. Malheureusement, on a l’impression que ces élections vont, au contraire, relancer la crise.
La question qui se pose est de savoir si cela va la relancer pour longtemps, car ceci risque d’affecter toute la région. Pour M.Brahimi, des dérapages sont à craindre «mais si la Communauté internationale est unie et qu’elle arrive vraiment à faire preuve de volonté politique, je crois qu’ils peuvent abréger un petit peu la durée de cette crise», a-t-il poursuivi.
«J’ai l’impression que tout le monde est convaincu que les résultats étaient en faveur de Hassan El-Wattara», a dit M.Brahimi.
C’est donc au Conseil de sécurité de parler d’une seule voix, et d’imposer des sanctions. En prenant certaines mesures, ils pourront arriver à une solution et peut-être faire une place à M.Gbagbo.

L’ONU aurait dû discuter avec les taliban
En Afrique, le Soudan organisera le 9 janvier un référendum d’autodétermination du Sud. M.Brahimi prédit à ce sujet «la sécession du Sud, son indépendance. Et j’ai l’impression que ni le Sud ni le Nord ne sont vraiment préparés aux conséquences de cette sécession. Le Sud n’est pas vraiment préparé à s’organiser en un Etat et le Nord n’est pas vraiment préparé à ce divorce».
Pourtant, c’est prévu tout de même depuis plus de cinq ans. Les Accords de Navasha prévoyaient ce référendum et la sécession a été une possibilité. En réalité, la faute est que la rive Nord n’a rien fait pour encourager les gens du Sud à rester dans le Soudan.
Et pourtant, c’était écrit dans l’accord noir sur blanc, ces cinq années devaient être utilisées pour faire apprécier et aimer l’unité aux gens du Sud. «Rien n’a été fait pour cela, et je crois que la sécession est inévitable», a déduit M.Brahimi.
A la suite des élections, une indépendance chaotique s’annonce pour le Sud-Soudan, car c’est une région extrêmement sous-développée, et vu la conjoncture de la région, ainsi que le nombre important des pays frontaliers de ce futur Etat, les choses s’annoncent très mal.
Une révélation, et non des moindres, a été avancée par M.Brahimi concernant l’Afghanistan, «Il y a un échec de la Communauté internationale, des Américains et des Nations unies, il y a eu plusieurs erreurs, mais probablement la grande erreur était de n’avoir pas parlé aux taliban quand il le fallait.» M.Brahimi faisait allusion à la période 2002-2003.
«Maintenant, je pense qu’on finira par leur parler mais cela devient de plus en plus difficile», a-t-il poursuivi. En survolant la situation en Irak, M.Brahimi part de la douloureuse constatation que l’Irak est un pays qui a été détruit, complètement détruit, sous de faux prétextes.
La reconstruction de ce pays, même s’il n’y avait pas d’autres problèmes entre les Irakiens, serait une entreprise de longue haleine. M.Brahimi constate, qu’«entre chiites et sunnites, je pense que malgré quelques efforts et des déclarations bien intentionnées ou pas, les divisions restent très profondes et font craindre qu’il y ait d’autres affrontements entre Irakiens».
Cette situation perturbe toute la région, elle affecte les pays du Golfe, la Turquie, la Syrie, la Jordanie et même l’Arabie Saoudite.
Le plus important maintenant, c’est de trouver comment aider les Irakiens à se mettre debout, et comment recomposer la région pour qu’on ne reste pas éternellement au bord de la déstabilisation, a dit M.Brahimi en conclusion.


07-12-2010 / 09h28
L'Expression

Source : http://www.lexpressiondz.com/article/2/2010-12-07/83514.html

 

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