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 Le monde d’après

13/12/2010

Le monde d’après

Par Soufiane Djilali
En cette fin de 2010, le climat mondial paraît bien inquiétant. Pour l’observateur attentif, les signes précurseurs de bouleversements fondamentaux apparaissent, multiples, répétitifs, touchant à de nombreux domaines et lieux, et le tout avec insistance.
Des changements capitaux vont, à n’en pas douter, survenir et induire un remodelage des rapports internationaux et institué une autre configuration géopolitique dans un proche avenir. L’évolution en cours affecte les racines du monde contemporain et imprimera un nouveau destin à l’histoire des hommes : c’est d’une mutation paradigmatique dont il s’agit ! Il faut bien comprendre que la crise dans laquelle se débat l’économie-monde va au-delà d’une défaillance financière, de dettes souveraines insolvables, de chômage endémique ou d’une désindustrialisation qui ne sont, in fine, que l’expression ultime d’un reflux civilisationnel des pays occidentaux. Les guerres et les tensions en divers points de la planète s’avèrent n’être qu’une vaine tentative pour tenter de remédier au déclin implacable d’un système matérialiste à bout de souffle. Nous entrons dans une ère où progressivement les ressources vitales pour une croissance infinie – absolument nécessaire au modèle mais malheureusement impossible à tenir – s’amenuisent et que l’humanité prend, bien que trop lentement, conscience de l’inanité d’un tel mode de développement.

La fin de l’histoire ?
Le choc du réveil sera bien rude. Par un ironique retournement de sens, l’expression de F. Fukuyama se trouve appelée à une nouvelle vie : «La fin de l’histoire» devra désormais être comprise non pas comme étant la victoire définitive et totale des valeurs occidentales sur le reste de l’humanité mais comme le point final de l’histoire de la civilisation occidentale telle qu’elle a existé depuis près de deux siècles. Précisons, avant d’aller plus loin, qu’il ne s’agit pas ici d’une oraison funèbre ni d’une prophétie millénariste. Cependant, il faut bien reconnaître que jamais autant que ces derniers mois, les intellectuels occidentaux n’ont écrit avec autant de pessimisme ; pessimisme que nous qualifierons ici d’eschatologique. Le thème du déclin, du reflux, de la défaite finale et irrémédiable, revient comme un leitmotiv dans toutes les analyses qui abordent avec sérieux l’avenir de ce monde. Nous aurions tort de n’y voir qu’une éructation de mal-pensants ou de marginaux déprimés. Le thème est devenu prégnant et influe dorénavant profondément la psychologie dominante. Cette dépression, cet effondrement moral, est d’abord dû à la nette perception de l’impasse de l’idéologie matérialiste et consumériste dans ses multiples formes balayant le spectre idéologique y afférant, allant du néolibéralisme au communisme. Le «déchaînement de la matière»(1) a furieusement déshumanisé l’être en le rendant esclave du «Veau d’or». Puis, apparaît, là, à l’horizon, à l’échelle d’une génération à peine, l’annonce de la fin du feu d’artifice. Les plus lucides l’entrevoient et ont peur des ténèbres qui y feront suite. «Ils ressemblent à ceux qui allument un feu. Dès que celui-ci jette sa clarté sur ce qui les entoure, Dieu les prive de la lumière, les abandonne dans les ténèbres et l’incapacité de voir. Sourds, muets, aveugles, ils ne sauraient revenir sur leurs pas» (Coran, S. II, v.17 & 18). Ces versets résonnent bien plus lorsqu’on saura que la civilisation occidentale est fondamentalement celle du «feu» pour reprendre l’expression de Philippe Grasset(2) qui fait allusion à l’instrument thermodynamique(3) ou, plus prosaïquement, à la combustion des hydrocarbures comme étant aux fondations du progrès. Or, à l’échelle globale, et pour le pétrole, nous pouvons dire, avec Richard Heinberg(4) que la «fête est finie». La production des hydrocarbures, après un siècle d’exploitation intensive, devient de plus en plus difficile et de plus en plus onéreuse. Le peak oil a été très probablement déjà dépassé et les tensions sur l’offre vont apparaître très bientôt. Un récent rapport du Pentagone l’annonçait pour 2012 ! Les Irakiens (premières malheureuses victimes d’une liste prévue bien plus longue ?) savent les conséquences pratiques et anticipées d’une telle pénurie : la destruction et la perte de souveraineté. Mais le pétrole n’est pas la seule matière en voie de disparition. D’autres matières premières sont au centre d’enjeux capitaux. La commercialisation des «terres rares»(5) par exemple, dont la production est monopolisée par la Chine, fait déjà polémique. Faut-il parler encore de la réduction de la biodiversité, des ressources halieutiques, des terres fertiles ou de l’eau potable ? Tous susceptibles d’entrainer des conflits locorégionaux dramatiques(6) ! Le technologisme (7) atteint également ses limites. Une récente publication(8) faisait état d’études démontrant les difficultés croissantes et financièrement insupportables pour changer de générations technologiques dans l’aviation de guerre. Cette problématique peut légitimement être élargie à beaucoup d’autres secteurs aussi sensibles. Il se dresse, devant l’humanité, tout comme le «mur de Planck» en physique, un «mur technologique» au-delà duquel il semble être impossible de s’y aventurer ! Jamais dans l’histoire, l’homme n’a eu à faire face à une telle convergence de ruptures stratégiques. Désormais, le progrès matériel et les forces sous-jacentes qui le conduisent et l’animent ont atteint leurs limites. Bien sûr, il reste encore des réserves ici ou là et l’élan, tel celui d’un véhicule lancé à toute allure et à qui on coupe le moteur, ne s’arrêtera pas brutalement. Mais il est irrémédiablement condamné à terme.

L’épuisement de la nature
Il faut bien saisir que toute la civilisation actuelle est fondée sur la maîtrise de la nature et qu’elle ne peut en aucun cas lui survivre, en tous les cas dans sa forme actuelle, si d’aventure celle-ci était épuisée dans ses éléments essentiels au processus «de combustion». Or, il s’avère qu’à plus ou moins brève échéance (2050 ?), la planète ne pourra plus subvenir aux besoins des hommes si elle devait être soumise au même rythme d’exploitation et de prédation que maintenant. La situation décrite par certaines projections est tout simplement épouvantable. La civilisation occidentale a construit un modèle de vie qui non seulement est définitivement hors de portée de 90% de l’humanité mais qui bientôt deviendra impossible même pour les nations les plus riches. L’ironie du sort aura voulu que le matérialisme en tant que mode de vie, philosophie et idéologie de puissance, s’anéantisse, non pas sous les coups portés par un quelconque adversaire mais par épuisement… de matière. La civilisation occidentalo-américaniste qui incarnait jusqu’ici la modernité est en proie à une crise finale qui s’apparentera à une implacable agonie, bien que lente et longue. Sa fin est inscrite dans ses gènes. Le capitalisme et le consumérisme qui lui est consubstantiel exigent, par essence, toujours plus. La nécessité de la croissance impose que la logique du gain supplante celle de la raison et fait que le court terme (à la bourse, dans le commerce ou dans la politique) impose ses priorités au détriment du long terme. Rien ne semble pouvoir être capable d’arrêter la prédation sinon la fin de la nature elle-même. Le drame est que lorsque la puissance politique ne permettra plus d’assurer ce mode de fonctionnement, la puissance militaire prendra le relais, sans sourciller, pour le perpétuer le plus longtemps possible, c’est-à-dire malgré tout, très peu de temps encore. La guerre, pour reprendre le grand stratège militaire prussien, Clausewitz, n’est que la continuation de la politique, par d’autres moyens. Et déjà, des voix de plus en plus insistantes, au sein de l’empire, s’élèvent pour faire avancer le projet de guerre à l’Iran en expliquant froidement que cela permettra au dollar, en pleine déliquescence, de reprendre vie et de faire fonctionner un complexe militaro-industriel aux besoins financiers insatiables, sans compter le contrôle final des ressources pétrolières par les nations les plus puissantes.
La «post-civilisation»
C’est assurément la dimension éthique, c’est le soubassement philosophique, c’est la vision cosmogonique de l’Occident, inventeur de la modernité, qui sont en cause, car définitivement en rupture avec les possibilités du réel. Des deux piliers qui ont eu à porter les lumières, l’éthique et la matière, la première a abdiqué face à l’impérieuse volonté de puissance de la seconde. Le déséquilibre qui en est né a condamné l’ouvrage à une funeste destinée. C’est donc cet effondrement du cadre existentiel actuel qui trouble, et c’est peu dire, l’intelligentsia occidentale. Car plus grave que les difficultés financières et économiques, c’est la débâcle morale de l’Occident qui indique la fin du monde d’aujourd’hui. Il faut dire que c’est cet Occident-là qui a engendré les plus grands massacres de l’histoire mais aussi, en contrecoup, les plus sublimes avancées des droits humains. L’Occident colonisa et extermina(,8) mais il inventa la liberté, la démocratie et les droits de l’homme. Comme pour le pendule : à une oscillation dans un sens, y répond une autre, de même amplitude mais dans le sens contraire ! Mais aujourd’hui, l’équilibre est rompu. Les élites les plus riches, les plus puissantes, se sont détachées de leurs peuples, sont devenues transnationales, répondent à des ambitions mondialistes faisant fi de l’intérêt de la multitude standardisée ou en voie de l’être. Mais à force de tirer sur la corde, à force de réduire la vie à la valeur du gain, l’homme a perdu de son humanité. Il n’en reste plus qu’un individualisme narcissique et destructeur. La volonté de puissance et le «déchaînement de la matière» ont fait basculer le monde dans l’ère de la post-civilisation ! Nous vivons d’ores et déjà dans cette ère sombre où le faux remplace le vrai et où l’injustice se veut justice. La crise multiforme qui s’annonce pour 2011 et surtout pour 2012, même si elle semble d’abord être financière, sera d’une puissance dévastatrice inégalée auparavant. Les pays les plus développés manifestent déjà une épaisse angoisse face à ce scénario par une forme d’agitation chaotique tant politique que militaire. Le retour sur la scène politique de mouvements et partis des droites dures (Tea Party aux États-Unis, partis de la droite nationaliste xénophobe et souvent islamophobe en divers pays d’Europe) avec un questionnement identitaire fiévreux, signifie la perte de confiance en soi, la perception d’un péril interne imminent, la remise en cause de son être et de ses valeurs fondamentales. Censée être fondée sur la démocratie, le respect des droits de l’homme et la liberté, la justice, l’Etat de droit etc, ces merveilleux idéaux, la civilisation contemporaine s’est muée en une inénarrable fable de La Fontaine : en bout de course (et à bout de souffle), elle se défait lestement de ses oripeaux et prend, sans fard, la forme de la force brutale qu’elle n’avait, au fond, jamais cessé d’être. De la démocratie, il ne reste que les manipulations des lobbies ; de la liberté d’expression que le conditionnement ; de la justice que les lambeaux du droit national ou international. La civilisation occidentale, si chatouilleuse sur les principes avec lesquels elle a fouetté les «barbares» à toute occasion, ferme sereinement les yeux sur les injustices quand cela l’arrange, organise les orgies guerrières pour ses intérêts et baisse lâchement les yeux devant la turpitude et l’ignominie de ses protégés. La déroute est là, sous nos yeux. Le ridicule des affaires médiatiques comme celle des fuites de WikiLeaks, des faux négociateurs talibans en Afghanistan, ou l’humiliante impuissance à riposter face à l’arrogance pathologique d’Israël distrait à peine l’attention de cette déconfiture générale à peine croyable.
Une nouvelle géopolitique ?
C’est dans ce contexte géopolitique que les alliances internationales sont en train de se faire et de se défaire, certains think tanks, à l’image du Laboratoire européen d’anticipation et de prospective( 10), parlent très sérieusement de dislocation géopolitique ! La faillite en cours de plusieurs Etats américains sans compter les municipalités et les grandes villes, fait renaître de vieux contentieux internes, y compris sécessionnistes ! La légitimité des guerres en Afghanistan et en Irak, au lendemain des mystérieux événements du 11 septembre 2001, s’effrite aux yeux de la majorité de la population, ébranlée par tant de versions contradictoires. L’Europe, elle, aux prises d’une dangereuse dette souveraine se met à douter d’elle-même. Certains envisagent l’expulsion du traité de l’Union des plus faibles à l’image de la Grèce, de l’Irlande ou du Portugal, d’autres parlent d’un possible euro à double vitesse, l’un pour les pays du Nord à forte valeur et l’autre pour les pays du «club Med», dévalué. Il n’est pas exclu par ailleurs, que si l’Allemagne n’arrive pas à imposer son «ordre économique» avec des amendements au traité de Lisbonne, qu’elle se défasse elle-même du reste de l’union ! L’UE, pourtant embrigadée dans une doctrine atlantiste, se démène et semble être travaillée au corps par le retour des nationalismes refoulés mais persistants. L’élite politique et technocratique européenne, mondialiste convaincue, est de plus en plus discréditée du fait même de l’échec de ses politiques économiques et de ses compromissions dans des guerres perçues par leurs concitoyens comme illégitimes sinon irresponsables. De son côté, et après son rapprochement avec l’OTAN, la Russie agit en contrepoids aux Etats-Unis en essayant de négocier avec la «vieille Europe» ses ressources énergétiques (essentiellement le gaz) dans le cadre d’un nouveau «design économique» qu’elle veut vendre aux Européens(11). Enfin, last but not least, ce mois de novembre, la Russie – après le Brésil – vient de décider conjointement avec la Chine que désormais leurs échanges seront libellés dans leurs monnaies respectives( 12). Quant à la Chine, ce n’est pas moins que le haut du podium de la puissance économique qu’elle vise. Ses colossales réserves en dollars combleront largement ses faiblesses militaires face aux prétentions de l’ex-hyper puissance américaine. Le monde est désormais menacé de voir s’effondrer la monnaie impériale et les conséquences d’un tel événement seront d’une ampleur gravissime. Les États-Unis, qui veulent désormais se défausser sur leurs partenaires, voudraient bien laisser s’évaporer le dollar en même temps que leurs monstrueuses dettes en se réfugiant dans un «bancor»(13) déjà programmé. Enfin, l’activisme militariste de l’empire américain dissout ses anciennes amitiés et affaiblit ses zones d’influence(14). De toutes les façons, la perte de puissance politique des États-Unis est maintenant palpable. Il suffit de jeter un œil sur leur arrière-cour en Amérique latine (Venezuela, Bolivie, Nicaragua, Brésil…) pour le comprendre. L’incroyable reconnaissance par le Brésil et l’Argentine d’un Etat Palestinien dans ses frontières de 1967 constitue un signal très net de la prise de distance de l’Amérique du Sud d’avec son voisin du Nord. De son côté, la Turquie, membre de l’OTAN, a mis les voiles et semble se libérer complètement du carcan qui lui avait été enfilé depuis le démembrement de son empire au début du siècle passé. Elle retrouve une liberté géostratégique remarquable et opère avec audace vis-à-vis de ses anciennes alliances «contre-nature». Ainsi, elle quitte subrepticement mais avec force conviction, le convoi belliqueux (refus d’ouvrir son territoire aux forces américaines pour envahir l’Irak en 2003 et surtout opposition à la guerre contre Gaza en 2008) et se reconstruit une aire de coopération allant de la Russie et de l’Arménie au Nord, à l’Iran à l’est, à la Syrie au sud et même à la Grèce à l’ouest. Ce retournement diplomatique d’une envergure inégalée a fait que des pays anciennement hostiles lui deviennent amicaux et les anciens amis tels Israël, se muent en ennemis ! Jamais une telle évolution n’aurait été possible sans l’affaissement morale d’une Amérique pourtant encore pour un temps militairement dominante. L’Iran, quant à lui, exaspère autant les États-Unis qu’Israël. Ce dernier ne retrouvera la paix que lorsqu’il aura entraîné la première puissance militaire et allié indéfectible (à la vie à la mort ?), à détruire la «Perse» rebelle même au prix de l’utilisation de l’arme nucléaire. Tout comme il l’avait fait pour l’Irak, duquel il ne reste ni Etat, ni patrimoine, ni souveraineté, ni élite. Et faut-il parler encore de l’Afghanistan, victime expiatoire de ces calculs géostratégiques ? Ou ne serait-ce là que l’exécution d’une volonté «divine» ? «Tu les détruiras entièrement … et tu ne leur montreras aucune pitié… tu détruiras leurs autels… car tu es un peuple saint pour l’Éternel ton Dieu ; l’Éternel ton Dieu t’a choisi pour que tu sois un peuple spécial à ses yeux, entre tous les peuples qui sont sur la surface de la terre… Et tu consumeras tous les peuples que l’Éternel ton Dieu te livrera ; tes yeux seront sans pitié envers eux…» Deutéronome, Chapitre 2(15). Le Monde libre (ou du moins, autoproclamé tel) perd de sa puissance, de sa sérénité et de son assurance. Si la troisième guerre mondiale n’a pas été entamée (que Dieu nous en garde), la quatrième par contre a débuté depuis au moins le 11 septembre 2001. La guerre des monnaies fait rage, le cyberespace devient un champ de bataille ouvert (attaque de virus informatiques destructeurs), espionnage à large échelle, intrusion dans les systèmes de communications de pays tiers, y compris de celui des alliés, le maniement intéressé du Conseil de sécurité, les révolutions «oranges» aux bons «endroits», le remodelage des frontières en Afrique, etc. Et rien ne garantie que des conflits encore contenus pour le moment ne dégénèrent pas subitement (Corée du Nord et du Sud, Colombie et Venezuela, Iran, Liban, Soudan, Sahel…). Aujourd’hui, nous sommes précisément dans cet espace-temps, cet interstice hautement dangereux, qui délimite le début du «désarmement» du pouvoir politique de l’empire mondialiste et la possible mise en œuvre de ses fantastiques moyens militaires pour y pallier. Le choc final n’est pas encore advenu. Mais à l’échelle historique, il n’y aura pas à attendre longtemps. Le fameux site WikiLeaks nous apprend, sans surprise, quelques vérités jusqu’ici bien occultées. Ces fuites (organisées ?), vont avoir l’effet, selon certains commentateurs, d’une bombe diplomatique thermonucléaire(16) ! Si l’on pense que la vérité peut avoir un tel effet, c’est que nous vivons bien évidemment dans un monde totalement faux où les discours sont l’antithèse de la pratique. Quelqu’un a-t-il encore un doute ? Une course contre la montre est engagée. Le reflux de puissance économique sera-t-il plus rapide que la volonté de guerre ou bien y aura-t-il encore suffisamment de marge pour en provoquer une dernière ? Le tableau semble bien sombre. Mais par-delà les funestes promesses, il faut dès maintenant avoir la lucidité de penser au «monde d’après». L’humanité doit retrouver ses repères, son horizon, son chemin. Elle doit rééquilibrer sa vision de l’être. Moins de matière et plus de spiritualité. La sagesse n’est pas le rationalisme matérialiste mais ce message d’espoir pour tous qui libérera l’homme de son «soi» impérieux, de son narcissisme pathologique, et le projette vers une transcendance salutaire. N’en doutons pas, l’homme saura inventer une nouvelle civilisation plus humaine, probablement plus heureuse, car elle se fondera beaucoup plus sur l’être que sur le paraître !
S. D.

Notes de renvoi
1) Philippe Grasset, La grâce de l’histoire, in www.dedefense.org
2) Id.
3) Il est remarquable que Malek Bennabi, l’un des plus grands penseurs algériens du XXe siècle (1905- 1973), place l’œuvre de Denis Papin et de Watt, la machine à vapeur, comme étant le point de départ du processus du développement occidental. Cf. Les grands thèmes, Les conditions de la renaissance ou Vocation de l’Islam. Diverses rééditions.
4) Richard Heinberg, Pétrole : la fête est finie. Avenir des sociétés industrielles après le pic pétrolier. Editions Demi-lune, Collection Résistances, 2008.
5) Terres rares : connus également sous le nom de lanthanides, c’est un groupe de 17 métaux aux propriétés particulières. Nécessaires pour la fabrication d’une série de produits de haute technologie (aimants surpuissants, piles pour les futures voitures électriques, éoliennes, écrans TV, disques durs d’ordinateurs, téléphones portables…), leur production est à 90% chinoise. La Chine vient de prendre des mesures légales pour limiter drastiquement leur exportation, mettant en difficultés plusieurs pays (Japon, États-Unis, etc.).
6) Le Soudan est probablement la première victime de ce type de conflit. La sécession du Sud fait suite à un long travail effectué par Israël avec l’aide américaine. Sont visées les richesses pétrolières et surtout les eaux du Nil. Des documents très précis montrent qu’Israël a joué un très grand rôle dans le processus de désagrégation de l’Etat soudanais. Avec le Darfour (et d’autres richesses du sous-sol), le Soudan est visé par un plan de démantèlement total. Face au Sud-Soudan, l’Ethiopie et le Kenya, tous inféodés aux États-Unis, l’Egypte devra affronter très bientôt l’une des plus grandes menaces sur sa sécurité hydrique.
7) Dimitri Rogozine, homme politique russe, a publiquement employé ce néologisme pour définir la politique occidentaliste, en juillet 2008. In dedefensa. org
8) Voir Ilia Kramik : Le B-52 : l’impasse du progrès technique, texte original : Rianovosti. Cf. www.forum-democratique.com (rubrique «Chronique »).
9) Olivier Le Cour Grandmaison, Coloniser, Exterminer – Sur la guerre et l’Etat colonial— Casbah Editions, Alger 2005 (Fayard, 2004).
10) Lettre ouverte/ Sommet du G20 de Londres : la dernière chance avant la dislocation géopolitique mondiale. www.leap2020.eu
11) Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a proposé à la Chancelière A. Merkel, lors de son voyage en Allemagne, ces 24 et 25 novembre, de reconstruire une nouvelle alliance entre l’Europe et la Russie. Il est connu que l’Allemagne est tournée vers les pays de l’Est dans lesquels elle trouve son prolongement naturel. C’est également ce pays qui a contrecarré le projet du président français N. Sarkozy pour la construction d’une Union pour la Méditerranée.
12) Ces accords ont fait l’objet de très peu de publicité, non pas du fait de leur faible importance mais au contraire à cause d’un effet «domino» extrêmement dangereux pour le système «dollarisé». Cf. Paul Craig Roberts, Le déclin de l’empire américain : la Chine et la Russie larguent le dollar US. www.mondialisation.ca
13) Cf. Rapport du Fonds monétaire international (FMI) du 13 avril 2010. Le bancor est inscrit dans l’agenda de cette institution pour 2018.
14) Voir le Pakistan par exemple mais aussi le Japon !
15) Le Deutéronome est le cinquième livre de la Torah. Des passages répétitifs et insistants sur la «destruction des autres nations» et sur la violence impitoyable à leur appliquer peuvent être cités sans fin. Peut être expliquent-ils l’attitude de l’Etat d’Israël dans son conflit avec les Palestiniens ?
16) Certains partenaires des États-Unis en sont bouleversés. Les Polonais (fervents proaméricains) parlent naïvement de la perte de leurs illusions, les Russes expriment leur perplexité. La France est bien embarrassée. Certains documents sont de véritables «plans de bataille» tel celui établi pour les banlieues françaises pour infiltrer des communautés ou des groupes ethniques, spécialement les quartiers à dominante musulmane. Ne parlons pas du comportement scandaleux des dirigeants arabes qui ont été mis en lumière bien que loin d’être surprenant. Gageons qu’après la stupéfaction, un torrent de réactions dans le monde suivra ces révélations. Cependant, des hommes de premier plan (chefs d’Etat et/ou de gouvernement) ont accusé Wiki- Leaks d’être manipulé au profit d’Israël.
* L’auteur anime une site web : www.forum-democratique.com

Source : http://lesoirdalgerie.com/articles/2010/12/12/article.php?sid=109861&cid=41

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