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 HARRAGA DISPARUS DEPUIS 1992 : 5000 morts en haute mer

23/12/2010

harragaHARRAGA DISPARUS DEPUIS 1992 : 5000 morts en haute mer
21 Décembre 2010

Face au phénomène de l’immigration clandestine, l’Afrique veut, désormais, parler d’une seule voix.

Ils sont 5000 morts à avoir péri en Méditerranée après avoir tenté de rejoindre l’eldorado européen à bord d’embarcations de fortune, révèlent des estimations du Haut Commissariat pour les réfugiés de l’ONU, dont le recensement va de 1992 à nos jours. Ils sont africains, de différentes nationalités, notamment des Algériens. Leurs rêves ont échoué sur les rives nord de la grande bleue. Ce chiffre macabre met à nu l’échec de la politique européenne prônant l’immigration sélective et le tout-sécuritaire et qui a pour corollaire un désastre humanitaire à l’ampleur incommensurable. Face à ce dernier, l’Afrique, avec à sa tête l’Algérie, veut parler d’une seule voix. L’Union africaine aspire, en fait, à créer un centre africain d’études et de recherche sur la migration pour mieux la contenir. Pour rappel, notre pays n’a de cesse de dénoncer le verrouillage de l’accès au territoire européen. M.Benatallah s’est ainsi exprimé lors d’une réunion des ministres en charge de la Migration des pays du dialogue 5+5 qui ont récemment tenu leur 7e conférence. Néanmoins, et pour des raisons de stratégie globale, l’Algérie entend faire de la question de l’immigration clandestine une priorité. C’est du moins ce qui ressort des résolutions prises par les plus grands dirigeants africains, que ce soit à l’échelle internationale ou à l’échelle régionale. C’est que l’Algérie veut participer activement à la résolution de ce problème qui ternit l’image du continent noir et ce, d’autant qu’elle est directement en bute aux flux migratoires qui la traversent à partir de ses frontières Sud. Les premiers afflux de population en provenance des pays limitrophes, le Mali et le Niger, ont été enregistrés dès le début des années 1960 et 1970. Un second mouvement migratoire est intervenu à la fin des années 1980, en raison des conflits au nord de ces deux pays et de la sécheresse qui sévissait dans la région sahélienne.

Depuis lors, les flux migratoires irréguliers n’ont cessé d’augmenter, amenant les autorités algériennes à intensifier les opérations de contrôle de frontières terrestres (7000 km) et maritimes (1200 km) en y affectant des moyens humains et matériels conséquents. L’Algérie attache surtout une grande importance à la coopération régionale dans le domaine de la migration eu égard, notamment à sa position géostratégique au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et de la Méditerranée. C’est que le fléau devient planétaire et est loin de concerner uniquement une nation en particulier. C’est ce que rappelle le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés qui se base sur des informations de la presse et les rapports de police. L’organisme onusien estime le nombre de morts pour la seule année 2007 à plusieurs centaines de victimes. Ces chiffres qui sont rapportés par la revue algérienne El Djeich, dans son dernier numéro qui consacre tout un dossier aux migrations internationales, éclairent, l’on ne peut mieux, le côté sombre de la migration clandestine. Ils sont, en effet, des milliers à tenter d’impossibles traversées. Ils prennent la mer pour franchir des murs couverts de barbelés, il voyagent secrètement dans des containers sans air ou louvoient dans les eaux avec, pour seul moyen de transport, des felouques hasardeuses. Leur traversée tourne souvent au drame. Aucun jour ne passe sans que la presse ne rapporte les photos de centaines d’Africains morts en essayant d’atteindre des cieux plus cléments.
Alors qu’il est difficile d’établir des statistiques fiables, voilà que l’instance onusienne pour les réfugiés signale le drame humanitaire qui a pour théâtre le golfe d’Aden. Cette région est traversée, chaque année, par des dizaines de milliers de personnes fuyant la Corne de l’Afrique (Somalie, Ethiopie...) cette péninsule de l’Afrique de l’Est est ravagée par la guerre civile, l’instabilité politique, la famine et la pauvreté. Nombreux sont ceux qui fuient cet enfer en tentant de rejoindre les côtes yéménites puis les pays du Golfe. Ces situations dominantes dans la Corne de l’Afrique ne sont hélas qu’un aspect des menaces qui frappent cette localité du monde à un moment où les actes de piraterie maritime se sont exaspérés. Cette image noire et dramatique que renvoie l’immigration irrégulière témoigne, l’on ne peut mieux, des limites des mécanismes et des systèmes de surveillance mis en place par les Etats d’accueil. L’on met en cause les mesures répressives mises en place pour parer aux migrations illégales.
Aussi, l’on explique que les résultats obtenus ne sont que partiels et inefficaces du moment qu’ils n’essayent pas de résoudre le problème à sa racine.
Finalement, le problème de la migration en général et de la migration clandestine, en particulier, est plus complexe que ne le laisse apparaître les événements relatés par la presse ou les rapports des gardes-côtes. Il est, affirment les observateurs, une combinaison de conditions politiques, économiques et sécuritaires, voire environnementales, car comme l’affirme le ministre algérien, Abdelkader Messahel: «Il serait vain de croire que le phénomène migratoire, la migration illégale en particulier, puisse être traité efficacement par le seul recours à des mesures restrictives et unilatérales, surtout si elles sont basées sur le tout-sécuritaire».
Un point de vue qui rejoint l’injonction du président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika, qui a estimé que la question des harraga concerne tous les ministères sans exclusive. Le chef de l’Etat a insisté pour que tous les moyens soient mobilisés pour trouver une solution humaine à ce problème.
Dès lors, tous les départements ministériels concernés directement ou non par ce phénomène, doivent contribuer à lui trouver une issue, a-t-il souligné. L’apparition récente du concept d’immigration climatique sur lequel a beaucoup insisté le ministre algérien de l’Environnement et que l’on annonce comme le prochain fléau, atteste que les hommes peuvent migrer pour moult raisons que l’on ne peut confiner dans un seul moule. L’effet de serre et les changements climatiques causent aujourd’hui des catastrophes naturelles, des inondations et autres cataclysmes. La colère de la nature contraint des milliers de personnes à abandonner leurs terres. Bien que le continent noir ne soit pas un des grands pollueurs de la planète, il a adopté sa position commune sur les changements climatiques qu’il a défendue pour la première fois lors du Sommet mondial sur la question qui s’est tenu en décembre 2009 à Copenhague. Cette attitude commune des pays africains face au dilemme de la migration n’est pas nouvelle, puisque en 2006, Alger accueillait la réunion d’experts africains sur la migration et le développement qui a adopté la position africaine commune sur la question pour la défendre lors des rencontres internationales et régionales. Lors de cette réunion, un plan d’action africain sur la migration a été adopté, appelant à traiter les causes sous-jacentes de ce phénomène aux niveaux national, régional et international.
Le but est de parler d’une seule et même voix lors des rencontres internationales, notamment les Sommets «Afrique-Europe» tout en refusant l’idée européenne concernant la création de «centres de transit» pour les migrants au niveau des pays africains et en dénonçant la politique de l’immigration choisie, voire filtrée, recommandée par l’Union européenne.

Salim BENALIA

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Source : http://lexpressiondz.com

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