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 Destitution de présidents du tiers-monde : Mode d’emploi

23/12/2010

Destitution de présidents du tiers-monde : Mode d’emploi

Lorsqu’un chef d’État, notamment africain, dérange l’ordre établi et met en danger les intérêts des grandes puissances, la machine se met en marche pour le mettre hors circuit. Les cas de Laurent Gbagbo et d’Omar El-Bachir en constituent des exemples parfaits, même si les procédés utilisés contre eux diffèrent.

Nonobstant la réputation dont jouit le président concerné sur la scène internationale, dictateur ou démocrate, les grandes puissances gèrent leurs relations avec lui en fonction de leurs intérêts. En effet, la nature du régime en place est le dernier des soucis des capitales occidentales, lorsque le temps de s’en débarrasser est jugé opportun. Il suffit de prendre connaissance de la gestion des affaires de l’État dans les différents pays africains pour se rendre compte que de nombreux dictateurs exercent en toute quiétude, sans que nul trouve à redire. Soit parce que le pays en question n’offre aucune attraction, car pauvre, soit en raison de la soumission totale de ses dirigeants. Ceci étant, il semblerait qu’un mode d’emploi existe pour pousser les chefs d’État récalcitrants ou qui ne rentrent pas dans le moule, à quitter le pouvoir d’une manière ou d’une autre. À ce titre les cas des présidents soudanais, Omar Hassan El-Bachir et ivoirien Laurent Gbagbo, donnent une idée sur la manière d’agir des puissances. On a recours à des procédés classiques visant à les isoler sur la scène internationale. Si pour le chef de l’État soudanais, la Cour pénale internationale (CPI) s’est chargée de la tâche en l’accusant de crimes de guerre et de génocide, sans succès jusqu’à maintenant car ses pairs africains ont refusé d’exécuter son mandat d’arrêt, pour Laurent Gbagbo, les chancelleries occidentales s’attellent à le pousser dehors pour fraude électorale. Et là encore, on se substitue à une organisation continentale, l’Union Africaine (UA) en l’occurrence, qui est en train de traiter le dossier en collaboration avec la CEDEAO, laquelle a pris des mesures contre la Côte-d’Ivoire. Ainsi, l’Afrique est toujours considérée comme mineure, incapable de régler ses crises. Ignorant la procédure engagée par l’UA, les États-Unis et l’Union européenne décident de sanctions contre la Côte-d’Ivoire, principalement contre Laurent Gbagbo et sa famille, comme l’indique cette interdiction de visa. Il est clair que ce n’est pas de l’avenir des peuples soudanais et ivoiriens que se soucient Américains et Européens, mais bel et biens des ressources naturelles de ces deux pays. Nul n’ignore que ce sont les grandes quantités de pétrole que recèle le Sud-Soudan qui motivent tout ce branle-bas de combat occidental. Pour la Côte-d’Ivoire, outre les nouvelles découvertes d’or noir de plus en plus importantes, il y a le cacao, dont ce pays est le premier producteur mondial, qui fait courir les uns et les autres. L’exemple de Saddam Hussein, que George W. Bush a laissé faire exécuter par Nouri al-Maliki pour s’en débarrasser à jamais, illustre on ne peut mieux la politique occidentale vis-à-vis des pays du tiers-monde. Les défenseurs de l’abolition de la peine de mort, prestes à critiquer les pays où elle est en vigueur, n’ont rien trouvé à redire à ce sujet. Il ne faut pas se faire d’illusions, l’Occident à une politique à deux vitesses quand il s’agit de traiter les affaires des droits de l’homme.


23-12-2010 / 11h01

Source : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=147922

 

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