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 Dépouillés en Europe et revendus 3 fois plus chers à Alger Les cinq vérités sur le florissant trafic de véhicules volés

3/1/2011

vol voitureDépouillés en Europe et revendus 3 fois plus chers à Alger Les cinq vérités sur le florissant trafic de véhicules volés

Plus de 250 «passeurs» ont été interpellés depuis le début de l'année. Le trafic de voitures et de pièces détachées entre Marseille, Londres et Alger est une plaie colossale. Des passeurs sont interpellés presque tous les jours dans le port autonome de Marseille, même cas pour Londres, et bien entendu Alger.

Durant ces six derniers mois, 132 personnes ont été placées en garde à vue, à Marseille, plus de 40 personnes également ont été placées en garde à vue par Scotland Yard, et plus de 86 personnes ont été arrêtées à Alger, dont des douaniers. Petit tour d’horizon d’un trafic très juteux qui commence à s’installer chez nous. Voici cinq vérités sur le florissant trafic de véhicules volés en Europe et vendus à des prix très chers à Alger, la destination finale de ces grosses cylindrées.

1 - Quels sont les véhicules les plus prisés ?

La législation algérienne interdisant désormais l’importation de véhicules de plus d’un an (loi votée en 2005), c’est donc des voitures quasiment neuves qui sont les plus recherchées pour alimenter les réseaux de trafic très actifs à Alger. De la simple Clio au 4x4 de luxe, en passant par la Mercedes ou même les tractopelles, les réseaux internationaux de voitures volées s’intéressent à tout, et n’hésitent pas à envoyer plusieurs marques de véhicules à des clients très spéciaux à Alger. Sans oublier les deux roues, notamment les scooters, très appréciés de l’autre côté de la Méditerranée, bien entendu chez nous. 

2 - D’où viennent ces véhicules et où vont-ils ?

La moitié des véhicules saisis à Alger vient de l’étranger, notamment de pays européens et 80% des passeurs sont marseillais, algériens, anglais et africains. Ils proviennent soit de vols simples, soit de car-jacking ou de home-jacking. Des moyens plus efficaces pour neutraliser sans dommage les systèmes de sécurité de plus en plus performants  utilisés en Europe pour dissuader ces réseaux de trafic.

Les détournements de location de voitures, surtout étrangères, constituent une part non négligeable de ces trafics. Dans 80% des cas, ils sont destinés à l’Algérie et dans 14% à la Tunisie. Le reste étant pour le Sénégal et de façon résiduelle pour les pays de l’Est. Les enquêteurs européens et algériens ont noté que les pics du trafic se situaient notamment pendant les vacances scolaires et lors du Ramadhan.

3 - Comment s’organisent les passages ?

Plus de 60% des véhicules volés sont «simplement» maquillés, faussement plaqués et accompagnés de nombreux faux (carte grise par exemple). Certains trafics sont plus élaborés, comme celui mis au jour en septembre dernier par le groupe «auto» de la sûreté départementale : les malfaiteurs achetaient des voitures à bas prix à des propriétaires complices, lesquels s’empressaient de déclarer le vol pour percevoir la prime d’assurance. A titre d’exemple, une Renault Mégane neuve achetée 3000€ était revendue 12 000 € en Algérie. Enfin, de plus en plus de voitures voyagent en «petits morceaux».  Les pièces détachées sont moins repérables. Moteurs, tableaux de bord et déclencheurs d’airbags se négocient au prix fort.

4 - Qui sont les passeurs?

C’est les derniers maillons d’une chaîne de malfaiteurs très bien structurée. En grande précarité financière, ce sont souvent des chômeurs ou des personnes en situation irrégulière recrutés par le bouche à oreille. A la livraison, le passeur peut empocher une enveloppe de 1000€ pour une Clio et 5000€ pour une berline de luxe.

Une activité grassement payée, qui reste moins dangereuse que le «vol» mais aussi risquée. Certains passeurs, appelés «chèvres» dans le jargon policier, peuvent être sacrifiés afin de détourner l’attention policière et écouler plus facilement le reste de la marchandise. Ces voitures seront par la suite envoyées vers Alger, la destination finale. La plupart des passeurs sont d’origine algérienne, souvent résidant en Europe dans des quartiers dits «difficiles».

5 - Comment s’effectuent les contrôles?

Avec un transit de près de 2500 véhicules par jour en partance pour l’Algérie, les contrôles sont bien ciblés. Un mastic pas d’origine, une peinture pas nette, un homme seul sans bagages dans une voiture neuve… autant d’indices qui peuvent mettre en alerte le policier aguerri. Grâce à cette vigilance quotidienne, le nombre d’affaires a chuté de près de 10% depuis l’an passé sur le Pam. Or, les trafics sont toujours aussi importants. Ils ont juste été délocalisés vers Gênes et l’Espagne.

2 douaniers arrêtés par le GGA pour trafic de grosses cylindrées

Interpellé par Interpol sur une grosse affaire de trafic de véhicules, le Groupement de la Gendarmerie d’Alger a pu mettre fin, il y a quelques jours seulement, aux agissements d’un réseau international composé de plusieurs personnes, spécialisé dans le trafic des véhicules de grosses cylindrées. Le GGA a pu récupérer sept véhicules de luxe. Il s’agit des voitures haut de gamme de la marque Peugeot de type 407 et 406. En plus de la récupération de ces véhicules, le GGF a arrêté également lors de cette enquête, qui faut-il le noter, a pris quelques semaines seulement, trois personnes, dont, deux douaniers du port d’Alger. Ces deux fonctionnaires de la douane livraient de fausses autorisations pour permettre à ce réseau international de faire entrer au pays ces véhicules volés en Europe, notamment en France et en Allemagne sans aucun souci. Tout a commencé lorsque la police internationale, Interpol, a livré des informations à la DGSN sur ce réseau, notamment des renseignements sur le type de véhicules et leurs numéros de châssis. La DGSN a à son tour livré ses informations au GGA qui, à son tour, a pu élucider cette grosse affaire.

Cette collaboration entre les deux corps de sécurité a permis d’anéantir les pratiques illicites de ce réseau spécialisé dans le trafic des véhicules. Ces autos volées dans les pays européens seront vendues en Algérie à des prix extravagants, d’après une source proche du GGA.

La somme sera par la suite partagée entre les douaniers et le reste du réseau. Cela fait des mois que ce groupe faisait entrer en Algérie ce type de véhicule. Face à la très forte demande constatée dans notre pays, les véhicules volés au Vieux Continent seront vendus facilement, malgré le prix fort à payer. Les clients sont souvent de riches personnes qui n’hésitent pas à acheter ces voitures et ce, quel que ce soit le paquet à remettre. Toutefois, l’enquête est toujours en cours afin de démasquer d’autres personnes qui sans doute font partie de ce dangereux groupe. 

7 autres grosses cylindrées volées eu Europe récupérées par la BRI d’Alger

De son côté, la brigade de recherche et d’intervention (BRI) relevant de la police judiciaire de la Sûreté de wilaya (SWPJ) d’Alger a pu démanteler un autre réseau transfrontalier de trafic de grosses cylindrées, selon un officier de cette brigade. C’est au bout de deux mois d’enquête, menée par la BRI vers les wilayas de l’est du pays que le groupe a pu être localisé puis démantelé par cette section de la police nationale.  Il s’agit d’un réseau transfrontalier faisant dans le trafic de grosses cylindrées volées en Europe entre autres, et dotées de faux dossiers de base après leur entrée en Algérie», ajoute cet officier de la BRI. Selon cette source, «sept personnes accusées dans cette affaire ont été présentées devant la justice et placées sous mandat de dépôt. Nous avons par ailleurs sollicité Interpol, leur fournissant les numéros de châssis de ces voitures pour des recherches en vue d’identifier leurs propriétaires et les pays de provenance». La BRI d’Alger a déjà élucidé avant le mois de Ramadhan dernier une affaire similaire ayant touché sept wilayas du pays et récemment démantelé un autre réseau transfrontalier et récupéré 14 véhicules,  rappelle notre interlocuteur.

Cet officier rappelle par ailleurs que la BRI d’Alger a saisi il y a quelque temps 19 kilogrammes d’héroïne pure et traité plusieurs affaires liées au trafic de pièces archéologiques volées à Djanet, de corail et de stupéfiants.«La BRI, créée en 2005 dans le but de lutter contre la grande criminalité dans le cadre du droit commun a enregistré des résultats satisfaisants», note-t-il.  «Parmi nos missions, assister les services de police judiciaire de sûreté de daïra ou autres, et suivant nos prérogatives, et intervenir sur tout le territoire de la wilaya d’Alger. Nous possédons également une section d’intervention», conclut-il.

Par Sofiane Abi

 Source : http://www.lesdebats.com/editionsdebats/101110/nation.htm#2

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