De crainte que les émeutes en Algérie et en Tunisie fassent des émules La Jordanie et la Libye anticipent et prennent des mesures » terres d'islam | Bloguez.com

 De crainte que les émeutes en Algérie et en Tunisie fassent des émules La Jordanie et la Libye anticipent et prennent des mesures

12/1/2011

De crainte que les émeutes en Algérie et en Tunisie fassent des émules La Jordanie et la Libye anticipent et prennent des mesures

12-01-2011

Synthèse de Rabah Iguer

Beaucoup de pays touchés par la hausse des prix des produits agroalimentaires dans les marchés internationaux redoutent que des émeutes éclatent à l’instar de ce qui s’est passé en Algérie et de ce qui se passe encore en Tunisie. Ainsi, la Libye a anticipé et a décidé de supprimer toutes les taxes sur les produits alimentaires. Le gouvernement a décidé de «supprimer les droits de douane et toute autre taxe sur les produits alimentaires, notamment de première nécessité ainsi que sur le lait pour enfants», a déclaré une source gouvernementale libyenne citée par l’AFP, sans préciser si cette décision était liée aux troubles sociaux en Tunisie et en Algérie voisines. La même source a justifié cette mesure par la flambée des prix des produits alimentaires dans le monde, minimisant les recettes tirées par la Libye, riche pays pétrolier, des taxes douanières sur les produits alimentaires. Elle a par ailleurs indiqué que la Libye avait dépensé 6 milliards de dollars en 2010 sous forme de subventions pour les produits de première nécessité ainsi que pour le carburant et les médicaments. 

La baisse des prix, soupape de soulagement
La Jordanie en a fait de même en prenant des mesures «immédiates» pour faire baisser les prix, a annoncé hier un haut responsable, dans un climat de mécontentement grandissant et avant des manifestations prévues vendredi prochain dans le royaume. Suite à des directives du roi Abdallah II, ces mesures «immédiates» visent à «atténuer l’impact de la hausse des prix des produits de base sur le niveau de vie des citoyens», a indiqué ce responsable à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat. Les tarifs des transports en commun, qui devaient augmenter en raison du prix des carburants, seront gelés, a-t-il ajouté. En outre, les prix des denrées, notamment ceux du riz et du sucre, n’augmenteront pas dans les 85 coopératives de l’armée, également ouvertes aux civils. Le manque à gagner sera pris en charge par l’armée, sachant que le bénéfice sur les produits vendus dans ces coopératives est faible, voire nul. Des protestations contre la vie chère, des violences liées aux opportunités de travail et une grogne qui commençait à monter ont poussé l’Etat à annoncer ces mesures. Si certains pays du Sud ont les moyens de faire face à cette flambée des cours des produits alimentaires sur les marchés mondiaux, d’autres risquent de connaître des crises alimentaires graves. Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU qualifie de «très dangereuse» la hausse actuelle des prix des denrées alimentaires qui préfigure, selon lui, une crise alimentaire à l’image de celle de 2008. «Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l’écart entre la réalité de ces stocks et l’évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008», s’inquiète Olivier de Schutter dans un entretien hier au quotidien économique Les Echos. L’explosion des prix alimentaires de 2008 avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde. Selon lui, «quatre-vingts pays environ sont en situation de déficit alimentaire. Une hausse très dangereuse pour ces pays. C’est pourquoi il ne faut pas répéter les erreurs commises il y a trois ans», avertit-il. Les zones les plus menacées par une crise alimentaire sont les pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad) «parce qu’ils sont en situation de déficit alimentaire», assure M. de Schutter. L’augmentation du prix des matières premières agricoles fragilise aussi des pays pauvres comme le Mozambique, «qui ont peu de réserves en devises», ajoute le responsable onusien. Des pays d’Asie centrale comme l’Afghanistan et la Mongolie sont aussi dans une situation «très fragile». La Corée du Nord n’est pas non plus épargnée, assure le responsable onusien. L’indice mesurant les évolutions de prix d’un panier de céréales, d’oléagineux, de produits laitiers, viande et sucre est au plus haut depuis sa création en 1990, a annoncé, la semaine dernière, l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «Aujourd’hui, comme en 2008, il n’y a pas de problème de pénurie. Mais lorsque des informations sur des incendies en Russie, une canicule en Ukraine, des pluies trop fortes au Canada ou autres s’accumulent, certains opérateurs de marché préfèrent ne pas vendre tout de suite, tandis que les acheteurs  cherchent à acheter autant que possible. Si tout le monde fait ça, les prix augmentent», résume M. de Schutter. Il propose d’encourager les pays à reconstituer des stocks alimentaires pour «lisser les prix». «Si les réserves sont gérées avec les organisations paysannes, cela protégera les producteurs et les consommateurs contre des prix très volatils», avance Olivier de Schutter. Il appelle également à imposer davantage de transparence sur les opérations de gré à gré sur les marchés des dérivés où, selon lui, «92% des opérations se déroulent dans l’opacité».

Impacts sociaux de la crise mondiale
Les effets de la crise économiques mondiale continuent à se faire ressentir là où certaines activités délocalisées vers le pays du Sud ferment boutique comme c’est le cas au Maroc.  A ce propos, une journée de soutien aux  1 500 ouvriers marocains du textile, licenciés par une filiale d’un groupe anglais suite à la fermeture définitive de quatre de ses usines dans la ville de Salé (près de Rabat), est prévue le 21 janvier prochain, à l’initiative d’un syndicat marocain en présence de représentants syndicaux étrangers, a-t-on indiqué à Rabat. L’Organisation démocratique du travail (ODT) organisera, à cette occasion, une marche à travers la zone industrielle de Salé pour dénoncer les pratiques abusives des propriétaires du groupe Mornatex, responsable de la mise au chômage, en novembre dernier, de ces travailleurs suite à l’arrêt complet de ses activités dans le royaume, a-t-on ajouté. Depuis cette date, les ouvriers observent des sit-in permanents devant les locaux des usines. Mornatex, filiale de «Courtaulds», spécialisée dans la confection et l’habillement pour femmes, de lingerie et de vêtements pour les grandes enseignes, telles Marks and Spencer, Victoria’s et autres avait décidé, soudainement, de quitter le Maroc pour «d’autres lieux plus attractifs où les responsables offrent de meilleurs avantages fiscaux», ont souligné des syndicalistes. Selon eux, les multinationales installées au Maroc profitent du laxisme et du silence des autorités compétentes pour contourner la loi et quitter le royaume sans la moindre indemnisation.«Depuis le déclenchement de la crise internationale, plus de 50 entreprises ont fermé définitivement leurs portes, entraînant des milliers de postes perdus et de salariés mis au chômages, sans la moindre indemnisation des salariés licenciés», a affirmé un syndicaliste. Les travailleurs de ces usines fermées réclament l’intervention urgente du gouvernement auprès de la direction de la multinationale afin d’éviter un drame avec ses retombées catastrophiques sur le plan social et sur le textile marocain dont le secteur est le plus pourvoyeur d’emplois au Maroc. Pour  les 1 500 travailleurs qui ont diligenté une procédure judiciaire auprès du tribunal de première instance de Salé, «il est inacceptable que les multinationales s’enrichissent au Maroc et le quittent sans s’acquitter de leurs engagements envers les salariés». Le secteur du textile et cuir, au Maroc a enregistré 40% de fermetures d’entreprises, soit 24 établissements entre janvier et juin 2010 et des licenciements atteignant 74,5% des effectifs, soit 5 699 licenciés sur un total de 7 645, selon des chiffres du ministère de l’Emploi marocain. Par ailleurs, une dégradation marquée des exportations du secteur des textiles dont l’activité est orientée à 60% vers l’extérieur a été constatée durant les neuf premiers mois de l’année 2010 par l’Office des changes marocain sur les indicateurs mensuels des échanges. Cette détérioration s’est particulièrement fait sentir du coté des vêtements confectionnés dont les exportations en valeur ont reculé de 8,5% entre les 9 premiers mois de 2009 à 2010, ce qui représente 13,2 milliards de dirhams contre 14,4 en 2009, soit 1,2 milliard de moins (environ 144 millions de dollars), indique l’Office des changes. Ce dernier signale, par ailleurs, que l’indice de la production industrielle textile a viré au rouge ces deux dernières années, s’établissant à moins 2,6% en 2008 et moins 0,9% en 2009.

L’économie marocaine fragilisée
L’activité textile qui reste en tête des produits exportés par le Maroc avec une part de 12,5% à fin septembre 2010 contre 16,9% en 2009, soit une baisse de 4,4%  connaît actuellement, selon les spécialistes, une «descente aux enfers», confirmée à chaque bilan d’étape sur les statistiques économiques et commerciales du secteur. Le textile qui bénéficiait pendant de longues années d’une position fort avantageuse affronte, depuis l’expiration de l’accord multifibres en 2005, une rude concurrence sur le marché européen de la part de produits aux coûts très bas et de qualité en provenance de l’Europe de l’Est et d’Asie. Le textile est, selon des spécialistes, révélateur du retard accumulé par le tissu productif marocain en termes de modernisation des moyens de production, de restructuration et d’intégration des filières. 

R. I

Source : http://www.latribune-online.com/evenement/45692.html

Category : MONDE MUSULMAN | Write a comment | Print

Comments

| Contact author |