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 SITUATION EN ALGÉRIE : L’Europe et l’Amérique s’impliquent

14/2/2011

Algérie manifestationsSITUATION EN ALGÉRIE : L’Europe et l’Amérique s’impliquent

Le monde, qui a regardé le pouvoir algérien déployer massivement, exagérément sa police afin d’empêcher une expression pacifique de citoyens épris de liberté et de démocratie, n’est pas resté insensible, sans réagir. Le département d’Etat américain, le Parlement européen, l’Allemagne et la France ont, chacun de son côté, appelé les autorités algériennes à garantir aux citoyens le droit de manifester publiquement.
Sofiane Aït-Iflis - Alger (Le Soir) - Mauvais points pour le pouvoir algérien qui, le 22 janvier, d’abord, et le 12 février, ensuite, a affiché plus qu’ostentatoirement sa nature répressive. Le président Bouteflika voit ses «amitiés diplomatiques», les vraies comme les prétendues, lui faire le reproche d’étouffer les libertés citoyennes. Le déploiement massif des forces anti-émeutes samedi 12 février pour faire avorter brutalement la marche à laquelle ont appelé les forces démocratiques regroupées au sein de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a fait réagir outre Méditerranée et outre Atlantique. Le département d’Etat américain, à travers son porte-parole Philip Crowley, a appelé les forces de sécurité algériennes à la retenue face aux manifestants. «Nous prenons acte des manifestations actuelles en Algérie et appelons à la retenue les forces de sécurité », a noté Philip Crowley dans un communiqué rendu public dimanche. L’avertissement dit bien son nom. Mais encore plus clairement dans ce qui suivi : «Par ailleurs, nous réaffirmons notre soutien aux droits universels du peuple algérien, y compris les droits de réunions et d’expression ; ces droits s’appliquent sur internet et doivent être respectés.» Le porte-parole du département d’Etat américain a indiqué, en outre, que «les Etats-Unis suivront de près la situation ces prochains jours». Même ton au Parlement européen dont le président Jerzy Buzek a exhorté dimanche les autorités algériennes «à ne pas céder à la violence et à respecter le droit de leurs citoyens à manifester pacifiquement» et a appelé à la libération «immédiate» des manifestants arrêtés samedi lors de la marche interdite de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. Ancien militant de Solidarnosc qui a marqué la Pologne communiste, le président du Parlement européen a qualifié d’«injustifiée » le maintien de l’état d’urgence qui «entrave manifestement les perspectives d’un développement juste, pacifique et durable dans le pays». L’Allemagne et la France, le binôme qui constitue le cœur de l’Europe, ont adressé les mêmes remarques au pouvoir algérien, l’invitant à ne pas poursuivre dans sa politique de répression des manifestations publiques pacifiques. Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a, dans une intervention sur la chaîne ARD dimanche soir, appelé le gouvernement algérien à ne pas faire usage de violence contre les manifestants qui ne font qu’exercer «un droit humain» en exprimant leur opinion. «Le gouvernement allemand appelle le gouvernement algérien à renoncer à tout recours à la violence», a affirmé le chef de la diplomatie allemande, ajoutant qu’«il s’agit de manifestants désireux de liberté, qui ne font rien d’autre qu’exercer un droit humain, à savoir le droit de défendre dignement leur point de vue, c’est pourquoi nous condamnons toute forme de recours à la violence ». Guido Westerwelle a ouvertement pris parti dans ce bras de fer qui oppose le pouvoir autoritaire à l’opposition démocratique. «Nous sommes en tant que démocrates du côté des démocrates. Je l’ai dit en ce qui concernait la Tunisie et l’Égypte. Je le redis maintenant en allusion à d’autres pays.» De son côté, la France a dit souhaiter que les manifestations puissent se dérouler «librement et sans violence» en Algérie. «S’agissant des manifestations organisées à Alger et dans certaines grandes villes, ce qui est important à nos yeux, c’est que la liberté d’expression soit respectée et que les manifestations puissent se dérouler librement et sans violence», a affirmé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, ajoutant : «Nous avons pris note de l'ensemble des décisions annoncées lors du dernier Conseil des ministres du 3 février en Algérie, en particulier la levée imminente de l'état d'urgence et l'ouverture du champ audiovisuel aux différentes sensibilités politiques. Ces mesures, dès qu'elles seront mises en œuvre, constitueront à l'évidence un pas dans la bonne direction pour répondre aux attentes du peuple algérien. » Rappelons que le pouvoir algérien a réprimé à deux reprises des marches pacifiques à Alger. La première fois, le 22 janvier 2011 et, une seconde fois, le 12 février dernier. Pour réprimer la marche du RCD, les autorités ont déployé près de 20 000 policiers dans la capitale. Et pour empêcher la marche de la CNCD, le nombre des forces antiémeutes déployées était encore plus impressionnant. Les organisateurs de la marche parlent de 30 000 policiers. Samedi dernier, la police a procédé à près de 400 interpellations parmi les manifestants. La CNCD a appelé dimanche dernier à une autre marche nationale et pacifique à Alger pour le samedi 19 février.
S. A. I.

Source : http://lesoirdalgerie.com/articles/2011/02/15/article.php?sid=112932&cid=2

Category : ALGERIE / POLITIQUE - 2 | Write a comment | Print

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