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 LE MOYEN-ORIENT ET LE MAGHREB SOUS LE VENT DE LA RÉVOLTE :La faillite d’une gouvernance

18/2/2011

monde arabe révolutionLE MOYEN-ORIENT ET LE MAGHREB SOUS LE VENT DE LA RÉVOLTE  :La faillite d’une gouvernance
17 Février 2011

Au lendemain de la chute de Zine El Abidine Ben Ali et de Hosni Moubarak, la colère populaire continue de se faire entendre dans plusieurs pays de la région.

A qui le tour? Cette interrogation est devenue un leitmotiv. Quel est le prochain régime arabe qui tombera sous le vent de la révolte après ceux de la Tunisie et de l’Egypte? La population arabe se pose curieusement ces questions. Au lendemain de la chute de Zine El Abidine Ben Ali et de Hosni Moubarak, respectivement présidents tunisien et égyptien, plusieurs autres dirigeants se réveillent, chaque jour, avec la peur au ventre. La région arabe est en effervescence. L’agitation sociale se propage telle une traînée de poudre. L’effet de contagion est là. Le vent du soulèvement a touché plusieurs capitales arabes. La colère populaire continue de se faire entendre dans plusieurs pays de la région. Au Moyen-Orient, le Bahreïn, le Yémen, l’Irak, la Syrie se trouvent sur la même ligne que les révolutions tunisienne et égyptienne. Les pays du Maghreb ne sont pas en reste, leurs populations commencent à s’agiter. Les peuples arabes partagent les mêmes problèmes, souffrent des mêmes maux, protestent pour les mêmes raisons et poursuivent un même objectif: faire tomber les dirigeants qui ont accaparé le pouvoir depuis des décennies. De leur côté, les dirigeants en place ont en commun nombre de points négatifs dont celui de politiques archaïques qui ne répondent pas aux aspirations de leurs peuples. Autrement dit, si la population dans le Monde arabe partage les mêmes soucis, les dirigeants partagent eux-aussi, le même objectif: rester au pouvoir le plus longtemps possible, en dépit de la faillite de leurs gouvernances.

Ces régimes autoritaires sont plus que jamais menacés. Au Bahreïn, des milliers de personnes sont sorties dans la rue pour manifester contre le gouvernement au lendemain de la mort de deux manifestants tués la veille par les forces de sécurité. Des centaines de citoyens ont passé la nuit de mardi à mercredi dehors campant sous les tentes implantées sur une place du centre de Manama. Les manifestants réclament des réformes politiques et sociales. Le chef de l’opposition chiite, cheikh Ali Salmane, réclame l’établissement d’une «monarchie constitutionnelle». Ce petit archipel du Golfe, majoritairement chiite, est gouverné par une dynastie sunnite, en la personne du roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa qui a succédé à son père en 1999.
Au Yémen, des affrontements ont éclaté hier à Aden, principale ville du sud du pays, entre les forces de sécurité et des centaines de manifestants. Ces heurts ont fait trois blessés parmi les protestataires. Les manifestations se poursuivaient hier encore dans ce pays. Des milliers d’étudiants continuent à défiler dans la capitale Sanaa, demandant le départ de Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis plus de 32 ans. Dans la journée d’hier, les manifestants ont pris d’assaut le siège de la municipalité de Mansoura, un des quartiers d’Aden. Les protestataires et les services de sécurité ont échangé des jets de pierres. La situation s’est aggravée. Les travailleurs de plusieurs secteurs ont déclenché des mouvements de grève comme signe de solidarité avec les manifestants.
Secoué par une grave crise sécuritaire, l’Irak n’a pas été l’exception. Des centaines de personnes ont manifesté lundi, à Baghdad et à Feloudja, pour dénoncer le chômage et la pauvreté qui étranglent la population locale. Le gouvernement a décidé d’annuler l’achat de F-16 américains et d’allouer les 900 millions de dollars aux plus démunis. Mais les choses peuvent prendre d’autres tournures dans les prochains jours et semaines.
En Syrie, des «facebookistes» ont appelé à une journée de contestation et de colère la semaine dernière. Plusieurs internautes ont pris part à cette démarche. Les appuis au mouvement de contestation s’amplifient mais sans que cela démarre réellement sur le terrain. Dans l’intervalle, les autorités syriennes agissent. Elles viennent de faire condamner lundi, la jeune blogueuse, Tal Al-Mallouhin, à cinq ans de prison par la Haute Cour de sûreté de l’Etat à Damas pour intelligence avec un pays étranger, a annoncé, lundi, l’Observatoire syrien des droits de l’homme.
Au Maghreb, la Libye fait l’événement. Des centaines de manifestants ont été empêchés par les forces de l’ordre de faire un sit-in contre le pouvoir à Benghazi (est).
Dans cette deuxième ville du pays, à 1 000 km de la capitale, Tripoli, des heurts ont éclaté entre les manifestants et les forces de l’ordre. Selon la même source, environ 38 manifestants ont été blessés suite aux affrontements avec les services d’ordre. Les manifestants revendiquent la chute du régime du colonel Mouamar El Gueddafi au pouvoir depuis...41 ans. Des universitaires ont lancé un appel pour marquer une «journée de la colère» aujourd’hui, à travers le pays, à Benghazi, notamment.
Même si personne ne la voit venir, la révolution au Maroc commence à prendre forme. Le Royaume chérifien est également menacé. Un appel à une mobilisation générale a été lancé, par les mouvements sociaux, pour le dimanche 20 février. Les Marocains partagent les mêmes soucis que les Tunisiens. Les préoccupations des uns sont semblables à celles des autres. Le roi Mohammed VI est arrivé sur le trône en juillet 1999, après le décès de Hassan II. Toutefois, après onze années de règne, le «jeune» roi n’a pas montré grand-chose et le dynamisme qu’on lui prêtait s’est dilué avec le temps au moment où le mécontentement se généralise. Il touche tous les secteurs. En plus de la pauvreté, la misère, le chômage, la dégradation du pouvoir d’achat et la répression de la liberté d’expression, la corruption se propage telle une traînée de poudre dans le pays.
Des télégrammes de l’ambassade des Etats-Unis à Rabat, révélés par WikiLeaks, ont mis en lumière l’ampleur de la corruption et l’impunité dans laquelle elle se pratique, et ce parce que le roi, la Maison royale et le Makhzen en sont les premiers agents. A la lumière de l’évolution de ces événements, les capitales étrangères supputent la possibilité de la chute d’un autre régime autoritaire dans la région du Maghreb-Machrek Le vent de la révolution est bien parti pour devenir un ouragan emportant les despotes du Monde arabe.

110 islamistes libérés en Libye

110 détenus, appartenant au Groupe islamique de combat libyen (Gicl), ont été libérés, hier, par les autorités libyennes, portant ainsi le nombre des islamistes, prisonniers politiques, relâchés depuis l’an dernier, à plus de 360. Parmi les détenus libérés figurent trois dirigeants du groupe, a précisé le président de la Ligue libyenne des droits de l’homme, Mohamed Torniche, à des journalistes dans l’enceinte de la prison d’Abou Salim à Tripoli. La libération de ces islamistes intervient à la veille d’une «Journée de colère libyenne» prévue, pour aujourd’hui, selon des appels lancés sur Facebook. Mais Mohamed Torniche a précisé qu’il s’agissait «d’une échéance arrêtée depuis plusieurs mois et qu’il n’y avait pas de rapport avec une quelconque autre question». Depuis mars, la Libye a libéré plus de 250 prisonniers de différents groupes islamistes parmi lesquels une quarantaine du Gicl, dont trois ex-dirigeants : Abdelhakim Belhaj, l’émir du groupe, Khaled Chrif, le chef militaire, et Sami Saadi, l’idéologue.

Tahar FATTANI

Source : http://lexpressiondz.com/article/2/2011-02-17/86191.html

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