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 Libye: plus de 80 morts dans la répression des émeutes

19/2/2011

Libye: plus de 80 morts dans la répression des émeutes

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texteLe 19.02.11

Le bilan des émeutes en Libye dépasse les 80 morts, selon l'ONG Human Rights Watch (HRW), alors que le mouvement contre Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, semble se transformer en véritable insurrection dans l'est du pays.
Selon un décompte de l'AFP établi vendredi soir à partir de différentes sources libyennes, le bilan s'élèvait à 41 morts, tandis que des témoins et des médias locaux ont fait état de plusieurs bâtiments publics et véhicules incendiés dans plusieurs villes.
Au 5e jour de ce mouvement sans précédent contre le régime libyen, le colonel Kadhafi, dont le départ est réclamé par les manifestants, n'avait toujours pas fait de déclaration officielle.
Mais les comités révolutionnaires, pilier du régime, ont menacé vendredi les "groupuscules" manifestant contre le "guide" d'une riposte "foudroyante". "Le pouvoir du peuple, la Jamahiriya (pouvoir des masses), la révolution et le leader (Mouammar Kadhafi) constituent des lignes rouges. Celui qui tentera de les dépasser (...) joue avec le feu", ont-ils ajouté.
Selon HRW, 49 personnes ont été tuées jeudi (20 à Benghazi, 23 à Al-Baïda, 3 à Ajdabiya et 3 à Derna) et 35 vendredi à Benghazi, la plus grande ville du pays et bastion de l'opposition, située à 1.000 km à l'est de Tripoli. L'ONG, qui se base sur des sources médicales et des témoins, affirme que la plupart des 35 personnes décédées vendredi ont été "tuées par des balles réelles tirées par les forces de sécurité".
Un responsable de l'hôpital Al-Jalaa de Benghazi a indiqué à HRW que tous les médecins de la ville avaient été appelés à l'hôpital et que la population avait été invitée à "donner son sang". "Nous n'avions jamais vu quelque chose comme ça".
Le pouvoir libyen "n'autorise pas les journalistes et les organisations de défense des droits de l'Homme à travailler librement", a par ailleurs indiqué l'ONG.
Le procureur général libyen Abdelrahman Al-Abbar a ordonné l'ouverture d'une enquête sur les violences, a-t-on appris samedi d'une source sûre. "Le procureur a ordonné l'ouverture d'une enquête sur les raisons et le bilan des événements dans plusieurs villes et appelé à accélérer les procédures pour juger tous ceux qui sont coupables de mort ou de saccages", a indiqué cette source sous couvert de l'anonymat.
Les forces de l'ordre étaient postées vendredi autour d'Al-Baïda, à 200 km à l'est de Benghazi, et en contrôlaient les entrées et sorties ainsi que l'aéroport, a dit à l'AFP une source proche du pouvoir, après des informations circulant sur internet selon lesquelles des manifestants auraient pris le contrôle de la ville. "Les forces ont reçu l'ordre de quitter le centre de la ville pour éviter des affrontements avec les manifestants", a indiqué cette source.
La capitale Tripoli restait en revanche calme samedi, à l'image des jours précédents, où les partisans du régime étaient descendus dans les rues en brandissant des portraits du colonel Kadhafi.
Il était toujours impossible d'accéder dans la matinée à Twitter et Facebook, par lequel ont transité les appels à la mobilisation, et les connections aux autres sites étaient très lentes ou impossibles, ont indiqué des internautes dans la capitale et à Benghazi.
Arbor Networks, société spécialisée dans la surveillance du trafic internet, basée aux Etats-Unis, avait indiqué que l'accès à l'internet avait été "brusquement interrompu" dans la nuit.
Le bilan de 41 morts établi par l'AFP ne comprend pas quatre prisonniers tués vendredi par les forces de l'ordre alors qu'ils tentaient de s'évader d'une prison près de Tripoli, ni deux policiers pendus. Ces derniers tentaient de disperser une manifestation à Al-Baïda lorsqu'ils ont été capturés par des manifestants, puis pendus, a indiqué le journal Oéa, proche du réformateur Seif Al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi.
Les médias officiels continuaient à occulter les protestations. Depuis mercredi, l'agence officielle libyenne et la télévision nationale n'évoquent que les rassemblements pro-régime.
Alors que l'étranger a jusqu'à présent peu réagi aux évènements, la Turquie s'est déclarée samedi "inquiète" et a appelé les parties à la "paix civile", affirmant envisager le rapatriement de ses ressortissants.
Deux pays voisins de la Libye, la Tunisie et l'Egypte, ont vu ces dernières semaines leurs dirigeants chassés du pouvoir par des mouvements de contestation.

AFP

Source : http://elwatan.com/depeches/libye-plus-de-80-morts-dans-la-repression-des-emeutes-19-02-2011-112442_167.php

 

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