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 CE MONDE QUI BOUGE - Le monde arabe tel qu’on l’a connu a vécu

10/3/2011

monde arabeCE MONDE QUI BOUGE - Le monde arabe tel qu’on l’a connu a vécu

Par Hassane Zerrouky
Au Maroc, dimanche dernier, pour la troisième fois consécutive, des milliers de manifestants se sont rassemblés pacifiquement à Casablanca, Rabat, Tanger et d’autres villes du pays, pour exiger des réformes politiques limitant les pouvoirs du roi Mohamed VI. Les autorités marocaines n’ont pas interdit les rassemblements dans les grandes villes.
Et les organisateurs – Mouvement du 20 Février, les partis de la gauche radicale (Nahdj démocratie, PSU, PADS), l’AMDH (droits de l’Homme), n’ont pas sollicité d’autorisation pour manifester. Aucun débordement n’a été signalé. Bien plus, la police déployée sur les lieux, est restée discrète. Mieux, à Casablanca, il n’y avait pas plus de 150 policiers anti-émeutes et moins d’une dizaine de cars de police. En bref, un dispositif discret. Pourtant, les manifestants scandaient des mots d’ordre à la tonalité radicale genre «à bas le régime despotique», «le peuple veut une constitution démocratique», ou encore «à bas le Makhzen féodal» ! La manifestation, qui a rassemblé plus de 1 200 personnes, moins que celle du 20 février où ils étaient plus de 10 000 sur la place Mohammed V, s’est déroulée sans incident. En effet, ici à Casablanca, comme à Rabat, le régime marocain n’a pas eu recours aux «baltaguia» locaux pour perturber les manifestations. Ailleurs, loin des caméras et des photographes, les choses se sont passées autrement. Rendez-vous a été pris pour le 20 mars où le Mouvement du 20 Février compte frapper un grand coup. En attendant, les manifestations au Maroc ont provoqué un débat public sur la nature des réformes politiques à engager. En gros, entre ceux qui prônent une monarchie parlementaire à l’espagnole où le roi règne et ne gouverne pas, et ceux qui estiment que les réformes à engager ne doivent pas limiter les pouvoirs du roi. Chez nous, en Algérie, les rassemblements publics ne sont pas autorisés. La police a empêché une fois de plus la marche de la CNCD. Bien plus, au lieu d’ouvrir le débat sur les changements à engager, on a vu les baltaguia locaux déverser en toute impunité leur haine contre les manifestants, principalement contre Saïd Sadi. Dès lors, de quoi a peur le pouvoir politique, qui se targue d’une légitimité acquise par les urnes, pour interdire à des Algériens d’exprimer leur opinion ? De telles pratiques prouvent que la levée de l’état d’urgence est un leurre. Car, dans les faits, il est maintenu. En réalité, le pouvoir politique ne s’attendait pas à ce que Ben Ali, puis Hosni Moubarak soient dégommés aussi vite, que Kadhafi soit en aussi grande difficulté, que Abdellah Saleh au Yémen soit contesté, que la contagion démocratique gagne les riches émirats de Bahreïn et d’Oman, et que même l’Arabie saoudite, qui avait financé à coups de millions de dollars, via des fondations privées, le salafisme à la sauce wahhabite dans les pays arabes et musulmans, n’est plus à l’abri de la contestation populaire. La donne a changé. Le monde arabe tel qu’on l’a connu a vécu. Le dernier sommet de la Ligue arabe du Caire – c’était la dernière apparition de Moubarak – ressemblait, à s’y méprendre, à un enterrement de première classe. Le prochain, qui devait avoir lieu à Bagdad, a été reporté au mois de mai. Et si d’aventure il a lieu, ce ne sera pas avec les mêmes chefs d’Etat ni avec le même ordre du jour ! La démocratie est en marche. Légaliser le marché informel, dispenser les trentenaires du service national, accorder des crédits même à ceux qui n’ont pas un rond en poche, construire une mosquée dotée des plus hauts minarets du monde islamique à coups de milliards de dollars afin de montrer qu’on est plus musulman que les musulmans, et ce, à défaut d’être plus arabe que les Arabes, n’arrêteront pas la marche de l’Histoire et l’aspiration des Algériens à une Constitution réellement démocratique et à la fin de la présidence à vie. Car les Algériens ont le regard rivé sur ce qui se passe en Libye et ailleurs.
H. Z.

Source : http://lesoirdalgerie.com/articles/2011/03/10/article.php?sid=114044&cid=8

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