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 Malgré ses promesses de réformes Le régime syrien réprime des manifestations

27/3/2011

Malgré ses promesses de réformes Le régime syrien réprime des manifestations

26-03-2011

Par Ghada Hamrouche

La contestation prend de l’ampleur dans une Syrie frappée, à l’instar de tous les autres pays arabes, de corruption, d’inégalités et de pauvreté. La répression au pays des Omeyyades est sévère. Le bilan des organisations des droits de l’Homme fait état de près de
100 morts dans les manifestations de Deraa. Une répression qui ne semble avoir d’égale que la volonté des manifestants, cette fois-ci même dans la capitale Damas où nombre de ces derniers ont été arrêtés.  Après la prière à la mosquée des Omeyyades, dans le cœur de la capitale, des dizaines de manifestants, selon l’AFP, au moins deux cents, selon Reuters, sont sortis dans la rue vers souk al Hamadiyeh pour exprimer leur soutien aux protestataires de Deraa, foyer de la contestation contre le régime, scandant : «Deraa, c’est la Syrie», «Nous nous sacrifierons pour Deraa», «Dieu, la Syrie, la liberté et c’est tout.»  Les Syriens comptent-ils en finir ainsi avec leur président  Bachar El Assad ? En tout état de cause, le slogan depuis le début de la rébellion, mi-mars, est le même que celui lancé avant l’éviction de Ben Ali, en Tunisie, ou de Hosni Moubarak, en Egypte : «Le peuple veut renverser le régime.» Selon des militants des droits de l’Homme, la police a tiré mercredi dernier à balles réelles sur des manifestants, tuant 100 personnes dans la ville de Deraa, à la pointe de la contestation, dans le Sud. Deraa, encerclée par l’armée, était hier «une ville fantôme», selon des témoins, où 20 000 personnes participaient aux funérailles des victimes. Bachar El Assad, qui a succédé en 2000 à son père Hafez au pouvoir depuis 1970 avec l’appui du parti baath, était aussi censé bénéficier d’un authentique soutien populaire en raison de sa posture anti-occidentale, de la stabilité politique et d’un niveau de vie convenable, sans être opulent, pour la majorité des 22 millions de Syriens. Une stabilité qui conduisait Damas à prétendre pouvoir attirer 55 milliards de dollars d’investissements étrangers dans les cinq prochaines années. Malgré une hausse des subventions à l’énergie en janvier, les Syriens ont de plus en plus de mal à «joindre les deux bouts» avec un salaire moyen de 250 dollars par mois. Tout en réprimant la rébellion, le régime affirme pourtant faire des concessions. Il a annoncé jeudi dernier, pour bientôt, des décisions importantes pour répondre aux «aspirations du peuple». Les autorités syriennes ont affirmé qu’elles envisageaient l’annulation de l’état d’urgence en vigueur depuis 1963, promis des mesures anti-corruption et annoncé des libérations, au lendemain de manifestations dans le sud du pays qui ont fait 100 morts, selon les organisations des droits de l’Homme. Ces annonces interviennent alors qu’a été lancé un nouvel appel à manifester hier dans tout le pays, théâtre depuis le 15 mars d’un mouvement de contestation sans précédent contre le régime. Une conseillère du président Bachar El Assad, Bouthaïna Chaabane, a déclaré, lors d’une conférence de presse à Damas, que les revendications de la population étaient «légitimes». «La Syrie va étudier l’annulation de la loi sur l’état d’urgence en vigueur depuis 1963», a affirmé Mme Bouthaïna Chaabane, en référence à une des revendications principales des protestataires. Elle a ajouté que de «nouveaux mécanismes pour lutter contre la corruption» allaient être mis en place, alors que l’agence de presse officielle Sana annonçait une augmentation des salaires des fonctionnaires de 30%. La télévision d’Etat a annonce, de son côté, la libération de «toutes les personnes détenues lors des récents évènements». Des concessions qui viennent peut-être trop tard pour le régime syrien. La diplomatie américaine a réagi avec circonspection aux promesses de réformes des autorités syriennes, soulignant que Washington attendait «des actes» et condamnant les violences. 

G. H.

Source : http://www.latribune-online.com/evenement/49419.html

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