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 De la stratégie du choc à la stratégie du pire.

26/4/2011

De la stratégie du choc à la stratégie du pire.

Par Mohamed-Nadjib Nini
La stratégie du choc comme on l’a vu a permis aux dirigeants algériens d’instaurer, dès le lendemain de l’indépendance, un système politique hermétique qui ne laissait place à aucune alternative démocratique. Par la suite, en jouant toujours sur cette stratégie du choc, les tenants du pouvoir algérien ont réussi à pérenniser ce système. Il faut dire aussi que l’Algérie est allée, depuis son indépendance à tout récemment, d’un choc à l’autre, ce qui a permis à ceux qui ont toujours décidé du destin de ce pays d’imposer toutes les réformes qu’ils voulaient, des réformes qui n’étaient malheureusement, la plupart du temps, nullement au service des citoyens et de la nation, mais seulement en faveur de la sauvegarde des intérêts des oligarques qui étaient et qui sont toujours au pouvoir.
Tout se passe comme si les institutions politiques algériennes n’ont cherché qu'à persévérer leur survie pour permettre la récolte de plus en plus de prébendes. Partis politiques et institutions politiques pluralistes ne sont en réalité que des coquilles creuses au service d’un pouvoir qui a mis le pays en coupe réglée. C'est pourquoi toutes les transformations politiques, quels que soient leurs impacts sur la scène et dans la vie institutionnelle, n'organisent pas l'alternance et ne constituent pas une transition vers la démocratie. Le passage à la démocratie, qui n’est qu’une démocratie de façade, ne résulte ni de l'action de forces démocratiques ni d'options démocratiques. Cette démocratie de façade n’a été adoptée que pour dépasser les blocages qui ont conduit à l'explosion populaire d'octobre 1988. La suite on la connaît, il y a eu la décennie noire et toute l’abjection qui l’a caractérisée. Malheureusement, aucune leçon ne semble avoir été tirée de tous les drames qu’a connus l’Algérie. Bien au contraire, encouragés par l’extraordinaire embellie financière due à l’envol des cours du pétrole sur les marchés internationaux, les démons du passé ont de nouveau réinvesti le terrain, les mêmes réflexes se sont remis en place, et tous les ingrédients qui ont mené à octobre 1988 et par la suite à la fameuse décennie noire se sont reconstitués. Le parti unique est en train de refaire peu à peu surface par le fait d’une classe politique qui ne pense ni au bien-être de ce peuple ni à la pérennité de ses institutions, une classe politique dont la survie immédiate est la seule préoccupation, une classe politique tellement hors jeu qu’elle n’a rien trouvé de mieux à faire que de cautionner une révision constitutionnelle qui nous a renvoyés trente ans en arrière et on a le culot avec ça de venir claironner publiquement qu’il n’y a pas de crise politique en Algérie. J’ai déjà écrit à propos de cette révision constitutionnelle et du troisième mandat présidentiel il y a quelque temps de cela, un article qui s’est révélé prémonitoire à plus d’un titre(1) : «Je crois qu’avec ces élections historiques, nous sommes arrivés à un tournant décisif de l’histoire de l’Algérie, exactement comme en 1947 lorsque la léthargie des partis politiques de l’époque a conduit à la création de l’OS et par la suite à celle du CRUA. Ces dernières élections viennent de mettre en évidence l’impossibilité du front démocratique à s’organiser en une véritable alternative politique. Il faut donc à l’Algérie un sursaut historique à la mesure de l’événement qui vient de se produire. Il faut à l’Algérie un nouveau personnel politique, de nouvelles figures capables de créer la rupture avec l’ancien système et ses réflexes rentiers. Il faudrait une révolution politique capable de mener à une rupture épistémologique au sens politique du terme, c'est-à-dire une rupture avec les conceptions politiques du passé. Ceci dit, je ne suis ni politicien ni politologue et je ne sais ni quand ni comment cette rupture va se faire, mais s’il y a une chose dont je suis sûr, c’est que cette rupture se fera tôt ou tard. La seule question est comment elle va se faire ? Espérons seulement que nous n’aurons plus jamais à revivre octobre 88, ni les événements qui lui ont succédé.» Cette rupture a effectivement eu lieu, mais pas chez nous ni même dans le sens que j’aurais pu imaginer. Quand j’ai écrit ces lignes, les révolutions qui viennent de secouer le monde arabe n’étaient même pas envisageables. En effet, jusqu’à cet extraordinaire réveil arabe impulsé par une gifle assénée à un pauvre bougre qui ne demandait qu’à gagner honnêtement sa vie en colportant des légumes, gifle qui a déclenché une réaction en chaîne, un tsunami balayant des régimes qu’on croyait définitivement inamovibles, jusque-là donc, je n’aurais pas un seul instant imaginé que le peuple tunisien, le peuple égyptien et encore moins le peuple yéménite de gandouras vêtu avec un coutelas à la ceinture et la joue déformée de kat, ces peuples qui semblaient si résignés pour les uns et à moitié drogués pour les autres pouvaient se soulever en un seul homme pour dire «Ben Ali dégage !» ou encore «Moubarak ou Saleh irhal», faisant preuve d’une conscience politique aiguë et brisant définitivement le mur de la peur et de la terreur. J’ai toujours pensé que la révolution viendrait de notre pays, des Algériens connus pour être un peuple frondeur et même violent. Malheureusement, c’était sans tenir compte des polytraumatismes et des dégâts qu’ils ont engendrés entachant durablement et de façon indélébiles les esprits, occasionnant une régression incommensurable dans les mentalités et les comportements des Algériens. Les chocs successifs vécus par les Algériens ont été tels qu’on peut même parler de névrose traumatique. Ce terme de névrose traumatique est apparu en 1882 et désignait un ensemble de troubles névrotiques consécutifs à la frayeur éprouvée lors des accidents de chemin de fer. Ce terme s'est peu à peu étendu pour désigner tout trauma psychique consécutif à des agressions telles que la guerre, les attentats et les catastrophes naturelles. Le sujet peut être uniquement spectateur et ne pas avoir été en danger réel, cependant, cet évènement peut modifier la personnalité du sujet qui devient plus inhibé intellectuellement, physiquement et sexuellement. Le sujet recherchera alors la sécurisation et la dépendance envers autrui. Ainsi, toute situation traumatique peut amener une régression et pousser le sujet à rechercher la sécurisation et la dépendance envers autrui. Après un choc massif on peut donc facilement régresser pour redevenir des enfants. Freud dans Les cinq psychanalyses(2) écrit que «dans le rêve et dans la névrose, se retrouve l’enfant avec toutes les particularités qui caractérisent son mode de penser et sa vie affective (…) et nous y retrouvons encore l’homme primitif sauvage tel qu’il nous apparaît à la lumière des recherches archéologiques et ethnographiques». Par ailleurs, Freud(3) croit qu’il y a une correspondance entre les stades de développement de l’humanité et ceux de l’enfance. «Nous trouvons, dit-il, qu’aussi bien dans le temps que par son contenu, la phase animiste correspond au narcissisme, la phase religieuse au stade d’objectivation, caractérisé par la fixation de la libido aux parents, tandis que la phase scientifique a son pendant dans un état de maturité de l’individu qui est caractérisé par la renonciation à la recherche du plaisir et par la subordination du choix de l’objet extérieur aux convenances et aux exigences de la réalité.» Le choc traumatique peut parfaitement mener à une névrose traumatique et faire en sorte que toute une nation puisse retomber pratiquement dans l’enfance, la ramenant ainsi à une étape de son évolution qui correspondrait à celle qualifiée par Freud de phase religieuse caractérisée par la fixation de la libido aux parents, phase entièrement sous l’emprise de l’irrationnel et des interprétations occultes qui peuvent ouvrir la voie devant des gourous et des charlatans de toutes espèces et permettre à ces mêmes charlatans et gourous de se poser en messie ou encore en sauveur providentiel, transformant les masses en une espèce de horde primitive plus encline à suivre les gourous ou les leaders qui prétendent les protéger. L’instrumentation de ces traumatismes et des régressions qu’ils ont occasionnées a permis au pouvoir algérien de perpétuer son emprise sur un peuple qui est redevenu par la force des meurtrissures qu’il a subies un grand enfant ne recherchant que la satisfaction immédiate de ses besoins les plus élémentaires. Ce pouvoir l’a d’ailleurs très bien compris puisqu’il vient de s’engouffrer avec force dans cette brèche des revendications populaires allant dans le sens de toutes les revendications. Aujourd’hui, les Algériens, échaudés par une violence dont ils viennent à peine de se remettre, infantilisés, fatigués de lutter contre des moulins à vent, contre un système qui arrive à chaque fois à rebondir, sont devenus démissionnaires. Ils ont abdiqué et n’aspirent plus qu’à essayer de tirer le maximum de dividendes, le maximum de profits et de bénéfices de cette gouvernance, de ce pouvoir prêt à tout pour se maintenir et même à acheter toute une nation s’il le faut pour sauvegarder ses intérêts, un pouvoir qui d’ailleurs ne lésine pas devant le prix à payer pour s’acheter une paix sociale. Cette stratégie malheureusement n’est pas viable à long terme, elle peut momentanément faire taire les griefs et les revendications, mais elle ne fait qu’aggraver la situation parce que ce qui est donné aujourd’hui n’aura plus aucune valeur dans une année ou deux sans plus, c’est le tonneau des Danaïdes qui ne pourra jamais être rempli inflation oblige. Cette stratégie du pire est en train de transformer le pays en un gigantesque bazar et les Algériens en un immense tube digestif, de grands enfants totalement décérébrés, les condamnant à n’être que des consommateurs effrénés sans aucune contrepartie productive. Ou encore en une véritable horde primitive. D’un point de vue phylogénétique et si l’on en croit le point de vue de Freud dans Totem et tabou (Paris, Payot, 2001), pour qu’une société puisse accéder au stade de la civilisation, elle doit dépasser le stade de la horde primitive. Dans cet ouvrage, l’hypothèse de Freud est qu’avant l’avènement de la civilisation, l’humanité vivait en hordes ou encore en tribus (la horde primitive correspondrait à la société originelle). Pour Freud, ce qui caractérisait ces hordes, c’est la toute puissance du père qui s’exprimait par la possession par celui-ci de toutes les femmes de la tribu ou de la horde. Freud, s'inspirant d'une conviction de Darwin, suppose donc à l'origine de l'humanité une horde primitive, groupement humain sous l'autorité d'un père tout-puissant qui possède seul l'accès aux femmes. Il présuppose alors que les fils du père, jaloux de ne pouvoir posséder les femmes, se rebellèrent un jour et le tuèrent, pour le manger en un repas totémique. Une fois le festin consommé, le remords se serait emparé des fils rebelles, qui érigèrent en l'honneur du père, et par peur de ses représailles, un totem à son image. Afin que la situation ne se reproduise pas, et pour ne pas risquer le courroux du père incorporé, les fils établirent des règles, correspondant aux deux tabous principaux : la proscription frappant les femmes appartenant au même totem (inceste) et l'interdiction de tuer le totem (meurtre et parricide). L’Algérie malheureusement n’est pas encore au bout de ses peines et la société algérienne, traumatisée par une suite d’événements qui l’ont laminée, malmenée par un système qui l’a définitivement infantilisée, risque fort de continuer encore longtemps à vivre en «horde primitive» déstructurée, parce qu’elle n’a pas de relais sociaux sur lesquels s’appuyer. C’est une société qui n’a pas encore réussi à faire sa mue. Par cette œuvre, Freud résume le «grand mythe» scientifique qu’il a construit et étayé par de nombreux exemples pour expliquer la naissance de l’humanité, c’est-à-dire de la socialisation. Ainsi, l’origine de la socialisation, l’avènement de la civilisation humaine doit, selon cette hypothèse, passer par le meurtre du père. Si on transpose ce mythe à notre époque contemporaine, en supputant que même les sociétés modernes ne peuvent évoluer, s’émanciper sans cette conditions sine qua non qui est «le meurtre symbolique du père». Cette transposition peut alors parfaitement s’appliquer notamment aux régimes totalitaires où le peuple n’est rien de plus qu’une abstraction, livré au bon vouloir de ses gouvernants. Dans ces régimes, «le père symbolique» pourrait être le chef de l’Etat qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs, muselant par la force brutale toute velléité d’opposition et d’émancipation, ou encore une oligarchie politique se partageant le pouvoir au détriment de toute la nation. Quant aux enfants de «ce père symbolique», ils seraient représentés par le peuple maintenu dans une quasi-servitude au moment où ce chef d’Etat et l’oligarchie politique qui l’entoure font main basse sur toutes les richesses. Le bienfondé de cette hypothèse est en train de se vérifier aujourd’hui de façon spectaculaire par ce qui vient de se passer en Tunisie, en Égypte et ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux, à la télévision, en Libye. Les enfants de ces nations se sont révoltés contre les abus de pouvoir du chef de l’Etat, ce «père symbolique» qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs et toutes les jouissances que la nation pouvait offrir en maintenant le peuple (les fils symboliques) dans l’indigence pour ne pas dire la servitude. Mais il n’y a pas que ces deux révolutions qui sont entrain de se dérouler sous nos yeux qui permettent de vérifier le bien-fondé de cette hypothèse. En effet, l’histoire vient renforcer cette thèse d’une manière plus éloquente encore. En effet, l’avènement de la société moderne, de la démocratie et des droits de l’homme, l’avènement d’une société juste et égalitaire n’a pu advenir qu’au prix d’une révolution sanglante, en l’occurrence la révolution française, et ce, après le «meurtre» du «père symbolique» de la nation : le roi Louis XVI. De même, les Russes n’ont pu s’affranchir de la servitude du tsarisme qu’après, là aussi, le meurtre du «père symbolique» de la nation : le tsar Nicolas II. C’est à ce prix que ces nations ont réussi à s’émanciper et à sortir de la servitude dans laquelle les maintenait leur système politique. Ainsi, aucune émancipation sociale ne peut advenir sans une révolution qui mènerait vers un ordre nouveau. Sans cette révolution, la société ne peut rester qu’une «horde primitive» gouvernée par un père omnipotent, omniprésent et omniscient. S’agissant de la société algérienne, il y a eu certes une révolution qui a essayé de débarrasser le pays de la dictature de ce «père symbolique». La révolution d’octobre 88 était en effet une tentative qui a failli mettre définitivement à mal le système politique qui a gouverné l’Algérie sans partage de l’indépendance jusqu’à l’avènement de cette date, mais c’était compter sans la capacité qu’avait ce système à se redéployer pour renaître. En effet, ce système est toujours là, plus présent qu’il ne l’a jamais été, et le parti qui est à l’origine des malheurs de cette nation est lui aussi toujours debout et plus arrogant que jamais. L’Algérie malheureusement n’est pas encore au bout de ses peines et la société algérienne, traumatisée par une suite d’événements qui l’ont laminée, malmenée par un système qui l’a définitivement infantilisée, risque fort de continuer encore longtemps à vivre en «horde primitive» déstructurée, parce qu’elle n’a pas de relais sociaux sur lesquels s’appuyer. C’est une société qui n’a pas encore réussi à faire sa mue. L’Algérien, prisonnier de son quotidien, ne sait pas encore s’organiser en société civile pleinement consciente de ses droits. En fait, les jeunes pourraient bien être la seule force de changement possible comme ça a été le cas en Tunisie, en Égypte, comme c’est le cas aujourd’hui en Libye, au Yémen et même tout récemment an Syrie. En Algérie, les jeunes, qui totalisent à eux seuls près de 60% de la population, n’ont pas connu, pour la majorité d’entre eux, la guerre d’Algérie et ses affres. Ils n’ont pas connu le parti unique et ses malversations spoliatrices. Pour ce qui est de la décennie noire, la plupart d’entre eux étaient trop jeunes pour pouvoir s’en faire une idée précise. Cette jeunesse n’est heureusement pas encore corrompue, elle est encore saine et n’aspire qu’à mieux vivre, mais vivre où ? Dans une société qui les renie et qui ne leur reconnaît aucun statut ? Cependant, malgré ce constat, force est de se rendre à l’évidence : la jeunesse algérienne ne bouge pas et ne bougera peut-être pas. Il ne faut surtout pas se méprendre sur ce silence de la jeunesse algérienne aujourd’hui devant ce qui se passe dans la rue arabe. Ce silence ne veut nullement signifier que la jeunesse algérienne est satisfaite de son sort et qu’elle accepte cette gouvernance, qu’elle est inconsciente ou encore «crétine» et donc incapable d’avoir une vision sociétale ou une quelconque aspiration politique. Ce qui se passe dans ce pays, c’est qu’il n’y a pas de communication, il n’y en a jamais eu d’ailleurs, entre les adultes et les jeunes. Ce qui se passe, c’est que cette jeunesse a toujours été marginalisée, infantilisée, abrutie par un système éducatif qui n’a jamais œuvré dans le sens de l’excellence et du développement de l’esprit critique. Par ailleurs, la jeunesse algérienne n’a plus confiance dans ses ainés, lesquels, s’ils ne sont pas corrompus, sont totalement démissionnaires. Si cette jeunesse ne bouge pas, c’est parce qu’elle a fait son deuil d’une vie décente dans ce pays et n’aspire qu’à une seule chose : fuir ce pays et si possible le plus loin possible. En effet, consciente des conditions de vie qui lui sont imposées, des restrictions auxquelles elle est quotidiennement confrontée et de la quasi-inexistence d’infrastructures d’accueil qui répondent à ses besoins. Livrée à elle-même, réduite à squatter les porches des immeubles, ou à rester adossé à longueur de journée aux murs des quartiers, pour faire face et pour ne pas succomber aux autres formes mortifères d’affirmation de soi, cette jeunesse, à qui on a confisqué même les rêves, cette jeunesse qui ne rêve plus n’a malheureusement plus qu’une seule idée en tête, en fait le seul rêve que ce système a échoué à lui confisquer : fuir ce pays, quitter l’Algérie dans le but d’une situation meilleure en Europe, au Canada ou même en Australie. Voilà les raisons essentielles qui font que la jeunesse algérienne ne bouge pas. C’est comme si elle ne se sent pas du tout concernée par ce qui se passe dans ce pays. Les Algériens, toutes catégories d’âge confondues, n’aspirent qu’à une seule chose : mettre le plus de distance possible entre eux et ce pays. Même les mieux nantis ne veulent plus vivre dans ce pays de la désespérance. Combien d’universitaires ou encore de cadres parfois très bien rémunérés ont-ils déjà fui ce pays ? Pourquoi la plupart de ceux qui nous gouvernent ou de ceux qui le peuvent envoient-ils leurs enfants faire leurs études à l’étranger en leur faisant bien comprendre de tout faire pour ne plus revenir dans ce pays où la mal-vie a atteint le plus haut degré de la désespérance ? Je ne sais pas vraiment d’où viendra le salut de l’Algérie ; le dernier discours du président de la République n’a pas répondu à cette question et est bien en deçà des attentes et des espérances quant à un véritable changement. J’ai bien peur que nous sommes partis pour rester le seul peuple dans tout le monde arabe à ne pas bouger, à ne pas vouloir changer cet ordre établi pour une société plus juste, plus équitable, une société où le mot démocratie ne sera plus un vœu pieu. Pourquoi ? Parce que la désespérance a atteint, dans ce pays, des seuils dont il est difficile de revenir. Je l’ai déjà dit, aucun Algérien ne veut plus vivre dans ce pays, le pays du FLN. Rien ne pourra donc se faire tant que ce parti restera au pouvoir ou même tant que ce parti existera. Si on veut redonner de l’espoir à ce peuple, à cette nation, il faut une refondation totale du système politique algérien, il faut que ce glorieux sigle : FLN, Front de libération nationale, ce sigle pour lequel un million et demi d’Algériens sont tombés au champ d’honneur, soit restitué à ses pères fondateurs et remis au musée de la révolution algérienne. Personne ne peut ni n’a le droit d’instrumentaliser le sang des chouhada à des fins purement politiciennes, de même que personne n’a le droit d’instrumentaliser la religion pour arriver au pouvoir. La religion et le FLN appartiennent à tous les Algériens et ne peuvent servir à quiconque d’alibi politique. Pour terminer, j’ajouterai juste pour rappel que même si la démocratie n’est pas un système politique parfait, qu’elle est le moins mauvais des régimes politiques, jusque-là, c’est le seul système politique véritablement viable. Tous les autres modes de gouvernance ont montré leurs limites. Il n’y a qu’à voir quels sont les pays les plus riches et les plus avancés de la planète pour souligner l’intérêt pour une nation d’opter pour ce système politique qui ouvre la voie aux libertés individuelles, au respect des droits de l'homme, et où personne n’est au-dessus de la loi.
M.-N. N.
(1) Qui est cet Algérien dont on parle ? Le Quotidien d’Orandes 26, 27 et 28 avril 2009
(2) Freud S. (1954), Les cinq psychanalyses, Paris, PUF.
(3) Freud S. (1965), Totem et tabou, Paris Payot.

Source : http://lesoirdalgerie.com/articles/2011/04/26/article.php?sid=116309&cid=41  

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