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 L’ORDRE MONDIAL INJUSTE : L’avenir se joue en Palestine

27/5/2011

L’ORDRE MONDIAL INJUSTE : L’avenir se joue en Palestine
26 Mai 2011

Destruction de maisons et champs agricoles pour affamer et faire fuir les Palestiniens.

Que se passera t-il en Septembre 2011 aux Nations unies à propos de la Palestine? Le recul du droit, la loi de la jungle et la politique du deux poids, deux mesures ruinent les relations internationales. L’ordre mondial dominant est injuste partout. La situation en Palestine symbolise cette situation dramatique. L’injustice bat son plein et l’ordre mondial chaotique, si prompt à s’ingérer dans d’autres conflits et crises, semble paralysé ou complice en ce qui concerne la Palestine. L’occupant israélien intensifie sa politique féroce de répression dans les territoires palestiniens, où il mène des arrestations et des agressions meurtrières, sans que les grandes puissances n’interviennent.

Le régime sioniste panique
Le régime sioniste, conduit par l’extrême droite, semble paniquer au moment où les mouvements Fatah et Hamas s’attèlent à mettre en oeuvre l’accord de réconciliation inter-palestinien, devant conduire à l’annonce d’un nouveau gouvernement et d’un Etat palestinien indépendant en Septembre prochain. Il s’agit de relancer et parachever le processus de la libération et de recouvrer des droits légitimes.
Il n’y a pas d’alternative à l’unité des rangs palestiniens et des Arabes pour changer le rapport de force et faire face au sionisme extrémiste qui refuse la création d’un Etat palestinien. L’accord paraphé le 4 mai 2011 entre les factions palestiniennes est qualifié d’ «historique» par les Palestiniens, un moyen sage de rebâtir l’unité face à la politique aveugle de répression d’Israël, qui sape les efforts de paix au Proche-Orient en poursuivant ses activités de colonisation illégales.
Dans sa tentative violente de faire entrave à tout aboutissement du processus de réconciliation entre les Palestiniens, ainsi qu’à la création de leur Etat indépendant à l’approche de l’échéance de septembre, Israël réprime dans l’impunité totale. Il procède à des arrestations arbitraires de Palestiniens en Cisjordanie, après les répressions sanglantes des manifestations commémorant le 63e anniversaire de la «Nakba», qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés.
Destructions de maisons et de champs agricoles pour affamer et faire fuir les Palestiniens, plus d’une centaine d’entre eux sont arrêtés tous les jours, lors d’interventions criminelles de la soldatesque israélienne à El-Qods et partout dans les territoires occupés. Ils s’ajoutent à plus de dix mille prisonniers politiques, dont des femmes et des enfants. Le rapporteur spécial de l’ONU pour les Territoires palestiniens, Richard Falk, a alerté récemment la communauté internationale sur la terrible situation des enfants palestiniens «touchés de manière disproportionnée par l’occupation israélienne».
Depuis dix années, plus de 1335 enfants palestiniens ont été tués dans les Territoires occupés, en plus des 1500 personnes assassinées durant l’offensive monstrueuse de l’hiver 2009 dans la bande de Ghaza. Les soldats israéliens tous les jours ouvrent le feu sur les Palestiniens, dans le contexte d’un blocus israélien implacable, pire que l’apartheid raciste.
Ces nouvelles escalades israéliennes dans les territoires occupés, interviennent à l’approche de l’annonce de la formation du nouveau gouvernement palestinien, découlant de l’accord de réconciliation que les populations attendent avec impatience. Les discussions inter- palestiniennes concernent également, la mise en place d’une commission spéciale pour la réélection du Conseil national palestinien.

Persévérer dans la voie de l’offensive diplomatique
La conclusion de cet accord, consécration de la réconciliation palestinienne dans un cadre démocratique, a été saluée par la communauté internationale qui a réitéré son appel à de nouveaux efforts pour relancer le processus de paix israélo-palestinien qui doit déboucher sur une solution à deux Etats. Cependant, les grandes puissances ne joignent pas le geste à la parole. Les Palestiniens et les Arabes n’ont pas d’autre choix que de persévérer dans la voie de l’offensive politique et diplomatique. Le retour à la légalité internationale et l’équité s’impose. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a souligné que la requête des Palestiniens pour obtenir auprès de l’ONU une reconnaissance internationale de leur Etat indépendant, n’était pas une «manoeuvre», mais un acte qui contribuera aux efforts de paix: «Notre recherche de reconnaissance de l’Etat palestinien indépendant dans le cadre des frontières de 1967 et ayant El-Qods pour capitale, n’est pas une manoeuvre». «Trop de nos hommes et femmes ont péri pour que nous puissions pratiquer un tel théâtre politique», a écrit M.Abbas dans une tribune libre publiée par le New York Times.
Il a réaffirmé la détermination de l’Autorité palestinienne à insister devant l’Assemblée générale de l’ONU pour garantir le droit pour le peuple palestinien de vivre libre «parce que nous avons négocié avec Israël pendant vingt ans sans nous rapprocher de la création d’un Etat palestinien». Les Etats-Unis, malgré les promesses ou espoirs suscités par l’actuelle administration, semblent ne pas se presser face à la folie coloniale sioniste. La récente démission de l’envoyé spécial des USA est significative.
La déception était déjà grande parmi les peuples arabes et celle de tous les citoyens justes du monde entier, l’année dernière après le veto des USA au Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer un projet de résolution arabo-palestinien appelant à la condamnation de la colonisation illégale des territoires palestiniens par Israël. Mais, dans son dernier discours du 19 mai 2011 relatif aux relations entre le Monde arabe et les USA, le président Barack Obama a affirmé un principe important: que les frontières d’Israël et d’un futur Etat palestinien devaient être fondées sur celles de 1967. Cependant, la question du délai reste incertaine: «Il faudra se mettre d’accord sur la durée de cette période de transition...». Vigilance et espérance doivent êtres de mise.
L’avenir des relations entre les deux rives de la Méditerranée, entre l’Occident et le Monde musulman, entre le Nord et le Sud se joue aussi en Palestine. Sans le règlement juste et définitif de la question palestinienne, il n’y aura pas d’avenir. Le néocolonialisme cherche à dominer sur la base de la colonisation de la Palestine, de l’affaiblissement et division du Monde arabe. Les injustices commises contre les Palestiniens en particulier, les Arabes en général, d’hier à aujourd’hui, le refus du droit à la différence et la crise de civilisation tiennent, entre autres, au fait que l’Europe traîne un complexe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Les séquelles du passé, les richesses du Monde arabe et sa version vivace d’un autre modèle civilisationnel attisent des convoitises.

Le système mondial otage
Une partie de l’Occident, sur la question centrale palestinienne, semble sourde. Pourtant, c’est, entre autres, cela qui peut débloquer le rapport Islam-Occident. La politique impunie de l’apartheid des territoires occupés signifie que le système mondial impose un ordre inhumain. Il bloque, depuis plus de quarante ans, la solution diplomatique. Il vote sans cesse contre toute résolution de l’ONU qui condamne les colonies. L’argumentation, qui prétend que les juifs sont différents de tous les autres peuples, se posant comme nantis d’un droit politico-religieux exclusif, est irrationnelle. Plus encore, elle fonde une politique sur l’idée fallacieuse de l’invention d’un ennemi.
Les théoriciens néoconservateurs, de Fukuyama à Huntington, considèrent depuis longtemps, que le musulman est le nouvel ennemi. Cette propagande comme diversion, est en train de prendre une dimension démesurée dans le cadre de l’islamophobie et les débordements de l’extrême-droite en Europe.
Jusqu’à quand vont durer les exclusions, les discriminations et les agressions qui produisent désespoirs, extrémismes et culture de la colère au Sud et culture instrumentalisée de la peur au Nord? Depuis l’arrivée du président Obama, il y a un changement, une lueur d’espoir, mais elle semble changer la forme et non point le fond et surtout tarde à se traduire dans les faits.
La politique sioniste, qui se déchaîne contre le peuple palestinien et les musulmans, n’a pas été contrecarrée par une réaction mondiale. Alors que plus de soixante-dix résolutions onusiennes existent en la matière. Résoudre le problème doit se poser en termes de démocratie, de droit et d’égalité et non en termes mythiques et raciaux. Le respect du droit des peuples, le pluralisme et la recherche d’une nouvelle civilisation commune ne peuvent se réaliser si l’innommable injustice persiste.
Comme on ne cesse de le répéter, notre époque a besoin de sages pour rebâtir des ponts et renouer avec le vivre-ensemble. Tout en étant conscient des problèmes du Monde arabo-musulman, des pesanteurs, de l’asymétrie des forces et des déséquilibres et sachant que la justice envers autrui est au coeur de toute dynamique porteuse d’avenir, l’homme de bonne volonté ne peut que choisir le débat pour rétablir le droit et l’équité. Ce qui se joue en Palestine c’est l’avenir des peuples.
Reste à changer le rapport de force dans le Monde arabe en se réformant, en se modernisant, en produisant des richesses et en mettant l’accent sur une politique hardie de communication, afin de sensibiliser l’opinion publique internationale sur la justesse de la cause. Retrouver des normes universelles qui organisent les relations entre les peuples est une des tâches essentielles de notre temps. L’Algérie, dont la position est exemplaire, peut contribuer à un nouvel ordre international juste. Pour parvenir à des normes de civilisation et un nouvel ordre juste, il faut commencer par démocratiser les relations internationales.
La colonisation en Palestine et la mondialisation à sens unique et inégalitaire sont nuisibles à la paix, d’où l’importance de mettre l’accent sur l’impératif de justice et la solidarité. Il n’y a pas de paix sans justice et pas d’alternative raisonnable au vivre- ensemble.

(*) Professeur des Universités
www.mustapha-cherif.net

Mustapha CHÉRIF (*)

Tags : Palestine Etat
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