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 LA «VALEUR» DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE - L'ensauvagement comme credo

27/3/2012

LA «VALEUR» DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE - L'ensauvagement comme credo

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«Je n'oublierai jamais le moment où, pour la première fois, j'ai senti et compris la tragédie de la colonisation. [...] Depuis ce jour, j'ai honte de mon pays. Depuis ce jour, je ne peux pas rencontrer un Indochinois, un Algérien, un Marocain, sans avoir envie de lui demander pardon. Pardon pour toutes les douleurs, toutes les humiliations qu'on lui a fait souffrir, qu'on a fait souffrir à leur peuple. Car leur oppresseur, c'est l'Etat français, il le fait au nom de tous les Français, donc aussi, pour une petite part, en mon nom.» Simone Veil .

Un coup d'éclair dans un ciel serein; voilà comment une déclaration a enflammé la classe politique française. Dans cette déclaration, on lit que les civilisations ne se valent pas. Nous allons voir sereinement comment la civilisation occidentale dans son ensemble a appliqué le double standard intra-muros, l'habéas corpus, la déclaration des droits de l'homme... Extra-muros, l'invasion, la rapine, le sang, les larmes, le vol, bref, souvent la guerre d'extermination. Nous allons tenter de comprendre les fondements de la supériorité de la civilisation occidentale. Il est vrai que le pape Innocent III adoubant les grandes invasions, parle de la Terre qui est donnée aux porteurs de la bonne parole, mais est-ce sufisant?

Les théoriciens de l'inégalité des races et partant des civilisations
Tout est parti, dit-on, de la théorie de l'évolution. On pense naturellement à Darwin, mais c'est par la suite que les «déviations» au service des pays en mal d'empire ont été légitimées. Alain Testart du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative écrit: «L'évolutionnisme, nous dit-on de toute part, en rangeant les peuples selon un ordre évolutif - faisant des sauvages les plus arriérés et des Occidentaux les plus avancés - fut l'idéologie qui justifia le colonialisme. C'est une conception totalement ethnocentrique; elle voisine avec le racisme, dans les pires cas elle se confond avec lui. L'accusation s'est faite beaucoup plus nette et précise ces dernières années: on évoque la destinée funeste des travaux de Morgan dont l'évolutionnisme aurait inspiré les violences coloniales ou, plus généralement, les conséquences tragiques des conceptions évolutionnistes pour les peuples du Tiers- Monde (...)
Les idées scientifiques, les systèmes philosophiques, les grandes vues sur l'univers sont toujours embarqués dans un mouvement historique qui les dépasse. Partant, ils sont toujours compromis - d'une façon ou d'une autre. Aussi, à la question: «L'anthropologie sociale évolutionniste du XIXe siècle s'est-elle d'une certaine façon compromise avec le colonialisme?», il faut répondre: «Oui assurément, quoique l'ampleur de cette compromission varie beaucoup selon les auteurs.» (1) «Cette anthropologie fut-elle une des expressions idéologiques significatives de l'Europe technicienne et impérialiste du siècle dernier? Certes. Mais cela autorise-t-il tous les amalgames, cela autorise-t-il à ranger Bachofen, Morgan, Tylor, Robertson Smith, Frazer avec Gobineau ou Goebbels, pour mieux les mettre à l'index? Que l'on reconnaisse enfin qu'il existe quelque lien entre l'évolutionnisme du XIXe siècle et l'idéologie dominante d'une Europe triomphante qui impose sa loi au monde, cela autorise-t-il à dire que le massacre de peuples entiers par des Européens fut la «conséquence» de l'évolutionnisme? ou même à prétendre que l'évolutionnisme justifie ces massacres? Ce n'est pas sérieux. (...) L'extermination du peuple tasmanien par les Anglais, l'empoisonnement des trous d'eau en Australie et ailleurs, les guerres indiennes et les déportations qui s'ensuivirent, pour ne citer que quelques exemples, tout cela serait imputable à l'ethnologie évolutionniste?» (1) «C'est une absurdité. Pour justifier l'extermination des sauvages, il n'y eut jamais besoin d'aller beaucoup plus loin que la constatation que c'étaient des sauvages - c'est-à-dire rebelles à la civilisation, inéducables. De même, parmi les animaux, il y a des domestiques et des gibiers, deux catégories utiles pour l'homme; mais il y a aussi les nuisibles. Les sauvages sont comme les nuisibles, on ne peut que les éliminer pour faire place nette, pour que la terre soit mise en valeur par ceux qui en sont capables. Cette justification n'est-elle pas suffisante? A vrai dire, la question ne se pose même pas: c'est plutôt celle, inverse, de la justification éventuelle de la nuisance certaine des sauvages qui est posée. Écoutez donc Renan: «Toutes les consciences sont sacrées; mais elles ne sont pas égales. Où s'arrêter? L'animal aussi a ses droits. Le sauvage d'Australie a-t-il les droits de l'homme? ou ceux de l'animal?»(1)

L'oeuvre positive de la civilisation blanche occidentale
Y a-t-il du nouveau entre le discours de Renan félicitant Arthur de Gobineau à la suite de la publication de son traité sur «l'inégalité des races» et le discours actuel de l'intolérance. Pour l'histoire, quand des prix Nobel comme Richet au début du XXe siècle et Watson à la fin du XXe siècle font à un siècle d'écart l'apologie de la race blanche, on comprend que l'avènement du IIIe Reich ne fut pas un accident de l'histoire mais une continuité, celle d'un discours de tout le XIXe siècle sur les races supérieures et leur devoir vis-à-vis des races inférieures, comme le martelait Jules Ferry. Le racisme est pour ainsi dire consubstantiel de la nature humaine; au nom du racisme il y a eu l'esclavage, il y a eu la traite des Noirs, le code noir, le code de l'indigénat. Nous allons traiter à travers quelques cas comment l'Europe développe, contrairement aux autres peuples et nations, un double discours: celui des droits de l'homme, de l'Habeas Corpus, des droits de l'homme et du citoyen et en même temps dans ce XXIe siècle, elle continue à laisser faire des actes racistes insidieux, voire, elle entretient par des mécanismes invisibles, cette barrière invisible qui existait entre le colonisé et le colon, entre le beur, le Noir des anciennes colonies devenu français, mais toujours avec ce plafond de verre qui obère tout leur avenir. Il est vrai qu'au XIXe siècle, les chantres des races supérieures tels que Arthur de Gobineau (De l'inégalité des races), Renan et Joseph Chamberlain en Angleterre entretenaient avec conviction le filon du racisme, le même Jules Ferry n'est-il pas allé jusqu'à proclamer à l'Assemblée que «les droits de l'homme ne sont pas applicables dans nos colonies».(2)
Résultat des courses de cet ensauvagement des mentalités: deux guerres meurtrières de 20 et 60 millions d'habitants en 1914-18 et en 1939-45. Est-ce cela la civilisation? Les «beurs» ont une façon à eux de résumer leur situation en trois phrases: «Tu peux gagner des médailles d'or pour la France, pour les flics tu resteras toujours un macaque. Tu peux gagner la Coupe du monde pour la France, pour les flics tu resteras toujours un raton. Tu peux vivre depuis 200 ans en France, pour les videurs des boîtes de nuit, si ta peau est basanée, ce sera toujours «ça ne va pas être possible»». Il ne faut pas croire aussi que dans l'Amérique d'Obama, le racisme a disparu. Nous nous souvenons des mésaventures du professeur noir de Harvard, malmené chez lui sur dénonciation d'une passante qui croyait à un cambriolage. Est-ce cela des signes d'une civilisation supérieure?(2) De Gaulle en son temps, affirmait que «le corps social» français «n'est pas prêt à absorber en grande quantité des éléments allogènes à son «identité». Celle d'un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.» Justement au nom de la chrétienté et comme au temps des empires espagnols et portugais, on garde vis-à-vis de l'Autre cette distanciation religieuse au nom de la «Règle des trois C»: Christianisation, Commerce et Colonisation.(2) Il est vrai que le racisme est le défaut le mieux partagé au monde. De ce fait, personne n'est bien placé pour juger. Cependant, l'Occident dicte la norme, série, punit et adoube en fonction de règles invisibles et ce sont toujours les élites qui le distillent de façon pernicieuse. Pendant longtemps les savants anglais se posaient la question s'il fallait classer les aborigènes, ce peuple premier d'Australie, dans la catégorie des singes ou des hommes. Un autre exemple qui invite à ré-étalonner l'échelle de l'horreur on apprend enfin, ce qu'on savait... «Plus d'un million d'Irakiens sont morts dans la guerre américaine. La réaction immédiate de certaines personnes est de dire: «Ce n'est pas possible» parce que les Etats-Unis ne pourraient pas faire une chose pareille. Noam Chomsky a écrit un jour que «le signe d'une culture vraiment totalitaire est que des vérités importantes ont tout simplement perdu tout sens pour les gens et sont assimilées à des provocations du niveau de «Va te faire foutre!» et ne peuvent générer en réponse qu'une torrent parfaitement prévisible d'injures.»» (3) «C'est en effet à peu près la manière dont les médias ont réagi au chiffre de un million quand il a été annoncé en 2007 par la firme de sondages britannique, Opinion Research Business (ORB) (En fait la firme estimait que 1.220.580 Irakiens étaient morts, ce qui confirmait, en la mettant à jour, une étude réalisée l'année précédente par des chercheurs de l'Université Johns Hopkins et publiée dans le journal médical The Lancet). (...) Mais c'est Madeleine Albright, la secrétaire d'Etat de l'époque, qui a dit en parlant de la mort des 500.000 enfants irakiens que «c'était le prix à payer». Et c'est Leon Panetta, le secrétaire de la Défense actuel, qui a utilisé exactement la même expression à propos de la seconde invasion et occupation de l'Irak»..(3) Est-ce cela la civilisation occidentale dont veulent se prévaloir ceux qui tiennent à cette hiérarchie des civilisations? On voit donc qu'au nom de la civilisation, on série les races et les civilisations. Peut-on dire que la gauche est indemne de toute critique et qu'en l'occurrence elle a, comme dit, le nez propre? Malheureusement il n'en est rien. N'est ce pas Leon Blum qui, à la tribune le 9-juillet 1925 à la Chambre des députés, s'écriait. «Nous avons trop l'amour de notre pays pour désavouer l'expansion de la pensée, de la civilisation française... Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture...». Aimé Césaire, dans un cri du coeur lumineux en 1950, écrivit: «Le discours sur le colonialisme» qui n'a pas pris un pli où il déconstruit la «mécanique coloniale». Il décrit d'abord la civilisation apportée aux sauvages en donnant quelques exemples: «J'ai relevé dans l'histoire des expéditions coloniales quelques traits que j'ai cités ailleurs(...) Etait-il inutile de citer le colonel de Montagnac, un des conquérants de l'Algérie: «Pour chasser les idées qui m'assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d'artichauts, mais bien des têtes d'hommes.» Convenait-il de refuser la parole au comte d'Herisson: «Il est vrai que nous rapportons un plein barils d'oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis.» Fallait-il refuser à Saint-Arnaud le droit de faire sa profession de foi barbare: «On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres. (...) Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde». (4)Voilà les faits d'armes d'une civilisation qui se dit supérieure parce qu'héritière des «Lumières» qui furent pour les colonisés à bien des égards des ténèbres...

Les vrais combats à mener
En regardant les choses de près, on s'aperçoit que l'idéologie instillée aux peuples occidentaux, leur donne le soporifique de la supériorité pour faire diversion. Quelque part sans accepter leur position on peut la comprendre, car d'une façon irraisonnée ils ont peur de perdre leurs repères, culturels, religieux face à l'invasion des barbares. La faute incombe aux théoriciens, les savants, ces fameux Clercs qui avaient vocation à trahir et qui sont au service des princes. A côté d'eux, les lucides qui possèdent une âme universelle et qui regardent l'Homme dans son ensemble et non à partir de sa situation géographique ou son faciès.
Les contingences électoralistes ont zoomé là où ça porte et on pense à tort que le fond rocheux du français de souche est intolérant. Il est vrai que les difficultés économiques font qu'on pense en priorité aux variables d'ajustement surtout s'ils sont noirs, basanés ou pire encore musulmans. Par temps de crise, Fernand Reynaud l'a dit: «L'étranger mange le pain des Français.» Cet étranger a été d'abord, l'Italien, le Portugais, le Polonais qui, par la suite, ont été absorbés par le corps social français parce qu'on le veuille ou non, la religion chrétienne ou non berce d'une façon invisible l'imaginaire des Français. Les beurs de la nième génération qui tiennent à leurs repères - qui ne mangent pas le cochon et ne boivent pas de vin - sont, naturellement, pointés du doigt. Cette apologie «de tous contre tous» en désignant sans discernement l'adversaire «total» comme étant ce pelé, ce galeux d'où viennent tous nos maux. En un mot comme en mille, cet Islam n'est accepté que s'il est invisible sans épaisseur. Le fait de diaboliser les musulmans est un contre-feux, il est contre-productif et surtout s'aliénera durablement qu'on le veuille ou non malheureusement, l'imaginaire des Français dits de souche - qui pourraient être sensibles au discours de la haine- vis à vis des Français allogènes. Où est la République et sa forte volonté d'intégration dans un vivre-ensemble, pour constituer une Nation qui pour Renan, serait un plébiscite de tous les jours? Depuis 1945, l'Occident n'a cessé de se déshonorer en menant des guerres impérialistes, en affamant des peuples, en agressant des pays en vue de s'emparer de leurs richesses pétrolières. En pendant Saddam Hussein, en lynchant Kadhafi on a compris que le Nouvel Ordre représentant l'oligarchie financière est prêt à tout. Hiroshima et Nagasaki, l'agent orange et l'uranium appauvri sur des populations civiles sont autant de taches indélébiles sur le visage de la civilisation occidentale..
Pourtant, il me semble que dresser les uns contre les autres est un combat d'arrière- garde et de diversion car les vrais problèmes sont ailleurs. Le vrai combat qui mérite d'être mené est de créer des solidarités inter-conditions sociales contre «l'ordre» établi. Un ordre qui ne fait pas de place aux petits, quelles que soient leurs latitudes. Que l'on ne se trompe pas, nos adversaires ne sont pas les besogneux de toutes conditions mais ceux qui vénèrent le Dieu argent qui broie tout sur son passage. Ce «money-théisme» laminoir fait fi des identités, des espérances, des apports civilisationnels de chacun pour le plus grand bien des puissants. Le discours de l'intolérance n'est que la partie immergée de l'iceberg. C'est un combat planétaire qui se joue, ne nous trompons pas de combat!

1. Alain Testart: La question de l'évolutionnisme Revue française de sociologie, XXXIII-2, avril-juin1992, 155-187 http://www.alaintestart.com/documents/qevol.pdf
2. C.E. Chitour http://www.legrandsoir.info/ L-Occident-et-les-autres-Chronique-d-un-racisme-ordinaire.html
3. Danny Lucia: http://socialistworker.org/ 2012/01/30/one-million-dead
4. Aimé Césaire: Discours sur le Colonialisme (1950), éd. Présence africaine, 1989. p.11-12.

Source : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/147888-l-ensauvagement-comme-credo.html  

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