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 COMMERCIALISATION D’AUTOMOBILES - Irrégularités, corruption et passe-droits !

24/6/2012

COMMERCIALISATION D’AUTOMOBILES - Irrégularités, corruption et passe-droits !

C’est l’aberration la plus fréquente : faire attendre le client plusieurs mois avant de lui livrer son véhicule. Les victimes se comptent parmi les jeunes postulants dans le cadre des dispositifs Ansej et Cnac, notamment. Le pot-de-vin remplace la TVA. Les concessionnaires sont là pour «absorber» le manque à gagner des exonérations fiscales.
Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - L’exonération de la TVA (fixée à 17 %) fait gagner à un désœuvré aspirant devenir son propre patron une importante somme d’argent. C’est une mesure d’aide décrétée, entre autres mesures, au profit des jeunes dans le cadre des dispositifs d’aide à la création d’entreprises. Un vain mot. «Si vous ne payez pas, vous devez attendre jusqu’à expiration de la période de franchise pour qu’on vous livre le véhicule. Soit, la première année de sa jeune entreprise où vous êtes exonéré d’impôts, voire plus», s’indigne-t-on. Or, au-delà de la corruption, faire attendre un client plus de quarante-cinq jours à compter de la date de commande est, en soi, une entorse à la loi régissant la commercialisation des véhicules neufs. Une violation du droit du consommateur parmi tant d’autres. L’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement de la wilaya d’Alger (APOCE) en a énuméré une vingtaine. Elle tire la sonnette d’alarme. Selon son président, Mustapha Zebdi qui a animé hier une conférence au centre de presse d’ El Moudjahid, le retard dans la livraison peut atteindre plusieurs années. «Nous avons enregistré un cas où l’acheteur a dû attendre quatre ans», avance-t-il. Vraiment un cas ! Et d’enchaîner : «Les caractéristiques des véhicules livrés ne sont pas les mêmes que celles sur la fiche technique. C’est du vol plutôt que de la publicité mensongère ! Les contrats de vente ne sont pas conformes. Ni la date de livraison ni les caractéristiques du véhicule ne sont mentionnés correctement sur les contrats. L’acompte exigé (la somme qu’on avance dès qu’on passe commande, ndlr) excède les 10 % du prix de vente dans la plupart des cas (la loi prévoit un maximum de 10 %, ndlr), et parfois le concessionnaire exige purement et simplement un paiement à 100 %. Les concessionnaires révisent à la hausse, et à leur guise, le prix du véhicule durant la période d’attente. C’est à prendre ou à laisser. La non-conformité de l’immatriculation provisoire est une autre violation et la quantité de carburant dans le réservoir du véhicule livré qui ne permet pas de rouler une distance de 50 km comme prévu par la loi». Ceci, à l’acquisition du véhicule.
Les concessionnaires alimentent le marché informel
Le service après-vente est une autre paire de manches dont les agissements relèvent aussi du pénal. «Outre la non-disponibilité de la pièce de rechange, les rendez-vous pour un service après-vente sont lointains. On ne propose jamais au client un véhicule pour remplacer le sien en cas d’immobilisation de plus de 15 jours comme prévu par la loi d’autant qu’on n’inscrit pas toutes les réparations effectuées sur le véhicule dans le carnet d’entretien. Tout est opéré et facturé dans l’opacité. Plutôt des réparations trompeuses pour gonfler les factures d’entretien.» Un tableau noir donc dressé par l’Apoce qui a accompagné un client de Béchar dans son dépôt de plainte contre un concessionnaire. Le procès est programmé le 13 juillet prochain. D’autres «victimes» ont été également invitées à témoigner dans cette conférence. La filière ressemble ainsi à une «jungle» où le consommateur est le plus faible en dépit des lois qui le protège. Intervenant dans le débat, Malek Serrai, président d’Algeria International Consult, bureau d’études, d’assistance technique et de conseils, a fait part d’un autre état de faits, plus accablant encore : «Les véhicules neufs sont disponibles au marché parallèle. Et ce sont ces mêmes concessionnaires qui alimentent ces circuits informels. Je connais des gens qui vous livrent, le jour même, n’importe quel véhicule. Mais c’est plus cher que chez le concessionnaire. L’Algérie est le seul pays au monde où le véhicule neuf se vend plus cher ailleurs que chez le concessionnaire. »
L. H.

 Source : http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/06/24/article.php?sid=135903&cid=2

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