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 Le PDG de Sonatrach sous contrôle judiciaire : Accusé de malversations avec neuf autres cadres dirigeants

15/1/2010

Le PDG de Sonatrach sous contrôle judiciaire : Accusé de malversations avec neuf autres cadres dirigeants

Après le ministère des Travaux publics, c’est au tour de Sonatrach d’être éclaboussée par un scandale qui n’est pas près de livrer tous ses secrets. Ainsi, le PDG, Mohamed Meziane, ses deux enfants, l’ancien patron du Crédit populaire d’Algérie (CPA), son fils et 15 cadres, dont des vice-présidents de la compagnie pétrolière, ont été présentés au tribunal de Sidi M’hamed, mardi en début d’après-midi, après une enquête préliminaire menée par les officiers judiciaires militaires du Département de renseignement et de sécurité (DRS) qui a duré plus de deux semaines. Celle-ci concernerait des malversations dans l’octroi de marchés à deux bureaux d’études et de consulting et d’installation de surveillance dans le cadre de l’activité de transport par canalisation, qui auraient réussi grâce à leurs relations, notamment les enfants du PDG, à avoir un statut de « privilégiés ». Après une audition de plus de 20heures, le juge d’instruction a pris de lourdes décisions à l’encontre de l’ensemble des mis en cause. Ainsi, il a mis sous mandat de dépôt les deux enfants du PDG de Sonatrach, l’ancien président-directeur général du CPA, Hachemi Meghaoui, son fils (propriétaire d’un bureau d’études), un entrepreneur privé, deux vice-présidents de la compagnie, Benamar Zenasni (chargé de l’activité transport par canalisation - TRC) et Belkacem Boumedienne (chargé de l’activité Amont - exploration et production), a-t-on appris de source judiciaire.

 

Le juge a également placé sous contrôle judiciaire 7 cadres dirigeants de la compagnie, dont le président-directeur général Mohamed Meziane et Chawki Rahal, vice-président chargé de l’activité commercialisation.

Tout en reconnaissant à chacun le principe de la présomption d’innocence, nos interlocuteurs estiment qu’il s’agit là d’une grande affaire de corruption liée à la passation douteuse de marchés publics au profit de deux bureaux d’études et de consulting et d’une entreprise d’installation d’équipements de sécurité, qui auraient bénéficié d’importants contrats en contrepartie de pots-de-vin grâce aux enfants du PDG de Sonatrach qui auraient joué le rôle d’intermédiaires. Pour l’instant, aucune information n’a été rendue publique par la compagnie pétrolière, qui se retrouve ainsi décapitée puisque c’est toute son équipe dirigeante qui est poursuivie pour malversations, violation de la législation en matière de passation de marchés publics, corruption et, surtout, association de malfaiteurs, une accusation qui relève du tribunal criminel et dont les premières estimations font état de plus de centaines de millions de dinars. C’est, en fait, le plus important scandale qui éclabousse les dirigeants de Sonatrach, en proie ces dernières années aux plus folles rumeurs sur les dépenses astronomiques de la compagnie. Il ressemble étrangement à celui qui a touché le ministère des Travaux publics, dont l’affaire est toujours en instruction et pourrait connaître de nouveaux rebondissements après que la défense du secrétaire général Mohamed Bouchama (en détention provisoire), composée de maîtres Miloud Brahimi et Khaled Bourayou, a exigé l’audition de Amar Ghoul, le ministre des Travaux publics, en tant que premier responsable du département mais aussi des grands chantiers de l’autoroute Est-Ouest.

Les dernières confrontations entre les mis en cause en liberté et en détention ont fait état de nombreuses autres révélations fracassantes sur les complicités des uns et des autres, non encore directement impliqués. Les deux lourds dossiers – Travaux publics et Sonatrach – sont traités par les juges du pôle spécialisé près la cour d’Alger, des magistrats en principe suffisamment outillés pour examiner ce genre d’affaires. La question qui reste posée est de savoir si ces juges vont aller le plus loin possible dans ces dossiers, instruits sur injonction du président de la République, et qui ont en commun le fait d’avoir été pris en charge par le DRS sans qu’il y ait de partie civile ou de plainte préalable. A ce jour, ni le ministère des Travaux publics n’a déposé plainte, tout comme d’ailleurs le ministère de l’Energie, pour ce qui est de Sonatrach. Les deux enquêtes ont été ouvertes à la suite de dénonciation adressée au Président, qui a saisi les services du DRS. Le tribunal de Sidi M’hamed est en train d’instruire les « affaires du siècle ». Saura-t-il livrer la vérité et toute la vérité à l’opinion publique ? Le temps nous le dira…

 

Par Salima Tlemçani

Source : http://www.elwatan.com

Tags : corruption
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