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 LES DEFIS DU FUTUR - L’énergie expliquée à nos gouvernants.

19/1/2010

 

énergie solaireLES DEFIS DU FUTUR - L’énergie expliquée à nos gouvernants.
16 Novembre 2009

«Entreprendre consiste à changer un ordre existant»
Joseph Schumpeter

Le moteur de la civilisation est, dit-on, l’énergie. Quel monde de l’énergie aurons-nous en 2030? Quels types d’énergie allons-nous consommer? Quel sera leur coût et quels impacts auront-ils sur le climat? Nous allons décrire le monde de l’énergie en 2030 tant du point de vue des énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon) que de celui du développement des énergies renouvelables dans un contexte unique pour l’humanité: la diminution inexorable des énergies fossiles, notamment le pétrole moteur de la mécanisation, et de l’imminence des changements climatiques dus, pour une large part, à une pollution anthropique qui fait que nous rejetons dans l’atmosphère plus de 27 milliards de tonnes de CO2 et dans l’acidification des océans, l’addiction à l’automobile et en règle générale les transports sont responsables de près d’un tiers de la consommation d’énergie.

Etat du monde de l’énergie
Le monde actuel présente à bien des égards une situation paradoxale. La population mondiale est de 6,8 milliards d’individus On compte plus d’un milliard de personnes sous-alimentées dans le monde. Près de 1, 4 milliard de personnes n’ont pas accès à un point d’eau potable. Il faut savoir de plus que 80% de l’énergie dans le monde sont consommés par 20% d’habitants de la planète, principalement les pays industrialisés et les 80% de la planète consomment 20% de l’énergie généralement traditionnelle (bois) ou renouvelable comme l’hydraulique. Il y a donc un rapport de 1 à 16; en clair par exemple, un Américain consomme 8 tonnes de pétrole par an contre 1, 8 tonne en moyenne mondiale et à peine 0, 5 tonne pour la plupart des pays africains. L’Algérie consomme 1 tonne mais elle peut en consommer moins du fait d’un gaspillage important évalué à au moins 20%.

Le problème des réserves en hydrocarbures et le prix de l’énergie
Le temps du pétrole abondant et bon marché sera très bientôt derrière nous. C’est le cri d’alarme du docteur Fatih Birol, chef économiste à l’Agence internationale de l’énergie, organisme basé à Paris. Dans un entretien accordé au journaliste Steve Connor du quotidien britannique The Independent, Fatih Birol donne une évaluation très pessimiste des réserves de pétrole à l’échelle de la planète. Selon lui, la production mondiale devrait atteindre son niveau maximum dans une dizaine d’années, c’est-à-dire au moins dix ans plus tôt que prévu par la plupart des estimations des pays de l’Ocde. Il ajoute que cet «oil crunch» devrait se traduire par une augmentation durable du prix du baril car la demande continue à augmenter et devrait même dépasser l’offre disponible dès l’année 2010(1).
Après l’envolée des prix de juillet 2008 (147 dollars mais à peine les 30 dollars atteints en 1982 en dollars constants), il y eut une chute brutale des prix malgré les retraits de l’Opep: on se souvient que le pétrole a atteint 35 dollars en décembre 2008. La situation de 2009 se présente différemment, le prix du pétrole se stabilise autour de 70 dollars. Pourtant, le pétrole se fait de plus en plus rare. Selon une étude de l’AIE, à partir de l’année prochaine, la production mondiale de pétrole va décroître à un rythme de plus en plus élevé, que ce pétrole soit «conventionnel» et facile à extraire ou qu’il s’agisse de pétrole dont les conditions d’extraction sont difficiles, très coûteuses, techniquement risquées et aléatoires, très coûteuses aussi pour l’environnement. Les variations de prix du pétrole au cours des prochaines années, en hausse ou en baisse, ne seront qu’un épiphénomène. L’évolution sur une longue période sera une augmentation constante des prix à mesure de la rareté croissante du pétrole. Divers facteurs économiques (récession), climatiques (hivers doux) ou autres peuvent soit retarder le moment de ce déclin, soit conduire à une fluctuation en forme de «tôle ondulée» du maximum de la production. Le monde est beaucoup plus proche de manquer de pétrole que les estimations officielles ne l’admettent, selon un informateur de l’Agence internationale de l’énergie qui affirme qu’elle a délibérément minimisé une pénurie imminente de peur de déclencher des achats paniques. La dernière édition du World Energy Outlook prévoyait une production de 105 millions de barils/jours, alors que des voix à l’intérieur de l’agence s’interrogent et redoutent que la fourchette 90-95 mb/j ne soit intenable.(2)
Désormais, la théorie du «pic pétrolier» trouve des partisans au coeur même du secteur de l’énergie. «L’AIE prévoyait en 2005 que la production de pétrole pourrait s’élever à 120 millions de barils par jour en 2030, mais elle a été contrainte de réduire progressivement ce chiffre à 116 mb/j puis 105 l’an dernier», «Nombre de personnes à l’intérieur de l’organisation estiment que le maintien de la production, même entre 90 mb/j et 95 mb/j sera impossible, mais il est à craindre que la panique puisse se propager sur les marchés financiers si les chiffres avaient été inférieurs». Matt Simmons, qui est un expert respecté de l’industrie pétrolière, a longtemps contesté les chiffres du déclin de la production et les statistiques pétrolières que l’Arabie Saoudite fournit sur ses propres champs. Il s’interroge sur le fait que le pic pétrolier puisse être beaucoup plus proche que beaucoup ne l’acceptent. Colin Campbell, un ancien cadre de Total France a déclaré lors d’une conférence: «Si le chiffre des réserves réelles [de pétrole] sortait, il y aurait une panique sur les marchés boursiers...au bout du compte cela n’arrangerait personne.» De fait, Fatih Birol assure que les pays non membres de l’Opep auront atteint leur pic de production d’or noir, non pas à un horizon lointain, mais dès 2010! D’ici à 2030, 93% de la demande supplémentaire d’énergie proviendra des pays non membres de l’Ocde (pays émergents et en développement), à commencer par la Chine et l’Inde. Pour satisfaire ces ogres, même si la communauté internationale se lance dans une politique active de substitution des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) afin de lutter contre le changement climatique, l’Opep devra augmenter sa production de 30% au cours des vingt prochaines années.
Selon l’AIE, la demande mondiale de pétrole pourrait culminer autour de 2025. Une chose est sûre, résume Birol: «L’ère du pétrole bon marché est révolue.» Les investisseurs sont, de leur côté, soumis à une grande incertitude, souligne-t-il. «Tout le monde attend ce que va donner la conférence de Copenhague sur le climat», qui s’ouvre dans moins d’un mois. Les ministres de ses 28 États membres, réunis à Paris en octobre, soutiennent le «scénario 450». 450 «parties par millions» (ppm), c’est la concentration de gaz à effet de serre que l’atmosphère ne devrait pas dépasser dans la seconde moitié du siècle pour éviter une hausse moyenne de la température de plus de 2°C. Au-delà, les experts de l’ONU prévoient un scénario incontrôlable. L’investissement, colossal, évalué par l’agence pour opérer la révolution énergétique est de 10.500 milliards de dollars d’ici à 2030. Ce qui ne représentera que 0,5% à 1,1% de la richesse annuelle mondiale. Elle sera «en partie compensée» par la forte réduction de la facture énergétique. La sécurité d’approvisionnement en serait aussi renforcée. Mais, prévient Nobuo Tanaka, chaque année d’inaction coûtera 500 milliards supplémentaires. Deux scénarios s’offrent aux Etats: poursuivre la tendance actuelle ou investir massivement dans les économies d’énergie et les technologies peu émettrices de gaz carbonique. La politique la plus efficace, rappelle l’AIE, reste l’amélioration de l’efficacité énergétique. L’agence plaide pour un développement de l’éolien, du solaire, des agro-carburants, du nucléaire et du captage-stockage du CO2. Et la fixation d’un prix de la tonne de carbone (50 dollars en 2020 dans les pays de l’Ocde).(3)
Cependant, le croyons-nous, on ne peut qu’accélérer le déclin du pétrole avec un prix aussi dérisoire qui incite au gaspillage. Il n’est pas normal qu’un liquide que la nature a mis des dizaines de millions d’années à fabriquer, qui n’est pas renouvelable, qui commencera à manquer dans 10 ou 20 ans, et qui détraque le climat, vaille moins cher que le travail humain en Occident! Depuis 1981, le volume de pétrole extrait chaque année est supérieur à celui des nouvelles découvertes. Actuellement, le volume produit est 3 à 4 fois supérieur au volume découvert. Avec un prix du pétrole par exemple de 70 dollars le baril et un prix du gaz à 7 dollars le British Thermal Unit, l’écart entre les deux est de 12.4 dollars par tonne équivalent pétrole (Tep). Le gaz est moins cher que le pétrole à même équivalent énergétique.(4)

L’imminence des changements climatiques et l’espoir de Copenhague
Du point de vue des changements climatiques, les pays développés polluent là aussi pour plus de 70%. La pollution se partage globalement en trois secteurs: l’automobile (35%) le résidentiel (30%) et l’industrie-agriculture (35%). Ainsi, à titre d’exemple, 35 millions de voitures sont construites chaque année et qui s’ajoutent au stock des 700 millions de voitures dont 250 millions de voitures pour les seuls Etats-Unis (deux voitures pour trois personnes) et à peine 30 millions de voitures pour la Chine (une voiture pour 60 personnes). D’après les rapports du Giec (organisme spécialisé dans le climat), si on ne fait rien d’ici 2050 l’augmentation de température dépassera les 2°C La planète est surexploitée et chaque année ce qu’elle met à notre disposition est épuisé bien avant la fin de l’année.
Les experts de l’Ocde répondent: «Les pressions exercées sur les ressources naturelles et l’environnement ne proviennent pas du nombre d’habitants mais de leurs habitudes de consommation.» Les discussions préparatoires au sommet de Copenhague sont pour le moment dans l’impasse. Le protocole de Kyoto prévoyait une réduction des émissions américaines de 7% par rapport au niveau de 1990, mais n’imposait aucune restriction aux pays en développement.
La Chine, aujourd’hui premier émetteur de GES au monde, [rapporté à l’habitant, le Chinois contribue à la pollution pour 2 tonnes de CO2 par an contre 20 tonnes pour l’Américain et 10 tonnes pour l’Européen ] réclame que les USA respectent leur signature avant de s’engager elle-même, et demande que les émissions soient comptabilisées per capita. (5)
Le cycle de négociations préparatoires au sommet de Copenhague, qui s’est tenu à Barcelone, se solde par un échec. Les pays africains ont quitté durant deux jours les discussions pour marquer leur mécontentement croissant devant l’insuffisance des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés, au premier rang desquels les USA. Alors que les pays du Sud veulent obtenir la réduction préconisée par les scientifiques, qui est de 40% des émissions pour l’ensemble des pays développés, ceux-ci ne se sont pas engagés au-delà de 10% pour l’instant. Les pays africains ont montré qu’ils étaient prêts à provoquer une crise majeure à l’ONU si les USA et les autres pays riches ne s’engageaient très rapidement à des réductions plus importantes de leurs émissions de gaz à effet de serre.(6)
Comment ne pas dépasser alors les 2°C à 2050 c’est-à-dire stabiliser les émissions de CO2 autour de 450ppm? On avait pensé qu’avec l’élection d’Obama et ses premiers discours, la planète avait des chances d’être sauvée. En fait, mis à part des effets d’annonce, surtout dans le développement des énergies renouvelables, l’Administration américaine veut faire porter le poids des grandes baisses de consommation aux pays émergents. La communauté scientifique est claire: il faut réduire d’au moins 25% à 40% les émissions d’ici à 2020 dans les pays industriels.

Les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables
Beaucoup de pays développés et même des pays émergents prenant en compte toutes les contraintes du futur: inéluctabilité des changements climatiques, pénurie d’énergie due à des épuisements de la plupart des grands gisements, pénurie d’eau, voire même d’uranium, ont adopté des stratégies qui reposent globalement sur trois facteurs: optimiser la croissance en allant vers la sobriété énergétique, diminuer l’intensité énergétique, consommer moins en consommant mieux, aller vers les énergies non carbonées en développant, à marche forcée, les énergies renouvelables. Des études ont montré que les gisements d’économie d’énergie dépassaient les 20% voire les 30%. Une étude de McKinsey, un cabinet d’audit américain, a donné un chiffre astronomique: l’efficacité énergétique (le fait de traquer les pertes d’énergies, très nombreuses) pourrait faire économiser aux Etats-Unis plus de mille milliards de dollars d’ici à 2020.
Ainsi, à titre d’exemple, l’Union européenne a pu fédérer les politiques énergétiques de ses 27 Etats autour du triptyque suivant: à l’horizon 2020, elle se fixe comme objectif 20% d’économie d’énergie, une diminution de l’intensité énergétique de 20% et enfin 20% de son énergie sera d’origine renouvelable. Il en est de même de la Chine qui compte investir près de 400 milliards de dollars dans les énergies renouvelables.
En France, la mise en place du «Grenelle de l’Environnementent 2007-2008» véritables Etats généraux de l’énergie, a permis à la France de tracer une stratégie énergétique en dehors du nucléaire avec un engagement massif pour les énergies renouvelables.
A Tokyo, le nouveau Premier ministre a engagé le Japon à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 25% d’ici à 2020 par rapport aux émissions de 1990.
C’est dire si, en définitive, l’énergie et le climat sont deux préoccupations majeures qui vont structurer durablement l’avenir. Que devrait faire l’Algérie pour s’y préparer? Nous tâcherons d’y répondre dans une autre contribution.

2° partie : Nous avons vu dans une précédente contribution que la consommation d’énergie de la planète était composée à plus de 80% en énergie fossile (charbon, pétrole, gaz naturel), ce qui génère plus de 27 milliards de tonnes de CO2 dont la majorité va dans l’atmosphère et l’autre se dissout dans les océans, participant d’une façon irréversible à son acidification avec comme conséquence prévisible la destruction de la flore marine. Pis encore, l’AIE dans une démarche schizophrène nous avertit de la nécessité d’investir à marche forcée dans les énergies renouvelables tout en nous apprenant qu’il faut 10.000 milliards de dollars pour combattre les changements climatiques et arriver à 105 millions de barils /jour en 2030 contre 84 millions de barils/jour actuellement, nous assénant du même coup le fait qu’il y aura toujours 80% de l’énergie consommée, qui sera d’origine fossile! L’AIE pointe du doigt les pays émergents responsables de la pollution future et milite pour des prix bas du pétrole! Ce qui empêche toute compétitivité des énergies renouvelables et le développement des technologies chères de la séquestration du CO2.(7)
Toute nation, à un moment donné de son histoire, doit faire le point sur son devenir. Eu égard aux mutations profondes rapides et dangereuses que subit le monde. L’Algérie ne doit faire pas exception. Elle est de ce fait, sommée de se déterminer par rapport aux multiples défis qu’elle se doit d’affronter. Depuis près de cinquante ans, la vie économique algérienne s’est organisée autour des recettes pétrolières. Au total, durant la décennie 2000, c’est plus de 300 milliards de dollars qui ont été engrangés. Pourtant, malgré des réserves de change évaluées à 140 milliards de dollars (juin 2009), malgré des réalisations importantes, il n’y a pas réellement de création de richesses...L’Algérie est visiblement un pays riche avec une population pauvre. Je l’ai souvent écrit: «Rouler en 4x4 avec un portable à l’oreille n’est pas un signe de développement.» L’illusion du développement devrait laisser la place à l’effort avec une remise à plat de nos forces et de nos faiblesses.

Comment se présente l’énergie en Algérie?
Ce préambule était nécessaire pour arriver à décrire la réalité de nos richesses. D’après plusieurs sources (AIE et BP), les réserves pétrolières de l’Algérie sont estimées entre 16 et 17 milliards de barils. Les découvertes faites chaque année ne couvrent qu’une partie de la production. On parle de 60%. Cela veut dire que chaque année nous entamons inexorablement les réserves avec un pourcentage de plus en plus élevé. La production actuelle est de l’ordre de 1, 4 million de barils/jour tous liquides confondus. S’agissant du gaz naturel, nos réserves de 4359 milliards de m3 nous placent en 9e position. L’Algérie exporte plus de 6 milliards de m3 de gaz La consommation nationale d’électricité connaît une hausse annuelle de 5,8%. Selon un rapport du ministère de l’Energie et des Mines, la capacité nationale de production électrique est passée de 5907 Mégawatts en 2000 à 8502 Mégawatts fin 2008. Le groupe Sonelgaz prévoit de porter la capacité installée de production d’électricité à 12.771 MW à l’horizon 2012, contre 8502 MW à fin 2008. La consommation de l’Algérie est d’environ 32 millions de tonnes équivalent pétrole pour 35 millions d’habitants à près de 100%, elle est uniquement composée d’hydrocarbures. L’Algérie est classée dans la catégorie des pays à 1000 kWh/an, soit près de trois fois moins que la moyenne mondiale, l’Américain consomme 14 fois plus d’énergie qu’un Algérien. Au Maghreb, elle se classe loin derrière la Libye et la Tunisie. Enfin, elle est le 20e pays arabe sur 23 en termes de consommation d’énergie. C’est dire que malgré les efforts qui ont été faits pour porter la puissance installée à 7000 MW, il reste encore du chemin pour rattraper le retard par rapport à la moyenne mondiale (environ 2700 kWh, soit environ 2,8 fois la production algérienne).
Par ailleurs, dans toutes les prévisions de consommation, il n’est nulle part tenu compte de l’entrée progressive et importante et incontournable des énergies renouvelables dans les bilans énergétiques de l’Algérie telles que le solaire, l’éolien, le géothermique; dans les statistiques actuelles, elles sont infimes. Le parc automobile en Algérie est estimé à 5,5 millions de voitures. Est-il normal qu’il y ait des dizaines de marques qui vendent des véhicules qui, s’ils répondent aux techniques classiques, sont tout de même très énergivores. Il faut savoir par exemple que les voitures émettant plus de 160g/CO2 par km sont de moins en moins acceptées en Europe. La norme pour 2012 est de 120g de CO2 par km, ce qui correspond globalement à 4 litres aux 100 km. Par ailleurs, nous avons des difficultés à assurer l’approvisionnement en carburant et surtout en gas oil qu’on est obligé d’importer pour des dizaines de millions de dollars. Dans le même temps, nous avons du gaz naturel et nous avons du GPL en quantité avec, certaines fois, des difficultés à placer le GPL sur le marché international. Pendant ce temps, on continue à faire des Salons où on importe des véhicules difficilement vendables dans les pays d’origine pour cause d’excès de consommation d’énergie. S’agissant des perturbations climatiques, l’Algérie et les pays du Maghreb seront très vulnérables aux changements climatiques selon une étude de «Climate Change Knowledge Network». Il est dit que la température a augmenté de 1°C ces trente dernières années, ce qui induit une fréquence accrue des sécheresses et inondations. Les changements climatiques représentent une véritable menace pour le développement et pour la vie des populations. En Europe, à titre d’exemple, on se prépare à faire face aux changements climatiques d’une façon scientifique. Dernier point, nous prenons beaucoup de retard. A titre d’exemple, le Maroc se lance résolument dans les énergies renouvelables. L’agence presse espagnole EFE du 5 novembre nous apprend que le Maroc a présenté un projet pour la construction de cinq centrales solaires grâce à un accord stratégique passé avec l’Espagne et l’Allemagne. Le projet sera mis en chantier en novembre 2010 et deux de ces centrales seront construites au Sahara occidental.

Un Plan Marshall multidimensionnel pour l’Algérie
L’eau, l’énergie et l’environnement sont le triptyque autour duquel devrait s’articuler, dans une grande mesure, le développement économique scientifique du pays pour les prochaines décennies. Beaucoup de réalisations sont à mettre à l’actif du secteur de l’eau et dans celui des hydrocarbures. Les ressources hydriques, et énergétiques sont limitées. Supposons pour fixer les idées, que nous voulons prévoir l’avenir énergétique de l’Algérie à l’horizon 2030, compte tenu des contraintes objectives et de l’hypothèse vraisemblable, d’après les études, que l’Algérie n’exportera plus de pétrole à partir de 2030 avant de devenir importatrice quelques années plus tard. Etant dépendant à 98% pour nos exportations du pétrole, la stratégie à mettre en oeuvre consistera justement à un triple objectif: d’abord faire la chasse au gaspillage: des études ont montré que les gisements d’économie d’énergie dépassaient les 20%, voire les 30%. Notamment dans deux domaines, le domaine des transports et celui de l’habitat particulier ou administratif. Optimiser la croissance en allant vers la sobriété énergétique. Assurer une relève graduelle par les énergies renouvelables, en allant vers les énergies non carbonées en développant à marche forcée les énergies renouvelables. Diminuer l’intensité énergétique, consommer moins en consommant mieux. Modérer et dimensionner notre production en fonction des stricts besoins de l’Algérie en rompant une bonne fois pour toutes avec la culpabilité de «nos engagements». Nous aurons en 2030 près de 45 millions d’habitants, la production de pétrole et de gaz suffira uniquement aux besoins intérieurs de l’Algérie si l’on parle de l’hypothèse la plus probable de 2 tep/hab /an et de 5000 kWh/hab/an, soit une consommation interne de près de 100 millions de tonnes de pétrole (tep) contre 34 actuellement. Nous aurons donc à multiplier notre consommation par 3; en fait, il faut passer de la situation où personne ne se sent concerné à une situation où tout le monde, à des degrés divers, se sent concerné. Le gisement solaire est l’un des plus importants au monde en étendue (2,millions de km²) et en intensité. Une initiative intéressante a été faite par le groupe Cevital qui a pu faire partie d’un Consortium d’études sur les centrales solaires dans le Bassin méditerranéen. Le 13 juillet a été donné le coup d’envoi du gigantesque projet d’énergie solaire Desertec, qui pourrait marquer l’aube d’une ère énergétique nouvelle. L’Algérie devrait profiter de cette opportunité pour se «frotter» au gotha mondial du renouvelable et acquérir un savoir-faire. En l’occurrence, cette expérience devrait être aussi multipliée avec d’autres partenaires. Une autre récente étude montre que l’apport du Sahara est un facteur efficace de lutte contre le changement climatique. Les modèles climatiques indiquent que les régions passant du désert à la forêt et verraient la température descendre de 8° à 4°C. Cette couverture végétale génèrerait des nuages et l’apport de pluies, entre 700 et 1200 millimètres par an, disent les chercheurs. D’après leurs estimations, si une grande partie du Sahara était ainsi boisée, les arbres absorberaient huit milliards de tonnes de carbone par an, soit presque autant qu’en rejette la combustion des combustibles fossiles Des forêts plantées dans le Sahara y réduiraient les températures locales de 8 à 4°C (zones en bleu). De plus, le bois produit aurait un bilan carbone nul (8)
L’instauration du «barrage vert», juste retour des choses, s’inscrit dans cette perspective. L’Algérie devrait commencer à y réfléchir sérieusement en levant des fonds internationaux. Par ailleurs, il est connu que le potentiel agro-forestier correspondrait à 35 millions de tep dont environ 10% sont exploitables chaque année. Cette «énergie n’est pas exploitée», elle correspondait à 3, 5 millions de tep, soit l’équivalent de 1, 8 milliard de dollars au cours actuel de 70 dollars. Une initiative qui consistait à valoriser les déchets de dattes aurait pu, si elle n’avait pas été arrêtée, permettre de produire du bioéthanol à partir de déchets de palmiers dattiers, à savoir 150.000 tonnes. De plus, les 200 sources d’énergie géothermiques que compte l’Algérie, attendent d’être développées pour contribuer à la fois au développement industriel mais aussi au bilan énergétique dans le cadre du tertiaire.

La formation des hommes
Au vu des défis qui nous attendent, une bonne partie des enseignements du supérieur devraient être revus, notamment dans les disciplines technologiques pour prendre en charge les nouveaux défis. Comment par exemple contribuer à construire ses propres centrales solaires éoliennes, ses propres digesteurs de biomasse? En un mot, comment mettre en place la machine de la création de richesse? Une réponse possible: le recours d’une façon massive à l’université, à la richesse dans le cadre de mémoires d’ingénieur, de thèses de magister ou de doctorat pour créer graduellement un savoir et une expertise pour aboutir à construire soi-même sa propre centrale. Imiter les Chinois et les Indiens qui ont mis en place leur propre technologie. L’expérience de Cévital en tant que transfert de savoir et savoir-faire est une réponse
La mise en place d’une base technologique qui mise sur l’université, sera à n’en point douter, le creuset des «start-up» notamment dans le domaine de l’énergie, permettrait de donner une perspective aux milliers de diplômés. Les défis du pays sont immenses. A titre d’exemple, le pays dispose d’une formidable base technologique en l’Ecole Polytechnique. Il est vital pour le salut du pays de la mettre à contribution pour prendre en charge les formidables défis rendus incontournables par la marche du monde. L’Ecole se doit de montrer qu’elle est à l’avant-garde en proposant de nouveaux programmes et une nouvelle vision de la technologie du futur, notamment dans le domaine des nanotechnologies et leurs applications multiples, notamment dans le photovoltaique. Cela est aussi le cas de l’énergie, de l’eau et de l’environnement qui sont les trois défis de l’avenir avec celui de la sécurité alimentaire. Le maître-mot en tout est l’autonomie, la production nationale qu’il faut encourager par la création de nos outils. La meilleure énergie est celle que l’on ne gaspille pas, dit-on. On devrait ajouter que pour le pays, la meilleure énergie c’est sa jeunesse qui devra être partie prenante de son avenir On sait que la Méditerranée entière va être confrontée à une augmentation notable de la demande en énergie. A cet égard, le cas du gaz naturel est édifiant, un pays comme l’Algérie étant appelé à «passer» de 60 milliards de mètres cubes exportés en 2006 à 110 milliards en 2020. Une évolution qui fait de ce pays un élément-clé pour la sécurité énergétique de l’Europe. L’Algérie devra-t-elle continuer à défendre les intérêts de l’Europe en épuisant rapidement ses ressources au détriment du legs à laisser aux générations qui auront à gérer ce pays à partir de 2030? Il n’est pas normal, le croyons-nous, que le prix de l’énergie soit aussi dérisoire qu’ une bouteille d’eau minérale est l’équivalent de 5 m3 d’eau potable. Rien de pérenne ne restera si dans le domaine des potentiels non renouvelables, une vérité des prix et une politique réaliste n’étaient pas en oeuvre. Il faut prendre le parti d’être impopulaire au départ pour expliquer des mesures utiles et incontournables à long terme. Reculer les échéances, certes, fera gagner du temps et acheter une paix sociale précaire, mais l’addition ne sera que plus salée, quand la réalité nous condamnera à appliquer par exemple la vérité des prix d’«une façon brutale et irréversible». Pourquoi ne pas y aller d’une façon graduelle et habituer le citoyen à être un écocitoyen? Le modèle énergétique qui fera préalablement l’inventaire de notre potentiel énergétique proposera des applications visant à substituer le «tout-gaz naturel ou tout-pétrole» par ce «fameux bouquet énergétique». Nul doute que ce seront des milliers d’emplois qui permettront de mettre en musique ce Plan Marshall pour une stratégie énergétique pour les vingt prochaines années.

(*) Ecole nationale polytechnique
(*) Ecole d´ingénieurs Toulouse

1.http://www.lemonde.fr/sujet/34c-3/fatih-birol.hml 4 août 2009
2.Terry Macalister: Prévision de production de pétrole d’après l’AIE, Guardian, 9/11/2009
3.Rapport de l’AIE. Le Monde 10/11/2009.
4.Fabrice Nodé-Langlois: L’AIE et le manque d’investissement. Le Figaro 10/11/2009
5.Dominique Seux: L’AIE sonne l’alarme. Les Echos 11/11/2009
6.John Vidal, Guardian, 4 novembre 2009
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2878

7.Chems Eddine Chitour: L’énergie expliquée à nos gouvernants. L’Expression 15.11.2009
8..Jean-Luc Goudet. Plantons des forêts dans les déserts. Futura-Sciences 16.09.2009


Pr Chems Eddine CHITOUR (*)

Source : http://www.lexpressiondz.com

 

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