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 GAZA, que dire ? Que faire ?

29/1/2010

 

GAZA, que dire ? Que faire ?

Par Mustapha Cherif 

Face à la guerre monstrueuse, Gaza, que dire, que faire ?

Compte tenu de la désinformation, des surenchères, de la colère, de la folie politique, des haines, qui troublent et empêchent d’avoir une vision claire, il est important de préciser des repères en vue de rester clairvoyant, pour comprendre et faire face lucidement à la guerre monstrueuse à Gaza.

1- Affirmer la question Politique : Ce qui se passe en Palestine est une question politique et non religieuse. C’est un problème de colonisation et de droit des peuples à vivre libres. Que veut Israël ? En apparence la fin des tirs de roquettes sur son territoire à partir de Gaza. Cela aurait pu être atteint par la levée du blocus inhumain sur Gaza, dont le Hamas faisait une condition légitime de la poursuite de la trêve. Israël vise en vérité non seulement le démantèlement du Hamas, mais la liquidation de toute possibilité d’un Etat palestinien et la fin de toute résistance à sa politique coloniale féroce. C’est du suicide.

2- Expliquer et s’allier : La propagande sioniste et islamophobe stigmatise et tente depuis longtemps de faire croire au choc des civilisations, de diaboliser et de matraquer que tout musulman serait un extrémiste ...etc. pour faire peur et obtenir l’aval de la communauté internationale en vue de coloniser sans cesse, de réprimer sans limites, en violation du droit international, en vue de dominer par le sang et le feu. Mais par notre sens des responsabilités, par le lien avec tous les êtres justes dans le monde, ont peut contredire les mensonges et cette stratégie ruineuse pour tous. Rappeler les faits historiques peut démasquer l’horreur. Il est urgent de contribuer à trouver la voie étroite pour y mettre fin dans l’immédiat et sur le long terme.

3- Nationalisme et diplomatie : La résistance palestienne est un mouvement nationaliste, qui doit se garder de toutes dérives, erreurs et divisions et ne pas tomber dans le jeu des provocations et des manipulations. D’autant que la solution sera diplomatique. Résister pour défendre la liberté et la vie des siens est un devoir reconnu comme légitime défense par le droit international et la morale ; d’autant qu’aucune force d’occupation ne peut triompher face à une cause juste. À Gaza la résistance, malgré des conditions tragiques et de lourdes pertes, confirmera les acquis de la guerre du Liban.

4- Refuser les amalgames : Ne pas faire d’amalgame. Tout l’Occident n’est pas islamophobe, injuste et raciste. Nous avons des amis en Occident, à tout le moins des citoyens et des mouvements qui ne sont pas dupes. Tout comme l’extrémisme, produit du désespoir, est minoritaire dans le monde musulman. Vivre ensemble, partager, se respecter est l’horizon sage de la majorité des gens de partout. Il s’agit de ne pas juger ce qui se passe en fonction du fait que l’on soit croyant ou non, anti-intégriste ou non, arabe ou non, juif ou non, car il s’agit d’injustice et d’oppression. Il faut discerner de manière objective, d’autant que des juifs et des chrétiens sont contre la politique actuelle suicidaire d’Israël et le carnage qu’elle s’emploi à mener à huis clos, pour tenter d’effacer sa défaite de 2006 au Liban, liquider la question palestienne et partant de dominer. Tout comme la majorité des citoyens arabes critique la politique de leurs régimes, soit pour leur défaitisme, soit pour leur faiblesse des pratiques démocratiques. Partout il y a le constat que ce qui se passe est inacceptable.

5- Prise de conscience : Sur le plan historique et globale la situation est grave et incertaine. Il s’agit de l’équilibre des forces dans la région et de l’avenir des relations entre les peuples. Profitant de la crise mondiale, du vide politique, et de la lassitude, le sionisme est en train de massacrer tout espoir de paix et d’un ordre mondial juste. Ce qui se passe est destructeur pour la paix dans le monde, pas seulement pour les arabes. Il faut en conséquence refuser à la fois la logique de guerre barbare, l’isolement, et l’importation du conflit entre les communautés, et continuer plus que jamais à dialoguer avec tous ceux qui sont attachés au droit.

6- S’engager : Il faut dire que le silence, le mutisme ou le renvoi dos à dos des parties en présence, est inadmissible, c’est maintenant que nous avons besoin de voix fortes et justes pour dire la justice.

7- Contrer la désinformation : La guerre est totale, monstrueuse. Celle de la désinformation est majeure, notamment de la part de ceux qui ne prononcent pas une seule fois les mots colonisation, sionisme, oppression, blocus, crimes de guerre...camp de concentration, génocide, questions au cœur du problème.

8- Dénoncer l’injustice : Attachés au vivre ensemble, certes, mais aujourd’hui il faut le dire : cette guerre démentielle, qui bafoue tous les principes humains, et les positions des puissances dominantes, malgré l’hétérogénéité des points de vues, UE, USA, ONU, sont choquantes. Le Vatican s’est enfin exprimé avec clarté ce 9 janvier, l’histoire retiendra. L’essentiel : l’injustice est la source des maux. Il s’agit de dénoncer le problème de fond. Car, c’est à force de demies mesures, de fuites en avant et de tergiversations que l’on reporte la solution des problèmes et ruinons la possibilité d’un avenir.

9- Les protestations pacifiques : Elles doivent absolument continuer, par delà tous les clivages et toutes les différences. En refusant toute forme de haine et de violence, car celles ci sont vouées à l’échec. Il s’agit de ne pas simplement protester avec fermeté, ce qui est une obligation de solidarité, mais de soutenir et proposer des voies pour mettre fin à l’injustice meurtrière que subit le peuple palestinien et amener les uns et les autres à se reconnaître.

10- Les leçons : Il est vital de tirer les leçons de la situation tragique, en corrigeant nos faiblesses. Au Nord, on doit comprendre que nous sommes un voisin, un partenaire, que l’on ne peut pas réduire à une périphérie et à un statut de menace. Il est donc temps d’examiner le plan de paix arabe soumis depuis 2002, sur la base du retrait de terres occupées par la force en 1967 en échange de la normalisation totale, car tous les peuples de la région ont le droit à la paix et à la sécurité. L’avenir est commun ou il ne sera pas. Les sociétés de la rive Sud, doivent changer le rapport de force, par de profondes reformes, en vue de retrouver l’élan historique propre aux civilisations, sortir de la logique victimaire et du risque de retomber dans le « colonisable ». Il n’y a pas d’alternative au vivre ensemble, par la résistance, la solidarité et la clairvoyance, ne les laissons pas fermer l’horizon. * M C est philosophe algérien, président du Forum des Intellectuels Algériens.

Source : http://www.legaic.org/

 

 

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