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 Autoroute est-ouest : L’ex-directeur des nouveaux projets de l’ANA sous mandat de dépôt

3/3/2010

 

Autoroute est-ouest : L’ex-directeur des nouveaux projets de l’ANA sous mandat de dépôt

Rebondissement dans l’affaire de l’autoroute Est-Ouest. Le magistrat instructeur a placé sous mandat de dépôt l’ancien directeur des nouveaux projets, au sein de l’Agence nationale des autoroutes (ANA), Mohamed Khelladi, ce qui porte à huit le nombre de personnes actuellement en prison, pour entre autres, association de malfaiteurs, malversation, violation de la réglementation liée au code des marchés publics, corruption, blanchiment d’argent, abus d’autorité et acceptation de droits indus.

Prévisible, cette décision intervient moins de deux semaines après l’expiration du délai de 4 mois de la détention, et sa reconduction pour les sept premiers détenus pour la même période (4 mois). Selon des sources au fait du dossier, c’est à la suite d’une plainte déposée par le premier responsable de l’ANA que le juge d’instruction a entendu puis inculpé et placé sous mandat de dépôt Mohamed Khelladi.

Le dossier présenté au magistrat serait très lourd et impliquerait directement cet ancien officier de la marine, puis de la Gendarmerie nationale, rappelé par Amar Ghoul pour lui confier d’abord le plan de développement de la pêche, lorsqu’il était ministre de ce secteur, puis la direction des nouveaux projets une fois ministre des Travaux publics. Entre les deux hommes, régnait une grande confiance, mais il y avait aussi de gros intérêts. Ils se connaissaient assez bien. Y a-t-il eu un télescopage d’intérêts ? On n’en sait rien. Ce qu’il faut relever, c’est que Khelladi a été au centre de l’éclatement de ce scandale, puisqu’il avait voyagé jusqu’à Pekin pour « enquêter » sur les « agissements » de Mejdoub Chani, cet homme d’affaires – placé sous mandat de dépôt – qui était en charge des intérêts de la société chinoise, Citic, en contre- partie d’importantes commissions.

Il avait révélé avoir informé les services de sécurité sur cette affaire qui n’aurait jamais éclaté au grand jour, si Chani ne disait pas à ses interlocuteurs que les commissions qu’il prenait étaient destinées au financement de la caisse noire du Département du renseignement et de la sécurité (DRS). C’est en grande partie grâce aux révélations de Khelladi, resté à l’ombre, et par la suite de Chani et de Addou Sid Ahmed Tadj Eddine que le pot aux roses a été découvert. L’enquête va éclabousser, en plus du secteur des Travaux publics, deux autres ministères, à savoir ceux des Transports et de l’Hydraulique, et aboutir à la mise sous mandat de dépôt de 7 personnes, Mohamed Bouchama, secrétaire général du ministère des Travaux publics, Hamdan Salim, directeur de la planification et de la coordination au ministère des Transports, Chani Mejdoub, homme d’affaires, Addou Sid Ahmed Tadj Eddine, propriétaire d’une poissonnerie à Beni Saf, Addou Sid Ahmed, et les deux frères Bouznacha, deux commerçants.

Quelques jours plus tard, c’est au tour du chef de cabinet du ministre des Travaux publics, Mohamed Ferrach, d’être placé sous contrôle judiciaire. Entendu comme témoin, Khelladi avait impliqué le ministre et son chef de cabinet et cité au passage le secrétaire général. La réaction du ministre ne s’est pas fait attendre. Il est tout simplement mis fin à ses fonctions et des promesses d’un nouveau poste plus important lui ont été faites en contrepartie du retrait de ses propos. Sentant le danger, Khelladi va anticiper les événements en allant déposer devant le juge. Il fait des révélations extrêmement graves impliquant directement le ministre dans les malversations. Muni d’un dossier documenté, Khelladi venait de jeter le pavé dans la mare.

La riposte de son ami d’hier ne s’est pas fait attendre. Resté à l’ombre, le directeur général de l’ANA, qui jusqu’à maintenant ne s’est pas constitué partie civile dans ce dossier, a préparé un dossier lourd contre Khelladi et a déposé plainte auprès du juge. Le témoin devient inculpé et placé sous mandat de dépôt. Il est la huitième personne à être détenue dans le cadre de cette affaire, l’une des plus importantes que la justice a eu à traiter. Une affaire qui s’apparente à l’arbre qui cache la forêt dans la mesure où le dossier de l’enquête préliminaire, menée par les officiers de la police judiciaire du DRS, a été amputé de certaines révélations, notamment celles qui concernent un général et quatre colonels, tous mis à la retraite. Seul le colonel Khaled, ancien conseiller du ministre de la Justice et ami de Chani Mejdoub, est cité nommément pour avoir touché des commissions et mis en contact le représentant des Chinois avec le secrétaire général.

Pour l’instant, la procédure judiciaire devant être engagée auprès du tribunal militaire contre ces officiers de par leur statut est restée au stade de rumeur. En tout état de cause, la mise sous mandat de dépôt de Mohamed Khelladi va donner une nouvelle tournure au dossier. D’abord parce qu’il est le seul à avoir impliqué le secrétaire général et de ce fait, l’inculpation de ce dernier devient caduque, mais aussi par le fait que les révélations qu’il devra faire pour se défendre vont nécessairement pousser à la citation de Amar Ghoul, son ami d’hier et ennemi d’aujourd’hui. Affaire à suivre…

 

Par Salima Tlemçani

 

Avis des lecteurs...

Le 3.03.2010 à 10h24

En Algérie ce sont généralement les directeurs centraux et parfois les PDG qui trinquent. La chaîne s’arrête malheureusement toujours à ces niveaux de personnes suffisamment connues en tant que cadres pour que leurs châtiments soient brandis à titre d’exemple au regard du peuple, mais pas assez puissantes d’un point de vue sociopolitique pour que ces personnes soient inattaquables. Ces victimes du système que les requins ne peuvent indéfiniment épargner sans soulever d’autres questions, sont aux yeux de la société algérienne le parfait bouc émissaire, mieux l’idéal corps expiatoire. Pendant que les meilleurs cadres algériens fuient le pays pour ne pas devoir recevoir des ordres de gens incompétents, la France, le Canada et les Etats-Unis ne se gênent nullement pour recruter aux moindres frais les médecins, enseignants et ingénieurs venus de ce pays black-listé. Ce que le terrorisme n’a pas pu atteindre, la corruption et la gabegie se chargent de finaliser l’odieux travail de sape. A ce rythme là, l’Algérie sera le plus grand orphelinat à ciel ouvert et son sous-sol un nid de vipères.

 

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