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 12 questions à Ahmed Ouyahia : Monsieur le premier ministre où va l’Algérie ?

16/3/2010

12 questions à Ahmed Ouyahia : Monsieur le premier ministre où va l’Algérie ?

Monsieur le Premier Ministre, vous avez parfaitement raison de souligner dans votre conférence que personne ne peut se prévaloir d’être plus nationaliste qu’un autre et notre jeune équipe de foot baal composée en majorité d’émigrés a donné les leçons pour le dépassement de ce nationalisme chauviniste utilisé par certains pour des intérêts occultes alors que le mal est souvent en nous.

Étant le fils d’un des plus grands révolutionnaires et dont la famille a tout donné pour la révolution algérienne dont je suis fier, e n’ai de leçons de nationalisme à ne recevoir de personne. Aussi, connaissant votre esprit pour une critique productive, permettez moi, Monsieur le premier Ministre, avec tout le respect que je dois à votre haute fonction, de vous poser quelques questions et également de faire quelques propositions suite à votre récente intervention en tan que secrétaire général du RND et surtout aussi lorsque vous êtes intervenu en tant que premier Ministre.

1-Pensez vous réellement que le passage sans transition du Remdoc au crédit documentaires (Crédoc ) est la solution miracle de la traçabilité c’est à dire une lutte contre les surfacturations alors qu’il faille s’attaquer aux dysfonctionnement des structures de l’Etat, et vous le savez, la traçabilité existe déjà au niveau du Remdoc ?

2- Cette mesure autant que la suppression des crédits à la consommation, permettra-t-elle une baisse de la facture de la valeur des importations globalement et vous le savez la production locale est mineure important presque 75% de nos besoins, donc cette mesure à terme permettra-t–elle de dynamiser une production et exportation hors hydrocarbures et l’essence de l’envolée de la facture des importations ne réside-t- elle pas fondamentalement dans la maitrise de la dépense publique globale ? Ne s’agit-il pas pour paraphraser les militaires s’insérer les tactiques au sein de la fonction stratégique et de s’attaquer à l’essentiel et non au secondaire selon le théorème connu des 20/80% ?

3- Cette procédure technique normale sous d’autres cieux, appliquée sans transition sans la préparation du système bancaire se limitant à être de simples guichets administratifs, dont les réformes de fond sont souvent annoncées mais différées, enjeux énormes du pouvoir, car lieu de distribution de la rente des hydrocarbures qu’il s’agit impérativement de démocratiser la gestion, car propriété de toute la Nation, (les différents scandales financiers touchant tous les secteurs étant là pour nous interpeller) ne risque-t-elle pas de pénaliser les petites et moyennes entreprises déjà fragiles et représentant la majorité du tissu productif hors hydrocarbures, qui ne disposent pas de fonds de roulements suffisants et les orienter vers la sphère informelle déjà florissante comme en témoigne la domination du cash existant une intermédiation financière informelle alors que les fondamentaux de l’économie moderne doivent reposer sur le respect du contrat et le crédit ?

4- Cette procédure ne risque-t- elle pas de produire un nouveau monopole privé beaucoup plus néfaste que le monopole public, source de surprofits, de gaspillage et de surcouts pouvant assister à des ententes de monopole et donc à des hausses de prix supportés par le consommateur, les couches plus défavorisées l’on assiste à un retour à l’inflation et à une concentration excessive du revenu national au profit d’une minorité de couches spéculatives qui captent une fraction croissante de la rente des hydrocarbures . Processus amplifié par la faiblesse de l’Etat régulateur stratégique en économie de marché, qui ne saurait signifier anarchie, l’Algérie étant dans cette interminable transition depuis 1986, expliquant d’ailleurs les difficultés de la régulation tant politique, sociale qu’économique ?

5- Ne serait-il pas souhaitable pour toute politique salariale inexistante actuellement assistant à des redistributions passives de rente, et éviter des tensions inutiles que l’organe national de la statistique l’ONS à la fois révise ses calculs d’indice des prix, le besoin étant historiquement daté et réalise des enquêtes précises liant l’accumulation, la répartition du revenu et le modèle de consommation par couches sociales.

6- La corruption certes existant dans toutes les sociétés développés mais part par rapport au produit intérieur brut relativement étant relativement faible car existant de véritables contrepouvoirs, ne prend t- elle pas des proportions alarmantes en Algérie, s’étant socialisée, que certains veulent banaliser car jouant comme facteur de redistribution, certes fortement inégalitaire de la rente des hydrocarbures dévalorisant par là les véritables créateurs de richesses, le travail et l’intelligence et donc les véritables entreprenants?

7- Ce mal profond qui ronge le corps social, conduisant à une démobilisation de la population algérienne, une névrose collective, un divorce croissant Etat/citoyens et dont les pratiques de certains responsables contredisent leurs discours, ne risque-t-il pas de conduire à une société anomique telle que décrite par le grand sociologue maghrébin Ibn Khaldoun dans son cycle descendant, freiné transitoirement par une redistribution passive de la rente des hydrocarbures qui va inéluctablement à l’épuisement entre 15/25 ans ?

8- Ne serait-il pas souhaitable qu’un débat national sous la haute autorité du président de la République avec des experts indépendants se fasse d’abord sur le futur rôle de l’Etat dans le développement économique et social au sein d’ ‘une économie mondialisée, pour l’Algérie au sein de l’espace euro-méditerranéen et arabo-africain son espace naturel, et ensuite sur les couts et la viabilité financière de nos réserves d’hydrocarbures, car existent différentes versions contradictoires et ce afin d’éviter les rumeurs dévastatrices pour la Nation, renvoyant d’ailleurs à l’urgence d’un nouveau système de communication collant à la réalité mondiale des nouvelles technologies? Ce débat devrait concerner également les impacts réels économiques et sociaux (couts par rapport aux normes internationales et aux prévisions et à la qualité) des 200 milliards de dollars de dépenses monétaires entre 2004/2009 car l’important n’est pas d’étaler des réalisations physiques ?

9- Le grand problème ne réside t-il pas dans une plus grande moralité des personnes chargées de diriger la Cité, éviter les relations personnalisées certes existantes partout mais dominantes en Algérie et l’efficacité des institutions impliquant la refonte de l’Etat, une réelle décentralisation (pourquoi pas la régionalisation économique à ne pas confondre avec l’avatar du régionalisme néfaste), les nouveaux codes de gestion locale impliquant une participation plus active de la société à la responsabilité et à gestion et non voir une déconcentration administrative qui produirait une bureaucratie locale paralysante ?

10- Le blocage n’est-il pas d’ordre systémique et donc ce mal ne réside t-il pas dans le système bureaucratique rentier dans la mesure où la sphère informelle dominante contrôlant plus de 40% de la masse monétaire en circulation produit de la bureaucratie paralysante favorisant donc cette corruption qu’il s‘agit de combattre par la mise en place des mécanismes transparents véritablement démocratiques et non par des mesures autoritaires qui produisent l’effet inverse ?

11- L’urgence n’est-elle pas dans une plus grande cohérence et visibilité dans la démarche de la politique socio-économique globale, éviter les instabilités juridiques perpétuelles, adapter l’Algérie à la dure réalité de la mondialisation ?

12- Et pour terminer, Monsieur le premier Ministre, l’option stratégique n’est-elle pas un consensus national au moyen d’un dialogue permanent, seul outil moderne de la gouvernance, qui ne saurait signifier unanimisme, signe de décadence de toute société ? Tout gouvernement peut se tromper, son grand mérite étant de rectifier ses erreurs, mais l’erreur la plus grave est de continuer dans une voie suicidaire.

Avec ma très haute considération

Docteur Abderrahmane MEBTOUL Professeur d’Université en management stratégique

Source : http://www.algerie-focus.com

 

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