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 QUAND LALGÉRIE COMPTAIT SUR ELLE-MÊME - Boumediène, le temps des Hommes

5/4/2010

 

QUAND LALGÉRIE COMPTAIT SUR ELLE-MÊME
Boumediène, le temps des Hommes

Je continue de clamer que le sursaut révolutionnaire – que je fête tout seul chaque 19 juin ! — continuera de nous rappeler que l’Algérie avait, un jour, retrouvé le chemin de sa glorieuse Révolution et repoussé la nuit de l’islamo-socialisme rampant et des faux prophètes ; un chemin qui mène à l’indépendance authentique, à la dignité et au progrès !

Par Maâmar Farah

Ce jour-là, le soleil venait de pénétrer dans les sombres gourbis de l’Ouarsenis ; ses rayons inondaient la Kabylie radieuse recevant son premier programme spécial qui installa routes, écoles, dispensaires et autres infrastructures indispensables à la vie. J’étais là-bas, quelques années plus tard, pour voir les premiers travaux du stade du 1er-Novembre et de la salle omnisports. J’étais là-bas pour voir la petite ville de Tizi-Ouzou se transformer et prendre les allures d’un grand centre urbain moderne. La Kabylie était devenue une ruche. Comme j’étais chargé de faire la comparaison avec le programme du Titteri, qui traînait en longueur, le wali m’expliquait que tous les Kabyles étaient mobilisés pour assurer le succès des différentes opérations, y compris les émigrés. L’un d’eux s’était proposé pour envoyer les fauteuils du cinéma, introuvables en Algérie ! La JSK continue de jouer sur le stade construit par Boumediene et la JSMB évolue sur celui édifié par Chadli ! A Alger, c’est la honte ! Toutes les capitales d’Afrique ont eu leurs nouveaux stades conçus aux normes modernes, mais on continue d’aller au stade du 5-Juillet pour les grandes rencontres sportives. Construit par qui, ce stade ? Boumediene ! Ainsi que la salle blanche posée comme une soucoupe volante au milieu du parc omnisports devenu Complexe Mohamed-Boudiaf. Inauguré en 1972, lors de la finale de la coupe d’Algérie remportée par l’USM Annaba face à l’USM Alger, ce stade est le seul digne d’intérêt de la capitale. 32 ans après la mort de Boumediene, aucun pouvoir n’a pensé à édifier une autre enceinte digne de ce nom ! Nous allions au cinéma et nous achetions journaux, revues et tout type de publications sans nous ruiner ! L’étudiant pouvait aller au restaurant chaque semaine, avec sa petite bourse… Aujourd’hui, elle ne suffit même pas à lui assurer un fast-food par mois !

Soyons fiers du travail de nos cadres !
Quand je passe devant le complexe sidérurgique d’El Hadjar, j’étouffe ma colère de le voir aujourd’hui aux mains d’une multinationale, et je me sens fier : voilà le chemin que nous aurions dû poursuivre ! Nous en serions à un autre stade de développement ! Et dire que certains continuent de nous asséner des bêtises du genre : l’Algérie aurait dû s’occuper d’agriculture et de tourisme ! Comme si nous étions un petit pays sans ressources, sans matières premières et sans ambitions. L’Algérie a un destin de Canada, d’Australie et de Brésil. C’est un pays grand en tout : sa superficie, ses richesses naturelles (pétrole, gaz, fer, phosphate, cuivre, manganèse, plomb, mercure, or, zinc, uranium et peut-être même du diamant !) Toute la politique de Boumediene, menée sous la houlette du ministre de l’Industrie et des Mines, M. Belaïd Abdesselem, était orientée vers l’arrêt de l’exportation des matières brutes pour leur transformation ici même ! Ainsi est née cette grande entreprise qui permit à notre pays de lancer une industrie pétrochimique unique dans le monde arabe et d’installer l’un des deux grands complexes sidérurgiques d’Afrique, l’autre se trouvant dans le pays de l’apartheid. Ainsi est née la grande industrie textile fortement intégrée (du mouton aux costumes) et certains grands couturiers mondiaux n’hésitaient pas à venir chercher, chez nous, les coupons de laine d’une qualité inégalable ! Les anciens se souviennent certainement du succès des vestes en cuir algériennes. La laine partait vers les ateliers de filage et de tissage, alors que les peaux prenaient le chemin des tanneries, dont la célèbre unité de Jijel ! Où sont tous ces complexes aujourd’hui ? Fermés ! De grandes masses de béton et de ferrailles qui dorment au moment où le pays est inondé de chiffons venus de Chine ! La fripe était interdite ! L’Algérien digne ne pouvait pas porter les vêtements jetés par l’Américain ! Evoquons aussi les industries mécaniques ! Le camion monté par Sonacome gagnait à Dakar et rentrait en première et deuxième positions ! Et devant qui, s’il vous plaît ? Renault, Saviem, Man, Mercedes… Les ouvriers de Rouiba avaient ébahi l’Afrique. J’y étais ! Les jeunes Africains venaient nous applaudir. A Bamako, Gao, Niamey, Ouagadougou, Dakar ; nos camions étaient barrés d’une grande inscription : «Sonacome, constructeur africain»… Les premiers cars, les premiers autobus… Les tracteurs de Constantine, les moissonneuses de Sidi Bel-Abbès, les wagons de chemins de fer d’El Allelick (Annaba), exportés vers plusieurs pays… les machines outils de Oued Smar (Constantine), les grues de Béjaïa, les vannes de Berrouaghia (Médéa), les vélos et la céramique de Guelma, le marbre de Filfila (Skikda), les téléviseurs de Bel-Abbès, les cuisinières et frigos de Tizi, le sucre de Mostaganem et tous les produits de l’industrie privée qui avait pris pour principale base Oran… Air Algérie, la Cnan, la SNTV… Le démarrage était visible partout ! Bien entendu, il y eut des erreurs, des excès ! Nous étions bien contents d’aller prendre un gâteau dans une pâtisserie «socialiste» située à la rue Abane-Ramdane, près du journal. Mais, en réalité, c’était une erreur de nationaliser une telle enseigne… Comme il y eut des erreurs dans l’application de la révolution agraire : les nationalisations des terres céréalières, imaginées dans les bureaux, n’avaient pas tenu compte de la valeur réelle des 50 hectares proposés comme fourchette ! Mais qu’ils étaient beaux ces villages socialistes, avec leurs équipements collectifs et leurs maisons impeccablement alignés. On y construisait partout des mosquées, des bibliothèques, des centres de santé et, nécessairement, des cinémas !

L’Université qui formait des lumières !
A propos de cinéma, c’est à cette époque que l’Algérie arracha sa première et dernière Palme d’or au Festival de Cannes, avec Chroniques des années de braise de Mohammed Lakhdar Hamina ! Nous avions les meilleurs réalisateurs et techniciens du continent africain et chaque nouveau film algérien était un événement salué par la critique internationale ! Qui se souvient des 2 Ecrans, revue dirigée par Abdou B. et où exerçaient des plumes en or (Djamel Eddine Merdaci et d’autres) ? Aujourd’hui, il n’y a plus rien ! Ni cinéma, ni vrai théâtre, ni débats à la Cinémathèque algérienne. La culture se balade d’Année arabe en Année islamique, de ville en ville, sans réel impact sur les masses, ni valeur esthétique ou pédagogique. C’est un immense gâchis : la «gasba» de Khenchela à Mostaganem et le «galal» de Tiaret à Annaba : c’est la foire au folklore, abêtissant et sans intérêt, qui fait courir quelques artistes locaux avides de voyages et de prises en charge dans les hôtels, des applaudisseurs professionnels. Les vrais artistes sont presque toujours écartés. Ceux qui dérangent par leurs textes ou leurs musiques… Sur le plan international, on a voulu rééditer le Festival panafricain, mais on avait oublié que c’était la rencontre d’un art renaissant, sous les couleurs de la révolution et du socialisme, et pas un gala pour jet-set improvisés, un ramassis d’anciennes gueux et d’anciennes sans-le-sou propulsés par la grâce du système au grade de «milliardaires»… Dans les universités, on formait de vrais et grands médecins, des ingénieurs qualifiés, des architectes qui laisseront des traces, des pilotes qui émerveilleront les passagers étrangers par leurs compétences et leur haut niveau professionnel. Ils ont les cheveux blancs aujourd’hui, mais ce sont toujours de grands professeurs de médecine, installés ici ou à l’étranger, souvent à la tête d’institutions célèbres. Les cadres formés à cette époque font aujourd’hui le bonheur des compagnies étrangères ! L’Armée nationale populaire s’occupait du développement du pays. A ce titre, elle n’a jamais autant mérité son titre de «populaire» qu’à cette époque bénie ! Elle édifiait le Barrage vert, de Tébessa à El Bayadh, dans l’enthousiasme juvénile et la mobilisation révolutionnaires. Les enfants de Tizi, Tlemcen, Ouargla, Bab El Oued et Constantine faisaient corps commun et n’avaient qu’un seul mot à la bouche : «Algériens». Je me souviens encore de leurs frimousses égayées par le film comique que l’on projetait dans un campement du côté de Djelfa. J’ai revu le même optimisme et la même ferveur à Aflou, N’gaouès et Tébessa ! Des chercheurs et des experts étrangers venaient étudier notre expérience. Il fallait voir grand pour décider d’édifier un barrage contre l’avancée du Sahara ! Ces jeunes étaient aussi sur les chantiers de construction des villages socialistes, de la route transsaharienne ! Les Algériens construisaient l’Algérie et l’on n’avait pas encore besoin de Chinois ou de Sri-Lankais pour réaliser une route ! Et cela au moment où des millions de jeunes sont au chômage !

Temmar sur la voie de… Boumediène !
Depuis que l’on a élevé l’importation au rang d’unique stratégie économique, le pays est devenu un dépotoir. Nos milliards s’envolent à l’étranger et tous les produits importés ne sont pas toujours indispensables. Il nous faut nécessairement revenir à la politique de Boumediène : produire ici tout ce dont nous avons besoin ! Cela sera-t-il facile avec toutes ces maffias de l’import, contrôlées souvent par des pontes ? La proposition de M. Temmar, qui semble revenir à de meilleurs sentiments, est un retour pur et simple à l’esprit des années 1970. Oui, nous n’avons pas besoin de l’argent des investisseurs étrangers. L’Etat en a beaucoup. Il peut injecter une somme colossale dans la relance industrielle qui réhabilitera d’anciennes unités et en créera d’autres. Nous avons besoin de savoir-faire étranger. C’était l’idée des usines clefs en mains réalisées avec l’argent algérien et les compétences étrangères. Mais, très vite, les Algériens prenaient entièrement en charge les centres de production, après une formation à l’étranger et une autre sur site. Nos grands complexes étaient dirigés par des Algériens et cela donnait des résultats satisfaisants. Depuis qu’il est aux mains de la multinationale ArcelorMittal, le combinat d’El Hadjar, dirigé désormais par des Français – on a éliminé petit à petit les cadres algériens — n’arrive pas à atteindre la production qui fut la sienne à l’époque où il relevait du secteur public ! Pourquoi ne pas pavoiser et citer en fanfare de tels résultats, acquis par des Algériens et pourquoi ne voir en nous que des fainéants et des incompétents ? De tels exemples peuvent être cités par milliers ! Au temps de sa splendeur, le Complexe de téléphonie de Tlemcen avait une cadence de travail meilleure que celle du produit mère en Espagne ! Les téléviseurs ENIE ont longtemps tenu la dragée haute aux produits importés, avant que des Algériens ne se lancent, à Sétif et à Bordj, dans la production de produits technologiques. Aujourd’hui, nous devons être fiers de ces nouveaux pionniers qui, dans les années 2000 et en peu d’années, ont transformé la région des Hauts- Plateaux de l’est du pays en zone de haute technologie. Le secteur privé a une grande place chez nous ; c’est le complément naturel du secteur étatique qui, en amont, doit se charger de la transformation des matières premières et des domaines stratégiques, fournissant aux zones industrielles des produits semi-finis.

Nous ne sommes pas aveugles et nous voyons et apprécions les résultats acquis dans plusieurs domaines au cours des dernières années. Mais nous l’avons toujours dit : un bâtiment, une autoroute, ce sont des chantiers qui s’achèvent un jour… Une usine, c’est fait pour durer et ça produit.

Il n’est pas raisonnable de dire aujourd’hui, malgré son coût excessif dû à la corruption et à la rapine, que l’autoroute n’est pas utile. Je l’ai utilisée sur les tronçons Alger-Oran et sur certains segments ouverts à l’est du pays, je peux vous dire que c’est un plaisir et une satisfaction : entre Lakhdaria et Bordj, on met, au moins, le tiers du temps que l’on mettait sur l’ancienne route. Un effort sans précédent est également fait au niveau des routes nationales et départementales et je ne crois pas qu’il existe un autre pays d’Afrique et d’une partie de l’Europe qui a réalisé ce que nous avons réalisé au cours des dernières années. Le chemin de fer, parent pauvre de la politique de Boumediène – question de moyens — se modernise et ouvre de nouvelles lignes, comme au temps des pionniers. Jamais, nous n’avons eu autant de grands chantiers ferroviaires depuis l’arrivée de la colonisation et son intérêt (très… intéressé) pour le chemin de fer. Alors que de grandes puissances parlent de réaliser des centaines de milliers de logements, l’Algérie lance des programmes en… millions d’appartements ! C’est unique et cela mérite notre reconnaissance, même si le rythme de réalisation est parfois insuffisant. Il y a aussi dans de nombreuses villes des programmes de réhabilitation des vieilles cités construites dans le désordre urbanistique, avec une vision intégrée où l’esthétique et l’environnement font bon ménage. Mais, parallèlement, on semble abandonner les vieux centres urbains coloniaux devenus des dépotoirs : routes cassées, trottoirs défoncés faits et refaits en permanence, écoulement d’eaux usées, mauvais ramassage des ordures, etc.

Lycées et universités : un effort unique !
Effort phénoménal, je peux dire unique au monde, dans la construction des équipements pédagogiques ; écoles, lycées et, surtout, universités d’une architecture souvent futuristes sont souvent visibles à l’entrée des villes, grandes et petites. Mais, là aussi, le niveau baisse d’année en année et l’obscurantisme s’installe progressivement dans ces antres en principe réservés à la connaissance, au savoir et à la science… Jamais l’Algérie n’avait construit autant de barrages et tout le monde se souvient de ces pannes répétées dans la distribution de l’eau potable que nous connaissions du temps de Boumediène. L’eau disparaissait parfois deux semaines, et même un mois ! La situation était la même partout dans le pays. Nous avons atteint désormais un stade comparable à celui des pays développés et cela à peine en quelques années ! Les secteurs qui traînent, outre la culture, sont ceux du tourisme et des TIC. Non seulement, il n’y a aucune stratégie d’occupation de l’espace et de relance des grands hôtels balnéaires, de montagne et du tourisme saharien, mais force est de constater qu’à part les grands groupes internationaux installés à Alger, le professionnalisme et le savoir-faire ne sont visibles que dans les rares hôtels relevant encore du secteur public. M. Temmar a bradé des unités prestigieuses (Les «Orient» de Annaba et Tlemcen, le «Salam» de Skikda) qui auraient dû être réhabilités par l’Etat pour valoir un prix acceptable (vendre l’Orient de Annaba pour 20 milliards anciens est un crime !) Comme on peut aussi parler de ces «investisseurs» qui n’ont rien à voir avec le tourisme et qui gèrent des quatre et cinq-étoiles comme s’ils géraient des «hammams». Vendre, oui, mais pourquoi ne pas faire appel à des sociétés spécialisées et qui ont fait leurs preuves en Tunisie et au Maroc ? Dans le secteur des technologies, et malgré toutes les promesses faites par le président, nous nous enlisons avec un seul opérateur étatique… On revient au monopole de l’Etat dans un secteur qui aurait dû être le premier libéré. Quand on voit le formidable succès de la téléphonie mobile, on se met à rêver…

Rendons au travail ses lettres de noblesse !
Revenir aujourd’hui à la philosophie économique et sociale de Boumediène, c’est assurer un développement conséquent du pays qui aura le mérite de mettre en branle un vaste plan de mobilisation de toutes nos ressources physiques, financières, humaines, dans ce qui s’apparentera à un nouveau plan «Marshall». Nos jeunes attendent de travailler dans des installations algériennes pour mettre en exécution tout leur savoir. Ils en ont marre des promesses et des fausses solutions. L’un des plus grands échecs de Bouteflika aura été ces fameux magasins qui tombent en ruine aux quatre coins du pays ! Investissons notre argent dans des projets ambitieux, rendons au travail ses lettres de noblesse, arrêtons de faire du commerce la solution à tous les problèmes des jeunes, portons un coup sérieux au marché informel et apprenons à ceux qui refusent d’appliquer les lois du travail qu’un ouvrier n’est pas une marchandise et qu’il est protégé par une législation en bonne et due forme ! La nouvelle industrialisation du pays sera alors la base d’une relance réelle, palpable, qui s’appuiera essentiellement sur nos propres moyens pour répondre à nos propres besoins ! C’est la clé du succès ! Ne cherchons pas à exporter à n’importe quel prix. Notre problème actuel est l’importation et comment la réduire. Ce n’est pas quoi exporter ? Il y a encore du pétrole pour quelques années : ne le gaspillons pas dans l’achat de n’importe quoi ; ce n’importe quoi qui tue nos petites industries privées encore en vie grâce à la résistance de nos investisseurs confrontés à de multiples pressions. Aidons-les, créons de nouvelles unités pour que, chaque jour, la facture d’importation baisse… Nous exporterons plus tard, quand nous aurons maîtrisé tous nos circuits internes, quand les vendeurs de machines et d’équipements auront compris qu’il faut installer des usines ici. Et s’ils ne le font pas rapidement, l’argent public créera des centres de production de ces produits et ils se retrouveront éliminés par euxmêmes ! L’Algérie offre de grandes opportunités d’investissement aux opérateurs étrangers. Malheureusement, beaucoup parmi eux ne sont intéressés que par la vente de leurs produits ici. En l’espace d’une décennie, les sommes investies paraissent ridicules par rapport aux potentialités du pays. En dehors du pétrole, les projets «colossaux» se comptent sur les doigts d’une seule main. Encore qu’ils traînent souvent en raison des contraintes bureaucratiques !

1966, 1971 : quand les jeunes Algériens relevaient le défi !
Un lecteur écrivait jeudi dans l’espace «Pause-café», que je lui avais prêté pour un jour, que les pays développés ne voulaient pas d’une puissance économique au sud de la Méditerranée. Je crois qu’il a raison. Rappelons-nous les batailles livrées du temps de Boumediène lorsque nous avions nationalisé les mines en 1966. De jeunes Algériens avaient relevé le défi d’assurer la continuité de la production et notre fer arrivait sans encombre aux ports, avant d’aller dans les hauts fourneaux en 1970 ! Rappelons-nous la bataille des hydrocarbures quand les cadres des multinationales avaient quitté le Sahara. Des ingénieurs et des techniciens algériens, fiers de démontrer au pays et au monde qu’ils étaient capables de pomper le pétrole dans les mêmes conditions qu’auparavant, s’installèrent aux commandes ! Nos jeunes ne doivent jamais croire ceux qui leur disent que le règne de Boumediène était noir : au contraire, ils doivent s’en inspirer pour retrouver du courage, de l’espoir et cet esprit de battant qui habitait leurs prédécesseurs ! Pour peu que la vision soit corrigée, que l’argent algérien reste en Algérie, que les dirigeants réapprennent à vivre ici, que la justice sociale ne soit plus un vœu pieux, que le favoritisme, le régionalisme, le népotisme et tous les nouveaux malheurs qui frappent le peuple, disparaissent ; pour peu que l’on entende davantage les cris des damnés de la terre, que l’on répartisse mieux les richesses nationales, que l’on réduise l’écart impressionnant entre les plus riches et les pauvres, que l’on poursuive, à tous les niveaux, la lutte anti-corruption, que l’on lance une vaste opération contre le marché informel, que l’on s’ouvre au progrès et que l’on fasse taire les réactionnaires obscurantistes qui étaient les premiers à refuser la politique de Boumediène ; pour peu que l’on lance tous ces chantiers, l’Algérie retrouvera son souffle. C’est un pays qui ne sait pas vivre dans les visions étriquées : il lui faut un grand destin. C’est un grand pays au sens de l’espace. Mais aussi de l’histoire et de l’ambition légitime qui est la sienne. Le destin qui l’attend sera fabuleux. Tôt ou tard, les habitants de ce pays comprendront qu’ils dorment sur de l’or et qu’il suffit de réveiller en eux l’âme des pionniers, des créateurs et des bâtisseurs pour que la machine s’emballe à nouveau. Boumediène nous a montré un tout petit peu de ce que nous pouvons faire quand nous nous unissons ! Qui nous indiquera où se cache la grande partie du trésor ?

Source : http://lesoirdalgerie.com

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